‹ Le Syndrome: Angine de VincentChapitre 22 sur 37 · I. — Angine de Vincent et cancer. de l’amygdale · texte numérisé non relu

I. — Angine de Vincent et cancer. de l’amygdale

Lies radio et curiethérapeutes: ont: appris: depuis longtemps à lütter contte l’inféetion secondaire dés cancers ulcérés. Cellé-c1, en effét, lorsqu'elle est très marquée et étendue à toute la masse néoplasique, n’a pas seulement pour. inconvénient de: diminuer la radiosensibilité ; elle peut être à l’origine de comphcations septiques désastreuses en raison du coup de fouet qu’elle paraît recevoir de l’irradiation.

Etudiant la flore microbienne des cancers buccaux, Ricaup et ses collaborateurs, ont constaté que «le cas de beaucoup le plus fréquent est celui où l’on trouve dans le produit de râclage des surfaces ulcérées — des spirilles seuls ou associés au bacille fusiforme de Vincenr ». Les mêmes auteurs ont à plusieurs reprises attiré Pattention sur le fait que, si dans les cancers utéro-vaginaux, le streptocoque était l’agent microbien le plus à redouter, dans les néoplasmes de la bouche, les infections secondaires à fuso-spirilles jouaient un rôle important (par les

CRUE CNE

complications parfois à allure de noma, auxquelles elles peuvent participer).

L'observation suivante, qué nous devons à la très grande obligeance de-M. le Dr Ausix, laryngologiste des hôpitaux, montre que l'association fuso-spirillaire ne mérite pas-seulement d’être considérée à ce dernier point de vue. Elle ne se borne: pas à envahir les cancers avancés ou cliniquement manifestes: Ellé est capable de se développer sur un cancer au début et si celui-ci intéresse l’amygdale, de simuler une simple angine de Vincenr d’où une perte de temps. particulièrement: préjudiciable: au: malade:

Observation: 18 (inédite)

Dr A. AuBin. — Angine de Vincent sur cancer de l’amyg-

dale.

Monsieur B:.,,56-ans,, vient consulter: pour: une dÿsphagie: droite: apparue: depuis une huitaine de jours,, et dont la persistance l’inquiète.

La: déglutition de salive exagère’ vivement. cette dyÿsphagie; et s'accompagne d’otalgie:

L'état: général est très peu:touché; ilin?y a: qu’umléger malaise ; le malade peut continuer ses occupations; la température: est: chaque-soir de:3708; 380.,

: L'examen: de la gorge’ montre une: rougeur- diffuse: et ‘œdémateuse du pilier antérieur droitiet de la: fossette susamygdalienne;, qui masque la: région: amygdalienne. , Le piliers postérieur-est, .au:contraire, presque normal. En:réchimant. le: pilier: antérieur, on constate: qu’il: existe: sur lamygdale um: enduit jaunâtre;. putrilagineux;. que: l’on

RON aS

détache sans difliculté au porte-coton ; au-dessous de lui, on trouve une surface anfractueuse, saignant facilement ; seul, le pôle inférieur de l’amygdale est intact, mais rouge et luisant. L’exploration douce au porte-coton, montre que toute cette région est dure, infiltrée.

L’amygdale gauche est normale.

La gencive qui borde le collet des 2 molaires inférieures droites, est rouge, tuméfiée en bourrelet et ulcérée sur son

: bord libre.

Dans la région sous-angulo-maxillaire, il existe un ganglion unique, de la grosseur d’une noisette ; 1l est dur, un peu douloureux, sans péri-adénite.

Le diagnostic d’angine de Vincenr est posé. On prescrit des gargarismes faiblement antiseptiques, des badigeonnages de l’amygdale au novarsénobenzol.

L'amélioration est très lente, la fausse-membrane jaunâtre a encore tendance à se reproduire, l’ulcération se creuse, l’inflammation des piliers persiste atténuée ; la température tombe, mais il existe encore une gêne de la déglutition. Et au quinzième Jour, on ne peut encore parler de guérison.

Le malade est perdu de vue à ce moment pendant une quinzaine de jours, et nous l’examinons 5 semaines après le début des accidents.

