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qui, bien que n’agissant pas uniquement par l’acidification des urines, produit cependant une modification importante du PH dans le sens de l'acidité, qui entre en jeu pour une bonne part dans son action thérapeutique.
Déjà en 1926, GOIFFON avait proposé un régime acidifian! dans le traitement des infections à colibacilles et à entérocoques, De même, NIELSON signalait avoir de bons résultats grâce à l'augmentation de l'acidité urinaire qu’il obtenait en donnant de la crème en grande quantité à ses malades. C’était déjà une ébauche de régime cétogène.
HELMOLz F, étudia aussi l’acidification des urines par le chlorure d’ammonium et le chlorure de calcium; mais bien qu’obtenant des PH de 5.0, la stérilisation n’était pas constante et, dans le cas d’obstacle sur le trajet urinaire, les résultats nuls. C’est alors qu’il observa que les enfants épileptiques traités dans son service par le régime cétogène présentaient des urines qui restaient stériles plusieurs jours, même à la chaleur. Il eut, dès l’instant, l’idée d’appliquer cette observation au traitement des infections urinaires, particulièrement des infections colibacillaires.
CLARK, de son côté, en même temps, après une étude très poussée de leffet de l’acidification urinaire en arriva aussi à envisager l'institution d’un régime cétogène dans ces infections.
C’est ainsi que ces deux auteurs publièrent la même année. en octobre 1931, chacun deux observations (d'enfants, pour HEL- MOLZ, d'adultes pour CLARK) rapportant la guérison d’infections urinaires guéries par ladministration d’un régime cétogène. Ce qui était un nouveau point intéressant, c’est que dans ces 4 observations, il y avait deux cas d’hydronéphrose et un cas de prostatite. Les publications de ces deux auteurs ouvraient alors la voie à l’application du régime. cétogène aux infections urinaires et à son étude plus approfondie que nous allons exposer maintenant et permettaient d'envisager une thérapeutique efficace des infections des voies urinaires, même lorsqu'il existe des obstacles.
S9 — II. — But et mode d’établissement du régime.
Le but du régime cétogène est d’obtenir une urine cétonique. c’est-à-dire une urine contenant des corps cétoniques en abondance et, de plus, une urine acide. Ces corps cétoniques ne prendront naissance que si l’organisme est placé dans des conditions telles qu’il ne puisse oxyder les graisses qui lui sont fournies. Or les graisses sont détruites par l'intermédiaire des hydrates de carbone par un mécanisme bien établi chimiquement. Rappelons ici, pour schématiser, la vieille formule « Les graisses brûlent au feu des hydrates de carbone ». En conséquence il est logique de donner au malade une grande quantité de graisses tout en réduisant les hydrates de carbone. C’est en effet le principe du régime cétogène :
— Fournir au sujet une quantité infime d’'H. D, C. 15 à 20 grammes environ (signalons de suite que chez l'enfant il n’est pas utile de les réduire autant, la cétonurie étant obtenue plus facilement que chez l’adulte).
— Fournir la quantité de protéines juste nécessaire à lentretien, car il ne faut pas oublier que du glucose se forme à leurs dépens.
— Et donner une grande quantité de corps gras.
Les graisses sont par conséquent considérées comme génératrices de cétose, alors qu’au contraire les hydrates de carbone et les protéines le sont comme facteurs contraires, ce qu’on a traduit en disant que les premiers sont cétogènes et les autres anticétogènes. On peut alors établir une équation, un rapport
cétogène
qui illustre remarquablement le principe du réanticétogène gime. Ce rapport, d’ailleurs prend selon les auteurs une valeur variable lors de l’établissement du régime, comme nous le verrons ultérieurement.
Les termes de ce rapport doivent s’écrire comme suit :
ration cétogène graisses+ 12 protéines
ration anticétogène H. D. C.+ 12 protéines Car il ne faut pas oublier que le glucose a non seulement son
PERODNES
origine dans les hydrates de carbone mais encore dans les protéines. On sait, en effet que si l’on crée un diabète phloryzzique chez le chien, que lon nourrit exclusivement de protéines, on trouve que 58 % (à peu près la moitié) des substances albuminoïdes se sont transformées en sucre.
Cependant, comme suivre exactement cette équation entrainerait à des calculs considérables pour établir un régime cétouène absolument parfait qui est déjà assez délicat à instituer par lui-même, ce rapport étant trop peu maniable, on la simplifié et établi comme suit :
ration cétogène graisses ration anticétogèene H. D. C. + protéines
C'est-à-dire que l’on considère toute la graisse comme cétogène et les protéines comme anticétogènes.
Ce rapport (dont les facteurs sont exprimés en grammes) peut donc prendre toutes sortes de valeurs : On utilise cou- 21 4 6 ramment les rapports —,— jusqu’à — et même —., jour certains 1 1 Il auteurs, suivant le PH obtenu et la quantité de corps cétoniques que le sujet présente dans ses urines. Il sera donc d’une grande utilité pour établir le régime.
