‹ Le symbole des Apotres; essai historiqueChapitre 1 sur 150 · MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS · texte numérisé non relu

MICHEL LÉVY FRÈRES, LIBRAIRES ÉDITEURS

rue VITIENNB, 2 BIS, ET BOULETABD DES ITALIENS, 13 A LA LIBRAIRIE NOUVELLE

Droits de reproduclion et de IreducUon réierTi<s

PRÉFACE

Dès le milieu du second siècle, le christianisme tourna à la religion sacerdotale. Au premier siècle, tous les chrétiens, sans exception, étaient prêtres et sacrificateurs, un sacerdoce saint, destiné à offrir des sacrifices spirituels et agréables à Dieu par Jésus - Christ *. L’évêque (èittcxorcoî, proprement l’inspecteur, le surveillant) et le prêtre (TrpîcêuTeDoj, proprement l’ancien), une même personne sous deux dénominations différentes *, n’avaient pas

t. Pierre, H, 8.

2. Actes, jtx, 47, 13; r««,1,8 et 7; Philipp., i,l; 4 Timoth., i III, 4 et 3. Les plus savants des Pères de l’Église ne| l’ignoraient J •

l'HÉFACli

d’autre charge que de maintenir l’ordre parmi les fidèles do la communauté à laquelle ils appartenaient, et de présider leurs réunions; et les diacres (^taiiôvoi, proprement les serviteurs) avaient été établis pour distribuer les aumônes et veiller sur les repas que, dans la primitive Église, on prenait en commun *.

Un siècle s’était à peine écoulé depuis leur institution, que ces fonctionnaires de l’Église — on ne peut pas leur donner d’autre nom — formaient un ordre sacerdotal hiérarchiquement constitué. Un des presbytres avait retenu pour lui seul le litre d’évêque et s’était élevé au-dessus des autres, et les diacres étaient devenus des prêtres d’un rang inférieur. L’évêque se donnait, et probablement aussi était tenu, pour le représentant de Jésus-Christ, comme Jésus-Christ avait été le représentant de

pas. « Aposlolus perspicue docct eosdem esse presbyleros quos cpiscopos,» dit saint Jérôme. Epist. 101 (dans les anciennes éditions des œuvres de ce Père, 85), ad Evangel., Gieseler rapporte des citations analogues d’autres anciens écrivains ecclésiastiques. Lehrbuch der Kirchengeschichte, t. 1, p. 128, note b.

1. Ac/ei, VI, 2-6; 1. Corinth., xi, 20-22. Il y avait aussi des diaconesses dans la primitive Église. Rom., xvi, 1.

PUÉFADt;

Dieu ; les prêtres tenaient la place des Apôtres, et sans doute les diacres étaient regardés comme les successeurs des soixante et dix disciples dont parle saint Luc *. Cette origine divine de leur institution les autorisait à prétendre non pas seulement au respect et à l’affection des fidèles, auxquels, dans tout état de cause, ils avaient des droits légitimes s’ils remplissaient consciencieusement leurs devoirs, mais encore à leur soumission complète , sans déguisement, pour me servir d’une expression de saint Ignace. C’est surtout à l’évêque que l’obéissance était due sans réserve.

Telle était l’importance qu’on attachait alors à cette théocratie naissante que, chose étrange, les quelques lettres qui nous restent des plus respectables et des plus vénérés des conducteurs des Églises de cette époque sont pleines d’exhortations à s’attacher et à se soumettre aux évêques, et ne semblent pas avoir eu d’autre but que de fortifier ce sentiment dans l’àme des fidèles. Saint Ignace, marchant au martyre, n’a pas de plus pressante

Page 1