CHAPITRE III
Toute personne qui travaille appartient à la classe des travailleurs dans le sens le plus général de ces mots, dès qu'elle se livre à un travail manuel plus ou moins considérable. Mais au sens restreint et technique qui est employé le plus souvent, le mot travailleur comprend seulement ces personnes qui vendent leur travail aux autres, par journée, par mois ou par année, ou travaillent à la pièce pour un salaire, et ne comprend pas les petits fermiers et les jardiniers, les mécaniciens et les manufacturiers qui travaillent pour eux-mêmes et vendent leurs produits mais pas leur travail. Le mot travailleur est donc presque restreint à ceux qui font un travail pour un salaire. Le mot classes laborieuses a une signification plus étendue, et comprend toutes les personnes qui font, soit un travail ordinaire ou mécanique pour un salaire ou pour elles-mêmes. Dans nos Etats du Nord et de l'Ouest, il y a un grand nombre de petits fermiers, et aussi de nombreux mécaniciens, qui travaillent pour eux-mêmes et font de petites affaires sans employer beaucoup de travail auxiliaire. Ces personnes appartiennent aux classes laborieuses, bien que généralement on ne les appelle pas des travailleurs.
Presque chaque chose est faite dans la Grande- Bretagne, sur une large échelle, par des capitalistes et des hommes d'affaires employant un grand nombre de travailleurs et de mécaniciens. Il y a, dans ce pays, très peu de petits fermiers, de petits industriels ou manufacturiers qui travaillent pour eux-mêmes. Le nombre de petits boutiquiers est beaucoup plus considérable; mais une grande majorité du peuple con-
siste en travailleurs, mécaniciens, serviteurs, qui vendent leur travail aux autres; appartiennent à strictement parler aux classes ouvrières et ont un intérêt à maintenir l'élévation des salaires ; tandis que leurs maîtres en ont un à leur abaissement. Il y a dans la Grande-Bretagne, de même que dans la plupart des pays anciens, un fort antagonisme entre les travailleurs et leurs maîtres. Ce même genre d'antagonisme commence à se montrer, bien que dans un degré limité, dans les districts manufacturiers et miniers des États-Unis et dans quelques-unes des villes commerciales, aussi bien que dans les districts producteurs de riz, de sucre, des Ëtats du Sud, et cela depuis l'abolition de l'esclavage.
Les ouvriers mécaniciens, manufacturiers, mineurs de la Grande-Bretagne, ont formé des sociétés, des coalitions étendues et des unions de métiers « trades unions », dans le but d'aider chacun d'eux, de se communiquer des renseignements, d'établir, d'élever, et de maintenir à hauteur les prix du travail. Plusieurs de ces organisations ont agi pendant longtemps, certaines d'entre elles pendant plus d'un demi-siècle. Elles ont suscité de nombreuses collisions pour élever les salaires, et ont recouru à la violence et au crime pour forcer les travailleurs à s'y soumettre; et, tandis qu'elles ont parfois produit du bien, en communiquant des informations, en aidant des personnes hors d'emploi et en procurant un taux convenable de salaires par les négociations avec les maîtres, elles ont souvent troublé l'industrie, et été la cause d'une somme de maux incalculables.
Les « trades unions » ont été organisées et les col-