‹ Le surintendant FoucquetChapitre 1 sur 69 · SALON DU CHATEAU DE VAUX, CARIATIDES PORTANT LES SIGNES DU ZODIAQUE · texte numérisé non relu

SALON DU CHATEAU DE VAUX, CARIATIDES PORTANT LES SIGNES DU ZODIAQUE

* tiède. — Les Précurseurs de Nicolas Foucquet : M" de Rambouillet, cardinal Mazarin, les grippés, les financiers.

Le xvn" siècle marque une ère nouvelle pour la curiosité française, elle grandit, se transforme, prend son aplomb; comme la société même, elle se fait moderne. Deux femmes, deux Italiennes, ont singulièrement favorisé cette évolution, Marie de Médîcis et la marquise de Rambouillet. L'une apportait en France le goût traditionnel de sa famille, l'amour de la peinture, pour en faire un des attributs du courtisan; l'autre, Cathe-

rine de Vivonne \ en bouleversant Tarchitecture intérieure des maisons, ouvrait la porte toute grande à la curiosité, lui préparait un logement, la faisait entrer dans les mœurs.

On ne sait pas assez que Thôtel de Rambouillet, Toracle du bon ton et du bel esprit, fut aussi le modèle des arrangements élégants, des distributions ingénieuses, le type nouveau du bien-être chez soi*. Le moyen âge, toujours sur le qui-vive et prêt à déménager, avait façonné la vie intérieure à son image : une salle commune tenant lieu de chambre à coucher, de salon et de salle à manger; peu de meubles, beaucoup de coussins, de tapis et de coffres ; un outillage simple, pratique, solide et peu encombrant. La Renaissance hérita de ces principes, mais sous bénéfice d'inventaire, se réservant de les interpréter librement, à sa manière, avec ses grâces et sa belle humeur. Le xvii® siècle n'avait point d'attaches dans le passé; il amenait une société neuve, avide de paix, de bien-être et pressée de se consolider. M"® de Rambouillet le comprit à merveille ; interprète de son temps , elle mit à son service deux facultés qui ne marchent pas souvent d'accord, l'instinct du confort et l'imagination de l'artiste. « Le goût fin et savant tout ensemble de cette héroïne, dit Sauvai, a découvert des agréments, des commodités et des perfections ignorées même des anciens, et que depuis on a répandues dans tous les logis propres et superbes. » C'est à elle que nous devons les chambres de dimension moyenne, multipliées suivant leur destination, les dégagements commodes, les tentures de soie pour remplacer les tapisseries réservées aux salons d'apparat, les cheminées proportionnées aux chambres et faites pour la causerie du coin du feu, les fenêtres sans appui, ouvrant dans toute la hauteur, pour répandre Tair, le jour et la gaieté, des meubles plus variés, plus maniables^. Sans cesse préoccupée de rendre son hôtel plus commode, son salon plus attrayant, elle combine des plans, des embellissements nouveaux : « Un soir, après y avoir bien rêvé, elle se mit à crier : Vite, du papier; j'ai trouvé le moyen de faire

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