Le calcul des quantités d'H. D. C., graisses et protéines à donner à un malade repose sur les prineipes suivants :
1) La quantité de protéines doit être suffisante à l’entretien de l'organisme. Car un apport insuffisant l’obligerait à les prélever dans ses propres tissus. On estime que cette quantité nécessaire est à peu près de 0,66 gr. à 1 gr. par kg. de poids du corps.
2) Le total des calories données au malade doit être suffisant c’est-à-dire que sa ration d'entretien doit être évaluée à 40 calories par kg. de poids du corps environ.
3) La quantité de graisses par rapport aux H. D. C. et protéines doit être suffisante pour produire l'apparition de COTPS
; ; ei ; EUX cétogène cétoniques, dans l’urine c’est-à-dire que le rapport anticétogène
RTE
à doit avoir une valeur qui est estimée généralement à (donc deux fois plus de graisses que de protéines et d’'H. D. C.) pour que Purine soit cétonique !
En tenant compte de ces trois principes essentiels, nous pourrons construire un régime cétogène. La détermination exacte de la quantité de graisses, d’'H. D. C. et de protéines à donner peut se faire de différentes manières. RoBB, dans un de ses articles, en a proposé une qui a d’ailleurs été citée par PA- GNIEZ et PLICHET et qui, bien que paraissant très mathématique, est assez simple et donne toute satisfaction.
En se rappelant que 1 gr. de graisses donne 9 calories tandis que 1 gr. de protéines ou d’H. D. C. en donne 4; que le nombre de grammes de protéines est toujours connu par le poids du corps du malade, il est facile d'établir pour un rapport
cétogène
donné, les quantités d’'H. D. C. et de graisses. anticétogène
En effet, soient :
G : graisses HS HD AC: P : protéines
on a tout de suite :
(1) 9 G +14 (h -+- p) — total calorique nécessaire évalué d’après LE le poids du sujet.
ESA célogène 2 Par exemple, pour un rapport —- — — — — on 0banticétogène 1 tient : | à G 2 (11) — ou en posant X = H + P LS 2 Se H + P 1
nai Non oDhHent GG 2% Si nous reportons cette valeur de G dans léquation (1) : 22 x — total calorie total calorie d'ou Fonttirex— = P étant connu, on a facilement G— x — P
ADN
Par exemple : établir un régime cétogène —- pour un adulte de 70 kgs.
On a de suite :
total calorie — 2800 calories.
P = 70 grammes.
total cal. 2.800 de suite aussi x — - = = — 128 22 22
de suite encore H—x—P 128 — 70 = 58 grs et enfin G—2x = 256 grs.
Très rapidement par conséquent on arrive au résultat suivant. Il faut donner à ce malade :
58 grammes d’hydrates de carbone.
- 70 grammes de protéines.
— 256 grammes de graisses.
Pour calculer les autres régimes à rapports différents, il suf-
fira de remplacer le rapport — par le rapport désiré dans léqua-
tion (I).
Par contre, CLARK ainsi que CRANCE À. M. agissent différemment. Ils partent toujours des principes énoncés plus haut et établissent très simplement leur régime en donnant dès le début 25 grammes d'H. D. C.
Ils en déduisent facilement la quantité de graisses. Ils réduisent chaque jour les H. D. C. et augmentent en même temps les graisses pour rétablir l’équilibre.
BARBOKA indique un moyen plus facile en utilisant des coefficients qui donnent très rapidement les différentes quantités à prescrire aux malades.
C’est ainsi que pour obtenir un régime dont le rapport égale
—, on obtiendra le montant des H. D. C. en multipliant le
nombre de calories nécessaires par le coefficient 0,020, celui des graisses par 0,09.
De même pour un rapport —- les H. D. C. seront obtenus avec l'indice 0,015 et les graisses avec 0.010. Par la suite, s’il est nécessaire d’augmenter la ration cétogène, il suffira de diminuer les H, D. C.
On obtient par cette méthode des résultats à très peu près identiques à ceux que nous donne celle indiquée plus haut. D’autres moyens ont été encore préconisés dans ce but, par WiLpER et POLLACK notamment, mais il semble logique de s’en tenir à l’une de ces deux méthodes de RoBg ou de BARBOKA, où encore aux graphiques établis par mademoiselle B. DuPEux. Lorsqu'ont été ainsi définies les proportions des différents constituants, il faut établir le menu du malade d’après eux, en tenant compte de la composition et de la valeur en calories des différents aliments que l’on trouve facilement dans des tableaux tout préparés.
Voici, par exemple, un menu fixé par PAGNIEZ et PLICHET, pour un adulte de 60 kgs auquel on veut donner un régime — qui correspond exactement aux régles ci-dessus. L'alimentation
de 24 heures comprendra :
250 grs. de lait;
200 grs. de viande pesée crûe;
400 grs. de légumes verts pesés crûs;
150 grs. de beurre. | Le pain est supprimé et remplacé par du pain d’aleurone.
Partant de ces quantités totales on pourra alors les répartir
comme suit sur les différents repas de la journée :
Grammes H. D. C. Protéines Graisses Calories
Petit déjeuner :
RATÉ ER LEE RP T Ru 250 12,50 7,50 8 152 DÉDEDE RS RE N mim eee 50 — LE 42 378
Pain d’aleurone ...... eee 32% 25 Æ