Grand marchand de Rouen
5. Hector Pierre Chanut 1604 (?)-1667, fut résident auprès de Christine de Suède de 1645 à 1649 et de 1653 à 1655 fut envoyé en Hollande. Le 12 septembre 1064, il fut nommé conseiller au grand conseil et fut mêlé pendant ia première partie du règne de Louis XIV à toutes les grandes affaires et particulièrement à l'organisation de la marine. Jal dans son Dictionnaire critique consacre un assez long article à ce personnage dont les négociations ont été publiées et dont la correspondance existe en original à la Bibliothèque nationale.
6. Conseiller, secrétaire du roi, maison et couronne de France, secrétaire général de la marine du 27 août 1 Gà 1648, date à laquelleil fut remplacé par Chappelain.
de Mauselmont capitaine du port de mer de Veulettes et Petites-Dalles en Caux dans la même compagnie.
Comprenant bientôt tout le bénéfice qu’il y avait à tirer de ces entreprises, Nicolas Fouquet y poussa le cardinal Mazarin € qui avait tellement approuvé les pensées de mer et de compagnies qu'il m'avait chargé, dit Fouquet en ses Défenses, avec M. Chanut de m'en instruire davantage, d'y travailler, et approuvait fort que j'eusse des vaisseaux qui fissent ces grands voyages. »
C'est dans ce dessein que Fouquet avait fait construire, en 1656, à Concarneau, un vaisseau de 800 tonneaux, avec le président de Chalain son parent, vaisseau qu'il vendit plus tard au roi; c'est dans le même but qu'il avait fait acheter en Hollande les vaisseaux la Renommée, le Saint-Jean-Baptiste, l'Aigle d'or, et le Jardin de Hollande, pour la somme de 83058 livres, sans compter la flûte le Saint-Antoine de Padoue de 300 et la Sainte-Anne de 150 tonneaux.
Dès cette époque, s’il faut l'en croire, Fouquet avait résolu de fonder une compagnie pour l'Amérique, dont le sieur Chanut, MM. de Feuquière!, Clément?, Arnaud d'Andilly et quelques autres devaient faire partie, société qui devait lui rembourser en partie les dépenses qu'il aurait faites pour lui créer une flotte.
Mais il ne faut pas oublier, quand on lit ces détails dans les Défenses de Fouquet, que, s’ils sont exacts, ils tendaient, du moins, äun but infiniment moins avouable qu’il veut bien le dire.
On v’er est plus aujourd’hui à défendre Fouquet. Ses vues ambitieuses, ses dilapidations, son complot mème, pour nous servir d’une expression forte mais juste, ne peuvent plus trouver de défenseurs depuis la publication que M. Chéruel* a faite des papiers de sa cassette.
Les pleurs de Mme de Sévigné dont la coterie était si liée avec Fouquet, le dévouement de Pellisson qui connaissait tous les secrets de son maître, l’audace de La Fontaine, généreux porte-parole des hommes de lettres pensionnés par Fouquet, tout cela n’est plus pour nous émouvoir : nous connaissons les visées du surintendant et nous ne pouvons qu’applaudir à sa disgrâce tout en faisant quelques réserves sur le traitement qui lui fut infligé.
Ce qui nous intéresse particulièrement dans les projets formés par Fouquet, c'est ce qui a trait à la marine et aux colonies.
Nous savons aujourd’hui que Fouquet avait su se créer dans le personnel de Ja flotte, comme nous dirions aujourd’hui, un certain nombre de partisans, entre lesquels il convient de citer le capitaine Guinan*, homme d’entreprise et d'exécution, et Nicolas Gargot que nous verrons tout à l'heure recevoir du surintendant une pension assez considérable.
Voici pour les officiers; quant aux grandes charges de la marine, il avait su s’en rendre maitre, et sur l'Océan comme dans la Méditerranée, dansle Ponant