La déglutition est restée pénible, et certains mouvements de la langue sont un peu douloureux, en particulier ceux de propulsion. La température est tombée, et l’état général est bon. | + L'aspect de la gorge est devenu caractéristique : le pilier antérieur encore rouge, circonscrit maintenant jusqu’à la langue, une ulcération amygdalienne à fond végétant, qui saigne au moindre contact ; le miroir laryngé montre qu'elle se continue sur le bord latéral de la langue au niveau du V lingual, sur une longueur de 1 ce. environ. La palpation est douloureuse, et révèle une induration

DENT RUÈES

cartonnée de la région amygdalienne, qui reste un peu figée dans les mouvements de phonation.

À droite, au-dessous et en arrière de l’angle de la màchoire, 1l persiste toujours un petit ganglion dur, indolore.

Clhiniquement, on pense se trouver en présence d’un épithélioma de l’amygdale droite. Le diagnostic clinique est vérifié par une biopsie faite sur la bordure de l’ulcération.

Ainsi, une « angine de Vixcenr » s’est développée sur une ulcération néoplasique de l’amvgdale encore latente. Elle l’a « camouflée » quelque temps et le diagnostic exact n’a été posé que tardivement, au moment où le masque est tombé.

è L'observation suivante — bien que ne concernant pas une angine de VincexT, greffée sur une lésion amygdalienne néoplasique — nous paraît avoir sa

place 1c1.

Observation 19

Angine de Vincent ayant simulé une lésion néoplasique de l’amygdale gauche et survenue à la fin d'un traitement radiothérapique pour sarcome du plafond de lorbite du même côté.

Recueillie à l'hôpital Trousseau, dans le service de M. le

Docteur LEsNÉ qué nous remercions de la bienveillance

qu'il nous a témoignée en nous autorisant à la reproduire.

Dr... Victor: 11 ans.

Histoire : Au début d'octobre 1933, les parents constatent que l’enfant qui rentre de vacances, est porteur au niveau de la paupière supérieure gauche d’une grosseur augmentant rapidement de volume.

PNA SR

Le malade est d’abord conduit au Quinze: Vingts où on lui fait une série d’injections intraveiveuses (de: ra de mercure probablement).

Au :premier ‘examen le'29-11-33.:On constaté : ‘une tumeur du volume d’une ‘grosse noix :siègeant à da :partie antéro-externe de lotbite gauche, dure,-non douloureuse, lisse, -soulevant, la paupière supérieure dont la «peau ;présente un peu:de circulation collatérale. |

Le globe oculaire: est-rejeté-enbas-et en: :dedans,:ses:mouvements vers le’haut:sont supprimés.

Réflexes à la lumière normaux; diplopie manifeste {si l’on montre un doigt à l'enfant il dit voir deux doigts lun au-dessus de l’autre).

Pas de nystagmus horizontal ni vertical. Bourdonnements d’oreille du éôté opposé à la tumeur. Rien de partis cülier à l’otoscopie.

Aueun-signe eérébelleux.

Réflexes rotuliens très vifs.

Réflexe cutané plantaire en flexion.

Divers appareils normaux.

L'enfant reçoit une série mixte’de sulfarsénol et de « cvanure dé mercure.

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Les signes semblent être localisés à; Forbite.aucun svmptôme de-Focalisation:nerveuse.

À :moter pendant da reure : «toux imeessante moeturne le 13-12-33. Rien à l’auseultation.

Mais légère submatité à:la base gauche.

Le 22-12-33. Etat stationnaire, petit étatisyncopaliavant Pinjection.

Le 26-12-33. Enfant très fatigué. Anorexie — toux — vomissements. | Demande à rester coucher.

Radio pulmonaire : hiles chargés (début janvier). Est envoyé alors à’ Saint-Antoine {D':SoLomox) pour traitement radiothérapique..

-3-2-34. Revient après 20 séances de radiothérapie. Amélioration considérable de l’état local, la tumeur. a disparu.

Mais : Se plaint depuis quelque temps:de douleurs dans le-sacrum (à ce: niveau deux-séances de radiothérapie). Radiodermite du‘bassin. Lésions eezémateuses des avantbras. ‘Anorexie. État général mauvais, pâleur accentuée. En outre : gros ganglion cervical;gauche, hospitalisé. le: 8-2-34. Température à .390.

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