‹ Le Syndrome de BabinskiChapitre 18 sur 53 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

M. Babinski a eu le grand mérite d'apporter un élément de certitude au milieu de ces hypothèses si controversées. Ses travaux ont démontré, en effet, que l’aortite n’est pas seulement souvent associée au tabes, mais fréquemment aussi à la méningite chronique syphilitique ; dans l’un comme dans l'autre cas la syphilis est le lieu qui unit l’une à l’autre les deux lésions. C’est à cette association de l’aortite avec la méningite chronique syphilitique, c’est-à-dire avec le signe d’Argyll Robertson et lalymphocytose rachidienne que M. Vaquez a proposé de donner le nom de Syndrome de Babinski.

Nous nous proposons de justifier cette dénomination en montrant l'intérêt capital et l'importance de l'association des symptômes qu’elle sert à désigner. Dans ce but nous diviserons ce chapitre en deux parties :

Dans la première, nous établirons quel fut le point de départ des travaux de M. Babinski, nous étudierons minutieusement les observations sur les-

quelles ils reposent et nous mettrons en lumière les

conclusions qu'il a été amené à en tirer.

Dans la seconde nous montrerons toute l’importance des faits avancés par M. Babinski, ainsi que l'ont bien fait ressortir les communications successives de M. Vaquez. Le terme sous lequel il a voulu grouper ces symptômes se trouvera du même coup légitime. Il le sera davantage encore lorsque nous aurons mis en évidence la grande fréquence avec laquelle se rencontre le syndrome de Babinski en clinique, ainsi qu'en témoignent les nombreuses observations publiées jusqu’à ce jour et quelques autres inédites que nous ajouterons aux précédentes.

A.— Origine des travaux de M. Babinski. — Observalions sur lesquelles ils reposent. — Premières COnCIUSiOns. |

Souvent, avant 1901, les auteurs classiques avaient

eu occasion de signaler la coexistence d’une lésion aortique et de troubles pupillaires, chez des individus ne présentant aucune des manifestations de l’ataxie,

mais jamais ils n'avaient soupçonné que les lésions

relevassent d’une cause unique : la syphilis.

Ils pensaient, au contraire, qu’il y avait entre elles deux un lien de cause à effet. La première observation de ce genre remonte à un auteur anglais, Gairdner qui, en 1855, dans Ædimburg Medical Journal signala un anévrisme aorlique accompagné de myosis à gauche. La plupart des observations qui la sui-

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