‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 131 sur 211 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

SECTION XXI

DOUBLES ÉLECTIONS, ET INTERDICTION DES CONVENTIONS ÉLECTORALES ET DES CAUCUS.

Le nombre des offices électifs aux États-Unis est si grand et les patriotes prêts et anxieux de servir le pays dans une position officielle, est si considérable que la pratique de tenir des caucus de parti, et des conventions pour désigner les candidats à soutenir aux élections, est devenue générale, et a été développée en système. Les maux de ce système ont été montrés plus haut ; mais quelque grands et nombreux qu'ils puissent être le système ne saurait être détruit, dans l'état actuel des choses, jusqu'à ce qu'on lui ait trouvé un remplaçant. Ma proposition consiste à tenir de doubles élections ; la première serait tenue deux, trois ou quatre semaines avant la seconde, comme remplacement des caucus et des conventions. Afin de désigner par la voix des électeurs des deux partis les candidats à soutenir dans l'élection suivante.

Les électeurs devraient voter à la première comme à la seconde élection, de la manière indiquée dans la dernière section; les résultats de la première élection devant être traités comme un simple choix de candidats, et les électeurs devant dans la seconde être restreints à voter pour un certain nombre de personnes ayant le nombre le plus élevé de votes à la première élection — peut être le double du nombre pour lequel on est admis à voter avec un en plus — en sorte

que dans les districts ayant droit à trois membres, il peut y avoir cinq candidats légauxà la seconde élection ; chaque électeur ayant droit de voter pour deux d'entre eux ou de donner ses deux voix à un seul.

Exiger du comité électoral de chaque district, de réunir un nombre suffisant de bulletins imprimés et à distribuer lors des votes de la seconde édition, sur chacun desquels les noms de tous les candidats légaux seraient inscrits, dans l'ordre indiqué par le nombre des voix de chacun d'eux à la première élection, avec une indication convenable de la fonction pour laquelle ils sont candidats. L'électeur devrait alors avoir devant lui, pour les examiner les noms de tous les candidats et devrait rayer ceux pour lesquels il n'a pas dessein de voter, et laisser sur le bulletin sans les raturer les noms de ceux-là seulement pour lesquels il vote — ou s'il désire accumuler deux votes pour une personne il peut rayer tous les noms sauf un et ajouter en face de ce nom l'indication de deux votes.

Avant la première élection les noms de personnes convenables comme candidats seraient publiés dans les journaux, dans des brochures politiques, dans des listes à la main, leurs mérites seraient présentés au peuple afin qu'il les examine; et des meetings seraient tenus dans lesquels les mérites des personnes dont le nom a été proposé pour la candidature, seraient examinés et discutés, ainsi que les questions politiques du jour. Tout individu pourrait être a misa exprimer librement son choix quant aux candidatures; mais aucun vote n'aurait lieu pour doter-

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miner le choix de la majorité du meeting1 entre les candidats — ni pour pousser le meeting à soutenir quelqu'individu ou quelques individus comme candidats.

Après la première élection les mérites et les démérites des candidats élus seraient plus complètement évalués et présentés au peuple dans des meetings publics ; dans les journaux, dans des brochures politiques et des adresses imprimées.

Semblable méthode de procéder rendrait inutile l'usage des caucus de parti et des conventions, à l'effet de désigner des candidats; et ils pourraient convenablement être interdits. Elle obvierait également à la nécessité des comités de parti, pour rédiger et distribuer des bulletins; l'électeur serait délivré des secousses de parti et de l'influence illégale des chefs de partis et des politiques. Les rotes, émis à chaque élection, exprimeraient aussi exactement que possible, le choix spontané du peuple. Sous un semblable système, le gouvernement serait un gouvernement populaire, dans toute la force de ce terme. Il serait un gouvernement du peuple entier, manié au profit du peuple entier, tandis qu'il est maintenant simplement le gouvernement d'un parti politique, dirigé dans une forte proportion au profit des chefs de partis.

La représentation des minorités, le vote cumulatif et le système des doubles élections, ne sont pas dans une dépendance nécessaire l'un de l'autre, et l'un d'eux peut être adopté et agir parfaitement sans les autres; mais à trois, ils seraient la réforme et le remède les plus complets à nos maux politiques actuels.

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