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en nature (nationalisation des salaires), fut mis partiellement en pratique.
La socialisation de l’agriculture, envisagée après celle de l’industrie, dut être abandonnée dès les premières tentatives, en raison de l'hostilité des paysans qui désiraient rester fidèles à leur «Mir » traditionnel. Les « exploitations soviétiques » et les « communes agraires villageoises» furent un vain essai d’implantation des idées communistes dans les campagnes. Après cet échec, le gouvernement, pour permettre l’approvisionnement des villes, soumit les cultivateurs à des « redevances en nature consistant dans la livraison à l'Etat d’une partie des récoltes ». Cet impôt fut institué par le décret du 30 octobre 1918. Tout ce qui excédait la consommation du contribuable devait être livré.
Les mesures édictées : approvisionnement gratuit des usines d'Etat en matières premières, distribution gratuite des marchandises produites, suivant le système des cartes, prélèvement sur les récoltes despaysans, paiement au moins partiel des salaires en nature, prohibition du commerce privé devaient, dans l'esprit - des réformateurs, entraîner la disparition de la monnaie comme moyen d'échange, ainsi que nous en avons de nombreux témoignages! : le II° congrès panrusse des Conseils de l’économie, réuni fin décembre 1918 à Moscou, proclama que la concentration de la produc-
LT: Lescure, ouvrage déjà cité
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tion et de la répartition des marchandises entre les moins de l'Etat devait permettre de se passer de la monnaie. Plus tard, en 1919, le VIII congrès communiste précisa la pensée des dirigeants. « Dans les premiers temps du passage du capitalisme au communisme, tant que la production et la répartition communistes ne sont pas pleinement organisées, la suppression de la monnaie apparaît impossible. En de telles circonstances, les éléments bourgeois de la société continuent à utiliser les signes monétaires restant propriété privée pour spéculer et réaliser des bénéfices, et pour exploiter les travailleurs. En s'appuyant sur la nationalisation des banques, le parti communiste russe s’efforce de prendre une série de mesures capables d'élargir la sphère des compensations indépendantes de tout emploi de monnaie et de préparer le terrain à la suppression de la monnaie ». Enfin, on peut citer l’opinion de J. Larin, économiste influent de cette époque qui disait en 1920 : « La disparition de la monnaie progressera avec l’amélioration de l’organisation économique soviétique... La monnaie n’existe pour ainsi dire plus en tant que mesure de valeur. La monnaie comme instrument d'échange peut déjà, dans une large mesure, être supprimée... La monnaie en tant que moyen de paiement disparaîtra, quand l'Etat soviétique aura libéré les ouvriers de la nécessité de recourir aux marchés... La monnaie actuelle ne sera plus alors qu’« un papier de couleur ».
L'idéal communiste était de « remplacer la monnaie
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par des virements d’écritures correspondant aux déplacements de marchandises ou de services ». La poursuite de cet idéal donna lieu à différentes mesures législatives!.
Un décret du 2 mai 1918 prescrivit que tous les instruments monétaires se trouvant dans les mains de l'Etat et de ses représentants devaient être concentrés dans les caisses du Trésor ou de la Banque du Peuple.
Un autre, du 20 août 1918, enjoignit à toutes les entreprises nationalisées de livrer leur production aux « centrales » correspondantes et d’en recevoir toutes les matières premières. De la sorte, la compensation des marchandises livrées et des produits reçus pouvait s'effectuer par simple inscription sur des registres.
Ce système de compensation fut étendu par décret du 23 janvier 1919 aux relations entre les entreprises nationalisées ou municipalisées et les entreprises contrôlées par elles et, par décret du 6 janvier 1920, aux opérations des coopératives.
Par voie de conséquence, la Banque du Peuple devait se transformer progressivement en « Chambre de compensation ». Bien plus, comme elle ne pouvait plus jouer le rôle « d'institution de crédit », elle fut liquidée par décret du 19 janvier 1920. Ses fonctions furent transférées au Trésor qui eut alors compétence pour émettre les signes monétaires appelés désormais « titres de compensation ».
1, J, Lescure, ouvrage déjà cité.
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Signalons encore que les préoccupations du Gouvernement ne portèrent pas seulement sur le remplacement dela monnaie commet instrument d’échange», mais aussi sur son remplacement comme « mesure de valeur ».
Une commission fut chargée d'étudier l’introduction d’une unité de compte stable, ayant sa base dans l'unité de travail employé. Elle n’aboutit à aucun résul-
tat positif.