Le Syndrome "Crise Gastrique"
Très nombreux sont les travaux qui, depuis les premières descriptions de Topinard et de Delamarre ont tenté de préciser les caractères cliniques des crises gastriques et de déterminer leurs causes.
Nous avions souvent eu l’occasion de remarquer avec quelle fréquence, dans l’interrogatoire des tabétiques, les crises gastriques étaient rapportées comme premier trouble ressenti. Mme Wayncop et Tronc avaient, dans leurs thèses, cherché à mettre ce point en lumière; mais la plupart de leurs observations ne présentent qu'une faible valeur démonstrative à cause de l’époque tardive, où les malades ont pu être examinés. Aussi, à l’occasion d’un cas très intéressant que nous avons eu récemment l’occasion d'étudier dans le service de M. le Docteur OEttinger, nous avons pensé qu'il ne serait pas inutile d’aborder à nouveau la question.
Les crises gastriques essentielles décrites par Leyden, bien qu’elles soient considérées comme douteuses par beaucoup d'auteurs, occupent encore une place tout à fait injustifiée dans les cadres de la pathologie gastrique. En nous appuyant sur un certain nombre de documents
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cliniques, nous chercherons au cours de ce travail à démontrer que l'existence de ces crises idiopathiques ne répond nullement à la réalité, et qu'il s’agit là d’accidents toujours en rapport avec évolution insidieuse d’un tabes latent. Cette proposition peut paraître préjuger trop d’un processus anatomo-pathologique encore mal connu. Tout au moins peut-on affirmer que le syndrome que nous avons en vue est toujours sous la dépendance d'un processus inflammatoire chronique très lent, de nature syphilitique, portant sur le système nerveux central, tendant à la constitution progressive du tabes et aboutissant parfois à la paralysie générale. Ce lent travail occulte peut s’arrêler parfois à n'importe laquelle de ses étapes; la Iymphocytose rachidienne en est le reflet.
Ces notions que nous chercherons à dégager, présentent un intérêt tout spécial du fait de la sanction thé rapeutique qu'elle comporte. Au cours du tabes, le traitement n’a pas toujours donné des résultats très encourageants; il pourrait en être tout autrement, si une médication énergique était instituée d’une façon très précoce, et dans le cas particulier, dès l'apparition des premières crises gastriques. Dans ce but, il est nécessaire d'en bien connaitre l'expression clinique en vue d'un diagnostic sûr et précis. Il faut aussi se pénétrer de l’origine exacte de ces crises, même lorsqu'elles apparaissent au premier abord indépendantes de toute lésion nerveuse. Tels sont les deux points que nous nous attacherons à mettre en relief.
L'étude du traitement nous eût entrainé à de trop
longs développements : nous avons dû renoncer à