CHAPITRE II
Le Symbole des ApAtres apparott pour la premiAro fois dans la seconde moitid du troisiArae siècle.
On n’a une preuve positive de l’existence du Symbole des Apôtres que dans la seconde moitié du troisième siècle. Le Symbole * qui, du tempade saint Gyprien, servait de profession de foi aux catéchumènes, et dont on trouve quelques articles dans deux des lettres de ce Père - est déjà sinon identique, du moins fort analogue à celui qui fut plus tard en usage dans la plupart des Eglises latines.
Saint Gyprien le tenait-il pour l’œuvre des Apô-
1. S^int Gyprien n’est pas le premier qui ait donné le nom de Symbole à la profession de foi des catéchumènes. Origène et Teriullien désignaient aussi de ce nom celle qui était en usage de leur temps. '
2. Endem symholo qiio et nos baptizare, eundem nosse Deum Patrem, eundem Füium Christum, eundem Spiritum Snnctuin... Cum dicunt (les novations) : Crcdw remissionempeccatorumet vitnm ffternam per sanctmn Edesiam ? menliuntur in liUerrogatione, qnando non habent Ecclesiam. Cypriani Opéra, 3o édit. Oxonii, 1700, p. 296, Epist. 69 ad Magnum. Et ailleurs : Credis invitam (eternam et remissionem peceatorum per sanclam Ecelesiam? Ibid., p. 301, Epist. 70 ad Januarium et cæteros episcopos numidos.
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très? A la rigueur, ce ne serait pas impossible; c’est cependant peu probable ; dans tous les cas, il n’y a pas un seul mot dans ses écrits qui puisse nous le faire croire, et il est bien difficile de supposer que ce Père de l’Église, qui attachait une importance extrême à la tradition, eût négligé d’indiquer l’origine apostolique de cette pièce s’il l’avait crue, en effet, de la main desdisciples immédiats de Jésus- Christ, surtout quand on considère que son argumentation contre les novatiens aurait été par là plus forte et plus concluante. Ce qui est certain, c’est qu’il la désigna non sous le titre de Symbole des Apôtres, mais sous- celui de < Symbole avec lequel nous administrons le baptême », Symbolo quo et 710 S baptizat'e.
A peu près à la même époque, un formulaire du même genre, qui est certainement une des plus anciennes formes de notre Symbole des Apôtres, était en usage dans quelques Églises de l’Asie Mineure, probablement dans celle d’Antioche. Comme celui dont parle saint Cyprien, il servait aussi de profession de foi aux catéchumènes qui allaient être admis par le baptême dans l’Église. On sait même à quel moment précis de cette cérémonie il devait être prononcé. Ce Credo est rapporté, dans un ouvrage apocryphe ‘ portant le titre de Consti-
1. Constitulio7ies aposlolicœ, lib. Yll, cap. 42. Voyez le Sym-
tutions apostoliques, AiaTayaiTtov àirouTàXtûv. Mais, quoique cet ouvrage mérite peu de confiance, on ne saurait douter quele faussaire, quiestauteur de la partie dans laquelle ce formulaire se trouve, n’ait décrit ce qui se passait de son temps dans la cérémonie du baptême, et comme cette partie est de la fin du troisième siècle, on peut admettre que ce Symbole n’était pas de beaucoup postérieur au milieu de ce siècle *. Il n’est pas nécessaire de faire remarquer qu’il est présenté ici comme l’œuvre des Apôtres, puisque l’ouvrage tout entier leur est attribué; mais il faut ajouter que cet écrit ne jouit de quelque considération que bien longtemps après.
11 est encore un autre formulaire semblable qui doit être aussi de la seconde moitié du troisième siècle : c’est celui qui se trouve dans les canons de l’Église copte On a quelques raisons de croire qu’à cette époque, il était en usage dans tout le patriarcat d’Alexandrie.
Ces trois Symboles des Apôtres sont, selon toutes les vraisemblances, les plus anciens. Il est certain,
bole des Apôtres rapporté dans cet ouvrage, dans l'appendice no 3.
4. Quamvis, nostra ælate vix dubitare liceat, ConttiluÜones apostolicat ante exilum seculi tertii esse composiias, nihilomnus concédant periti, symbolutn saltem nonnihil antiquius esse debere. Walch, Bibliotheea symbolica, p. 23.