LIVRE II, CHAPITRE II. ! I
l'invincible penchant qui me pousse à chercher I la lumière et la vie dans cette multiplicité de rayons brisés <'t de Sonnes incomplètes, quoique souvent brillantes ri pures, qui, toutes depuis La .-taxation la plus obscure du toucher ou du goût, jusqu'à la plus lumineuse clarté de L'idée pure du mi, du bien, du beau, ne sont que des reflets, des ombres de cette réalité que je ne puis atteindre encore, et >ai>ir telle qu'elle est >
« Un autre fondement de cette loi, c'est l'harmonie admirable qui existe entre les formes sensibles et les formes intellectuelles > entre le monde des sens et celai de la pensée; har?nonie intime et profonde ([ai nous r.reite sanscesseà passer de l'an a l'autre. Car. nous le savons bien, >i des formes intellectuelles à l'Etre en soi, le pas -i ravissant, il est aussi d'une ineffable dou-
ar, quand il s'opère des formes a lisibles aux formes idéales et pures de la vérité. »
(( Je u'ou puis douter, il existe une admirable h monte entre le corps et l'ame. Les organes du corps - \i«'. ses fonctions, ont pour but d'exprimer La de rame, .-es fonctions «'t Bes destinées. Or. ce qui vrai du corps en général, est Mai surtoul du cœur, organe principal de la \ie. Au — i. les mêmes mots expriment-ils les qualités physiques du cœur et les qualités morales de la oie des âmes. Et ces harmonies du
langage reposenl sur une harmonie des* faits. Hélas I ô mon Dieu, je ne puis que soupçonner ces chosi Quand (loue me connattrai-je moi-même? Quand donc m'expliquerez- vous les mystères de ma vie ? »
« Oui, je le sais, un jour viendra où la lumière du Ciel éclairera nos ombres, et alors l'homme verra ce qu'il y avait de saint, de glorieux dans toutes les fonctions de la vie même animale, qu'il accomplissait dans l'épreuve sans en pénétrer le sens. Il comprendra les mystères de la nutrition, de la fécondité, de la sensibilité, du mouvement; toute la vie en un mot dont le cœur est la source, le réservoir, le mobile et la fin. Il saisira les rapports de cette vie du cœur avec le monde de l'intelligence et de l'amour, dont elle est une expression emblématique ; il verra ses rapports symboliques avec des mystères plus saints encore et plus divins : avec les mystères de la grâce et de la gloire, dans l'ordre surnaturel; puis, avec ceux de l'union hypostatique accomplie en Jésus- Christ; enfin, avec les mystères de la vie divine elle-même. C'est qu'alors l'homme connaissant le cœur de Jésus, connaîtra son propre cœur, il pourra dire avec l'Apôtre : « Tout est à nous, nous à Jésus, et Jésus à Dieu *. »