‹ Le syndicalisme contre l'étatChapitre 21 sur 46 · Lily Braun. Le Problème de la Femme, pp · texte numérisé non relu

Lily Braun. Le Problème de la Femme, pp

contrées, où le machinisme a bouleversé la structure, et où la lutte des classes est devenue une vivante réalité, un quart des salariés, en moyenne, sont affiliés aux organismes qui sapent plus ou moins vigoureusement les fondements de l'ordre actuel. Cette proportion est énorme, car dans ces statistiques, ne sont compris que les individus dont la mentalité s'est déjà façonnée au concept du combat social. Les travailleurs qui ne versent point encore de cotisations, qui n'assistent point aux délibérations des corporations, ne sont pas nécessairement indifférents ou hostiles. Tout au rebours, chacun des incidents du combat économique provoque à l'action, à côté de la minorité déjà militante, des masses qui semblaient réfractaires à la notion de l'intérêt collectif. Les grèves, qui jettent dans la rue des milliers et des dizaines de milliers d'hommes, sont souvent proclamées par des associations de ressources et d'effectifs médiocres. De même que dans tous les pays du monde, les partis socialistes recrutent, aux élections, des contingents de suffragestrès supérieurs àleur total d'adhérents permanents (ce contingent est vingtuple en France et septuple en Allemagne), de même les syndicats, sur lesquels s'échafaudent les autres groupe-

LES EFFECTIFS SYNDICAUX. 187

ments, à tous les degrés, ne représentent que des noyaux solides, capables de cristalliser autour d'eux les forces flottantes de chaque catégorie.

Mais il faut pousser l'analyse plus loin. Non moins intéressant que le pourcentage général par contrée, apparaît le pourcentage dans chaque métier. I! en résulte que l'organisation est d'autant plus vigoureuse dans une profession déterminée, que l'outillage mécanique y est plus développé, et que la concentration capitaliste y atteint à un degré plus avancé. Toutefois, on observera de prime abord que, jusqu'ici, les moyennes sont ordinairement abaissées par l'hésitation des femmes à entrer dans les syndicats. Bien que, depuis cinq à six ans, elles se soient en partie affranchies de leur timidité, elles ne donnent nulle part un effectif syndical comparable à leur rôle économique.

Sur 2.140.000 femmes employées dans l'industrie et le commerce, en France*, 89,000 seulement sont affiliées aux associations professionnelles^, le pourcentage dépassant péniblement 4 p. 100. Il est de 20 p. 100 en Angleterre, où 291.000 femmes adhèrent aux Unions, sur

Page 1