Le syndicalisme anglais
Le syndicat ouvrier on trade union est le fait le plus important de l’iiistoire sociale anglaise au XIX® siècle. Après avoir surmonté lentement, péniblement, les obstacles que lui ont opposés les patrons, le gouvernement et les classes dirigeantes, le syndicat est aujourd’hui une force et une autorité. Par son intermédiaire, l’ouvrier anglais peut discuter les conditions du travail, au lieu de les subir. 11 possède l’outil propre, sinon à faire disparaître le salariat, du moins à le transformer en sa faveur. ^4gissant à la fois sur le patronat et sur l’opinion publique, le syndicat fait prévaloir, dans une mesure qui croît sans cesse, le contrat collectif de travail.
Un mouvement syndical, plus ou moins analogue à celui de l’Angleterre, existe et se développe dans tous les pays industriels, mais le syndicalisme est plus ancien, plus actif, plus puissant en Angleterre qu’en tout autre pays. Les militants et ouvriers français ont donc intérêt à connaître son esprit, ses méthodes, ses
luttes et ses résultats, et, sans chercher à le copier servilement, ils peuvent trouver dans son histoire un enseignement et des exemples.
Un résumé de cette histoire, en tout cas, avait sa place marquée dans la Bibliotltèque socialiste.
Avant d’aborder la partie historique, on trouvera un exposé préliminaire de la situation syndicale actuelle. Il ne contient que des chillres. Pour en excuser Textrême aridité, le lecteur voudra bien reconnaître qu’il n’était guère possible de condenser plus de faits en moins de pages.
LA SITUATIOiN" SYNDICALE EN JANVIER 1902
Au début de l’année 1902, 1,922,780 ouvriers anglais payaient régulièrement leur cotisation aux 1,236 S 3 mdic,ats existants^ Sur le nombre ^total des syndiqués, il y avait 120,078 femmes, appartenant aux industries textiles dans la proportion de 90 p. 100.
La popuraliOiT industrielle est évaluée à 7 millions d’hommes et^3 millions de femmes.
andis que la proportion des femmes syndiquées n’est que de 4 p. 100, celle des hommes atteint le quart de la population industrielle. Mais cette proportion est trop générale pour donner une idée exacte du mouvement syndical en Angleterre ; en effet, ce mouvement, assez faible dans certaines industries, celles de râliméntation et celles du vêtement notamment, est au contraire très développé dans les mines, les métaux et la construction des navires, le bâtiment, l’imprimerie, etc.
Les syndicats anglais tendent à se concen-
l. Les renseignements contenus dans cet exposé préliminaire sont extraits du rapport sur les Irade unions pour 1901 publié par LOflice du travail anglais sous la signature de M. J. Burnett, correspondant en chef du travail et ancien secrétaire dé 1-a Société des mécaniciens (Report by tlie chief labour correspondent of the Board of trade (Labour department) on Trade Unions in 1901 ^Yith comparative statistics for 1892-1900.)
trer de plus en plus. Le classement ci-dessous le prouve. 100 syndicats, sur 1,236, comprennent à eux seuls 1,161,226 ouvriers ou 60 p. 100 de Feffectif total.
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