DE OEL ES
M. Dolléans l’a très justement exprimé :
« Sociale, technique, éducatrice, la révolution n’est pas une bataille d’Austerlitz, ni une brillante campagne d'Italie qui puisse être gagnée en quelques semaines; c’est une besogne médiocre, monotone, quotidienne, qui exige des années de persévérance, une vigilance, un courage de tous les instants.
Tâche ingrate que cette patiente faculté de constater, sans se décourager, des reculs, et après chacun d’eux, de reprendre la trame, de renouer les fils rompus et de relier les hommes impatients et querelleurs dans un réseau d’habitudes et de pensées neuves » Î,
C’est ici que le syndicalisme apparaît comime l'instrument le plus robuste pour mener à bien cette tâche ingrate sans doute, mais combien noble.
Le technicien comprendra-t-il un jour cette noblesse ? Viendra-t-il un joùr au syndicalisme non plus par calcul ou par crainte, mais avec l’ardente volonté de conquérir ce rôle éminent qu’Henry de Jouvenel avait rêvé pour lui ? |
C’est le plus cher de nos vœux. Les plus belles espérances sociales seront permises le jour où le technicien, fort de l’amour et du respect des masses, sera devenu « un homme dont la conscience sociale aura été affinée par le savoir, mais aussi un homme qui ne redoute aucune des puissances du monde qui pourraient l’empêcher de réaliser ce que lui Ciete cette conscience sociale » ?,
() E. Dolléans. — Victoire des Obscurs, p. 154. (2) H. de Man. Masses et Chefs, p. 72.