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bien dans les Symboles latins que dans les Symboles grecs*. Cette opinion paraît fondée. Les Symboles grecs sont certainement plus anciens que les latins, et par conséquent l’article ; « Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant » a dû précéder celuici : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant ». Ce dernier ne peut être regardé que comme une simplification du premier. Que les plus anciens Symboles de l’Occident aient porté aussi les mots « un seul Dieu », c’est ce qui ne peut guère être mis en question, quand on voit que ces mots se retrouvent dans les règles de foi d’Irénée et de Tertullien Mais, d’un autre côté, il est incontestable que, s’ils en firent jamais partie, ils en furent retranchés de bonne heure Il est difiicile de découvrir la raison de cette suppression.
Était-ce pour protester contre le polythéisme qu’on avait joint le mot « seul » à celui de Dieu ? Au premier abord, on serait bien tenté de le croire. Rien n’est cependant moins certain. Les Symboles
King, Historia Symbol i Apostolorum, cap. ii, J 4-6.
!. Irénée, Adv. hœres,, lib. I, cap. 10; Tertiillieti, De velandù virginibus, § 1; De prœscript., § 3; Adv. Praxeam, § 2.
3. Le Symbole latin do Facundus, ëvêque d’Hermiane dans l’Afrique proconsulairo , vers le milieu du cinquième siècle, porte, il est vrai, comme les Symboles grecs, Credimus in unum Deum ; mais c’est là un effet du long séjour de cet évêque à Constantinople ; ubi africanæ Ecclesiœ res apud imperatorem procuravit, comme dit Cave. Ce [Symbole est rapporté dans l’ Appendice, 12.
des Apôtres, dans lesquels on lit « un seul Dieu » , portent aussi « un seul Fils », — « un seul Saint- Esprit », — « une seule sainte Église » *. L’affirmation de l’unité du Père n’a pas eu certainement d’autre raison que celle de l’unité du Fils, de l’unité du Saint-Esprit et de l’unité de la sainte Église. Il est manifeste que, dans ces trois derniers cas, on n’a pu avoir la moindre intention polémique contre le polythéisme; on ne saurait par conséquent en avoir eu dans le premier.
Serait-ce alors contre le dualisme , ainsi que Hahn le suppose, qu’on crut devoir affirmer l’unité de Dieu, le Père Il me paraît difficile de le croire; car, si on avait eu en vue le dualisme, on aurait bien pu dire « Je crois en un seul Dieu » ; mais pourquoi aurait-on dit : « Je crois en un seul FUs, — en un seul Saint-Esprit, — en une seule sainte Église » ?
11 me semble bien plus vraisemblable que, par cette affirmation répétée qu’il n’y a qu’un seul