‹ Le symbole des apôtresChapitre 96 sur 158 · Martène, ibid., t. I, p. 17î · texte numérisé non relu

Martène, ibid., t. I, p. 17î

îflfl LE SYMBOLE DES APOTRES

Sancto et ex Maria Virgine, « né du Saint-Esprit et de la Vierge Marie 1 . » Parmi les formulaires du baptême rapportés par Martène, il y en a du neuvième siècle ; le Symbole des Apôtres qui y est cité ou paraphrasé est rarement identique à celui des Sermons 115, 131 et 181 De temporel.

Au reste, il ne semble pas qu’on apportât beaucoup de soin, à cette époque, à faire apprendre aux catéchumènes le Credo et l’Oraison dominicale, qu’il était cependant toujours de règle de réciter avant le baptême. Charlemagne ayant voulu, à une fête de l’Epiphanie , les faire réciter à des personnes qui présentaient des enfants au baptême, un grand nombre d’entre elles ( plures ) en avaient été incapables. L’empereur raconte ce fait dans une lettre adressée à Ghærbald, évêque de Liège 3 . Il est cependant ordonné, dans plusieurs de ses édits, aux prêtres aussi bien qu’aux parrains et aux marraines, d'enseigner aux enfants le Symbole des Apôtres et l’Oraison dominicale 4 , et on trouve des recommandations analogues dans les monitoires et

4. Dicitur in Symbolo catholicæ fldei, quod Christus de Spiritu et ex Maria Virgine sit nalus. Alcuin, De Trinitate, lib. III, cap. x.

2. Martène, De antiquis Ecclesiœ rilibus , 1. 1, p. 4 89, 492 et 4 93.

3. Veterum scriptorum et monumenlorum amplissima collectio, par Edm. Martène et Urs. Durand, t. Vil, col. 20.

4. Ut si patrini et matrinæqui infantes de fonte suscipiunt, sive masculos sive feminas, si ipsum Symbolum et orationem domini-

les instructions pastorales des évêques de ce temps '.

Enfin le Symbole des Àpêtres, tel qu’il est dans les Sermons 115° et 131® De tempore et dans le 1 er du Supplément de Vignier, ne fut admis dans les Églises d’Espagne qu’au onzième siècle, quand la liturgie mozarabiquo fut remplacée par le rituel romain. C’était le Symbole du concile œcuménique de Constantinople qui se trouvait dans cette liturgie. Cette substitution ne s’accomplit pas sans une longue et énergique opposition. Les papes y travaillèrent longtemps sans le moindre succès. En 1060, un concile tenu à Yacca, dans l’ Aragon, décida de suivre le rit romain; cette décision n’eut pas de suite. Un autre concile tenu à Liria, huit ans

cam sciunt, et filios et Ülias spirituales quos et quas de fonte susceperunt, pleniter instruclos ha béant de fide,de qua pro eis fidejussores extiterunt. Caroli Magni edictum, § 3, dans ,'eterum scriptorum et monumentorum amplissima collectif) de Marlène et Durand, t. VII, col. 23 et 24. Ut unusquisque sacerdos orationem dominicam et Syrabolum populo sibi commisso curiose insinuent. Caroli Magni edictum, capitul., dans le même recueil, t. VII, col. 26.

1. Patrini suos spirituales filios Symboîum et orationem dominicain vel doceant, vel docere faciant. — Quisque presbyter expositionem Symboli vel dominicæ orationis habeat scriptum juxta Iraditionem orthodoxorum Patrum, uteam pleniter intelligat, et inde prædicando populum sibi commissum assidue oro inslruat. Commoniturium cujusque episcopi ad sacerdotes sibi subditos, § 45 et 47, dans le même recueil, t. VU, col. 5. Sciunt se orationem dominicam et lidem Symboli Apostolorum reddere rationem. Ghmrbaldi episcopi Leodinensis instructio pastoralu, bid., t. Vil, col. 19; voyez encore, ibid., t. Vil, col. 21,etc.

îss le Symbole des apôtres

plus tard, ne fut pas mieux écouté. Dans un concile tenu à Rome en 1074, Grégoire VII fit engager par écrit les ecclésiastiques espagnols qui y assistaient à recevoir l’office romain à la place du mozarabiquc. Cet engagement ne fut pas tenu, et en 1080 on revint sur le même sujet dans une assemblée réunie à Burgos. Toutes ces décisions seraient restées sans effet, si le roi Alphonse VI ne s’était pas prononcé dans le même sens. Il y fut poussé par sa femme Constance, qui, fille du duc de Bourgogne Robert I er , de la maison des Capets, tenait au rit romain, établi depuis Charlemagne dans les Églises frankes, et par Bernard, qui, d’abbé de Saint-Victor de Marseille, était devenu archevêque de Tolède. Mais le maintien de la liturgie mozarabique était une cause nationale. Un concile réuni à Léon, en 1091, repoussa l’office romain, malgré le légat du pape qui le présidait. Pour . vaincre la résistance, on eut recours au jugement de Dieu. •

« Comme le clergé et le peuple, dit un historien catholique, s’opposaient à ce changement, on convint de décider le différend par le duel. Le champion de l’Office de Tolède (la liturgie mozarabique) vainquit le champion du roi. Ce prince demanda un second jugement, et on convint de l’épreuve du feu, qui fut encore favorable à l’Office de Tolède dont le livre s’éleva au-dessus des flammes, tandis

que l’autre fut consumé. Mais le roi ne se rendit pas et ordonna que l’Office gallican, qui était romain, serait reçu partout. C’est ce que rapporte Rodrigue, archevêque de Tolède, qui vivait cent cinquante ans après » 1 .

C’est ainsi que le Symbole des Apôtres fut établi, avec le rituel romain, en Espagne, à la fin du onzième siècle.

Le Symbole vulgaire ne pénétra pas en Orient. Il en existe, il est vrai, une traduction grecque ; mais cette version, faite par les soins de l’Église de Rome, pendant le moyen âge, dans un but de propagande *, n’a vraisemblablement jamais été connue des chrétiens grecs. Ils ont môme renoncé, il y a déjà fort longtemps, aux anciens Symboles des Apôtres, qu’au troisième et au quatrième siècle on trouve en usage à Jérusalem, à Alexandrie, à Antioche. Ils les remplacèrent par le Symbole du concile œcuménique de Nicée ou par celui du concile œcuménique de Constantinople, principalement par celui-ci. Il est probable qu’avant la fin du sixième siècle, ce changement s’était accompli dans toutes les Églises grecques, et que notre Symbole des Apôtres y était complètement tombé en désuétude 3 . Quant au concile de Florence, en

1 . Abrégé chronologique de l’hisloire ecclésiast., t. H, p. Î64. î. Habn, Bibliothek der Symbole, p. <0 et H.

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