‹ Le symbole des Apotres; essai historiqueChapitre 19 sur 150 · Traduni majores nostri quod, posl ascensionom, Domini · texte numérisé non relu

Traduni majores nostri quod, posl ascensionom, Domini

Digilized by Googl

LE SYMBULE UES APOÏHES :tS

Le récit de Ruiin a-t-il quelque valeur historique ? Il ne le paraît pas. Il se fonde sur une tradition qu'il tenait, à ce qu’il assure, de ses pères, mais dont, saint Ambroise excepté, personne n’avait parlé avant lui. Gela veut dire tout simplement qu’au quatrième siècle, là où le Symbole des Apôtres était connu, l’bistoire rapportée par Ruün était racontée pour expliquer le titre sous lequel ce formulaire était alors désigné.

Cette tradition manque de garantie historique, et, à un plus haut degré encore , de vraisemblance. Quelle apparence que les Apôires aient senti le besoin de se tracer une règle de prédication, touchant des événements qui s'étaient passés sous leurs yeux et sur des croyances dont leurs coeurs débordaient? Gomment se figurer qu’ils aientpu penser à prendre des mesures contre les défaillances de leur mé-

cum per advenlutn Spiritus Sancli super singulos quosque aposLolos igneæ liuguæ sedissent, ut loquelis diversis variisque loquerentur, per quod eis nulla gens estera, nulla linguæ barbaries inaccessa viderclur et invia, præceptuin eis a Dumino datum ob prædicandum Dei verbuiii, ad singuias qucmqiie proficisci nalioDes. DisceSüuri itaquo ob iiivicem norinain prius futuiæ sibi prædicationis in commune constiluunt, no forte alius abalioabducti, diversum aliquid bis qui ad fidem Chrisli invilabantur, exponerent. Omnesergo in uno positi, et Spirilu Sancto repleti, breve istud futuræ sibi, ut diximus, prædicationis indicium, conferendo in unum quod senliebat unusquisque componuni, atque banc credentibus dandam esse regulam statuant. Rutin, Expotitio ‘in Symbolum Apostolorum, p, 1 5i, à la fln de Cypri ani Opéra. Oxford, 1700, in-fol.

moire, de leurs sentiments et de leur intelligence * 1 Rien de plus contraire à la nature des choses et à ce que nous savons de l’ardeur religieuse des premiers chrétiens.

La supposition qui est à la base de cette tradition que les Apôtres, le lendemain de l’Ascension ou de la Pentecôte, ou môme plus tard *, se séparèrent pour se répandre sur la surface du globe, sans espoir de se voir jamais réunis, est en pleine contradiction avec l’histoire. Ils ne quittèrent Jérusalem ni de longtemps ni tous à la fois. La ville sainte resta, presque jusqu’au moment où elle fut détruite, leur centre d’action Ceux qui en partaient pour aller prêcher l’Évangile auloin y revenaient, d’ordinaire, pour en repartir encore pour une mission nouvelle* .

1. Crainle chimérique, ainsi que le fait observer Charnier, puisqu’ils avaient le Saint-Esprit qui les guidait en toutes choses. Panstralia, lib. IX, cap. 10, § 13. Vossius fait la même observation. Après avoir fait remarquer que la légende racontée par Rufin supposerait nécessairement que les Apôtres n’avaient pas une bien grande confiance dans leur foi, il ajoute : • Atqui repleti crant Spiritu Sancto ; gnari etiam Deum promisisse ducturum se eos in omnem veritatem, et pro occasione rerum, in os iis ingesturum quod dicerent. » De tribus Symbotis, p. 11, Oùserf. prima, § 14.

2. Baronius sentit la nécessité de modiûer quelque peu la tradition rapportée par RuGn. Il retarda le moment de la séparation des Apôtres jusiju’à la quatorzième année après l’ascension de Jésus-Christ. Cette correction ne rend la légende ni plus vraisemblable ni plus conforme à l’histoire apostolique.

Page 1