INTRODUCTION
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CBÉHVer AitiCee par noire alire P. -E. Launois sur la syphilis tertiaire de l'aorte et sur l’associalion des lésions de ce vaisseau avec le signe d’Argyll-Robertson et la lymphocytose rachidienne. Poussant jusqu'à ses extrêmes limites l’affectueuse sollicitude qu'il n’a cessé de nous témoigner depuis le début de nos études médicales, il nous a conseillé de choisir comme e sujet de notre thèse inaugurale l'étude de ce complexus symptomatique auquel il donne couramment le nom de « Syndrome de Babinski», ainsi que la proposé M. Vaquez. Ne sachant trop comment acquitter la dette de reconnaissance que nous avons COntractée envers lui, nous lui dédions ce modeste travail en témoignage de notre gratitude. :
Au nom de notre maitre nous tenons à associer De: celui de son collègue le D' Vaquez qui, non content HE de faciliter et de guider nos recherches, nous a per- ë
mis de largement puiser dans les observations qu’il a recueillies dans son service de l’hôpital Saint- Antoine.
Avant d'indiquer les grandes lignes de notre plan, nous ne pouvons mieux légitimer le titre de ce travail qu’en reproduisant fidèlement la justification, que M. Vaquez a bien voulu nous donner, du terme qu’il a proposé :
« Certains auteurs ont pensé, écrit M. Vaquez, qu en désignantsous le nom de syndrome de Babinski l'association de certaines lésions cardiaques avec des altérations bien définies du système nerveux j'avais simplement donné une dénomination nouvelle à un ensemble de faits déjà connusantérieurement, c’est-àdire à la coexistencede lésions aortiques avec le tabes.
. À coup sûr M. Babinski n'ignorait pas cette coexistence et je ne l’ignorais pas non plus. Mais dans les cas rapportés jusqu'ici la lésion nerveuse, tabétique, semblait l'emporter de beaucoup dans la valeur du syndrome, puisque certains auteurs avaient cru pouvoir rattacher la lésion aortique à une sorte de trou-
ble trophique analogue à un mal perforant par exemple, ou aux arthropathies.
Au point de vue anatomo-pathologique la désignation que j'ai proposée de « syndrome de Babinski » correspond à quelque chose de particulier, c’est-àdire à l’association des cardiopathies, artérielles principalement, avec le signe d'Argyll et la lymphocytose rachidienne, ou plus simplement avec la méningite chronique syphilitique que celle-ci évolue
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plus tard vers le tabes, la paralysie générale, ou toute autre manifestation d’étiologie spécifique.
En clinique, la notion de cette association ainsi comprise a une valeur considérable. Elle nous permet de découvrir, non plus comme on le faisait antérieurement, une lésion accessoire cardio-aortique au cours d’un tabes confirmé, mais en renversant le mode de recherche, de remonter d’une lésion cardio-aortique connue à une lésion méconnue du SYStème nerveux. Elle nous renseigne aussi sur la nature vérilable de certaines lésions cardiaques qui resteraient ignorées autrement et que la coexistence de la méningite chronique syphilitique permet de rattacher à une cause déterminante univoque, la syphilis. Telles sont les raisons qui nous autorisent à conserver la dénomination que j’ai proposée. Elle est légitimée par des considérations d'ordre analomo-pathologique, clinique et pathogénique, et ce n’est que justice d’en rapporter le mérite à M. Babinski qui le premier a su en discerner la valeur.»
Nous nous proposons de faire ressortir dans ce travail la fréquence et la grosse importance des faits décrits par M. Babinski. Dans ce but, nous apportons, en dehors des observations déjà publiées, un certain nombre d’autres cas inédits quiles confirment en tous points et prouvent, en même temps, le bienfondé de certaines hypothèses non démontrées jusqu'alors. Il nous paraît indispensable auparavant, afin de montrer, une fois pour toutes, que le syndrome de Babinski ne s'applique nullement à des
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faits connus antérieurement, de rappeler d’abord ces derniers. Il nous suflira pour cela de préciser dans les deux premiers chapitres ce que l’on savait, en 1907, des liens unissant l’aortite au {abes. Jamais on n'avait soupçonné, en effet, à celte époque, que la syphilis pût déterminer des lésions aortiques en dehors de l’ataxie confirmée, bien que l’on eût souvent remarqué leur association avec des troubles pupillaires. ;
Dans le premier, qui sera un chapitre d'historique, nons passerons en revue tous les travaux ayant sgnalé Pexistenee de Tésions aortiques au cours de l'Atani INUISISMPNS ensuite 1e Ja Piprène de ertte ratneidence.
Daus le deuxième, nous rappe:lerons les nombreuses formules pathogéniques proposées pour expliquer l’une et l’autre lésions et les rapports qu’elles peuvent avoir entre elles.
De cette étude nous verrons qu'il ressort clairement que si, pour la plupart des auteurs, en 19017, l'existence des lésions cardio-aortiques au cours du tabes confirmé est fréquente, l'accord est loin d’être fait sur les liens qui unissent ces deux affections. Certains auteurs seulement avaient supposé ou admis que les lésions aortiques devaient relever de la cause même du tabes, c’est-à-dire la syphilis.
Pour tous, en tous cas, l’aortite n’était qu'une complicalion accessoire, pour quelques-uns même une
simple coïncidence curieuse, survenant pendant évolution du tabes et sans grand intérêt.