‹ Le Syndrome de BabinskiChapitre 4 sur 53 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Historique.

Lorsqu’en 1858 Duchesne de Boulogne donna la première description de lPataxie locomotrice, il ne traça que les grandes lignes de cette maladie. Ce n’est que peu à peu que furent décrites les diverses manifestations viscérales qui caractérisent le tabes ; de toutes, les lésions cardio-aortiques furent les dernières signalées.

C’est seulement, en effet, plus de vingt ans après la célèbre communication de Duchesne de Boulogne, que Vulpian (1)le premier, en 1899, fit mention de la coïncidence des deux lésions. Par deux fois, à quelques mois d'intervalle, il insista sur ce point. « M. Charcot, écrivait-il, a bien des fois insisté devant moi, à la Salpêtrière, sur la fréquence des lésions aortiques chez les ataxiques. Elles sont, avec les lésions des reins et des poumons, un des accidents qui tuent le plus fréquemment les malades. » Deux autres auteurs, Berger et Rosenbach en Allemagne, confirmaient à peu près en même temps la

1. Vulpian. Leçons sur les maladies du système nerveux, 1879.

remarque de Vulpian; ils publiaientsept observations

où il y avait associalion de tabes et d’insuflisance aortique, et croyaient à l'existence d’un lier entre les deux affections. /

Depuis cette époque, en France et à létranger, les observations se sont multipliées à l’appui des précédentes. Il ne nous est pas possible, dans ce travail, d'examiner chacune d’elles en détail. Nous nous contenterons de les signaler dans leur ordre chronologique en insistant sur les plus remarquables. Dans les thèses fort complètes de Balacakis, Nordmann et Heïtz, nous avons trouvé de précieuses indications que nous avons relevées en les complélant,.

Grasset (1) en 1880 rassemble vingt-quatre obser-

vations d’ataxiques présentant d’une manière indiscutable des lésions cardiaques, toutes assez avancées. Ces lésions, ajoute-t-il, sont consécutives au tabes qui retentit sur le cœur à la manière des maladies douloureuses. De cette communication, il convient de retenir, surtout, le nombre relativement considérable des cas qui viennent, à peu de distance des

travaux de Vulpian, corroborer sa remarque. Ajou-

tons de suite, cependant, que la pathogénie fournie

par Grasset doit être rejetée, ainsi que nous le verrons dans le chapitre suivant.

Pendant les deux années qui suivent, plusieurs

1. Grasset. Montpellier Médical, 1886. « Ataxie et lésions cardiaques. »

M. Trrmiress din amie. :

observations sont encore à noter. Letulle, dans la

Gazelte Médicale, signale la coïncidence des deux lésions et croit que le tabes et la lésion aortique dépendent d’une même cause : l’artério-sclérose. Jaubert (1), des trente-six observations qu’il a réunies, conclut que de ioutes les cardiopathies tabétiques, les lésions aortiques sont les plus fréquentes. Thibierge signale un cas d’anévrisme aortique au cours du tabes. Constantin Paul, la chose est très impotrtante à noter, publie un cas de tabes postérieur à une insuffisance aorlique, mais n’est pas sûr qu'il y ait un lien de cause à effet entre les deux affections. Ainsi, dès 1883, se trouve signalée dans la littérature médicale la préexistence d'une lésion aortique à l’ataxie. Nous ne saurions trop insister dès maintenant sur ce fait, puisque nous at ro 6 LS dans notre dernier chapitre à propos dies iravaux «le Babinski. Balacakis (2) enfin, dans sa thèse, déclare réelle et fréquente la coïncidence des deux Iésions. Toutefois, il pense que les lésions aorltiques dépendent des conditions étiologiques communes à toutes les maladies de cœur et ne sont vraiment fréquentes que chez les ataxiques ayant présenté des maladies telles que la syphilis ou le rhumatisme.

En 1884, dans un travail sur lequel nous aurons

l’occasion d'’insister longuement, Teissier (3) décrit

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