CHAPITRE V
la gloire de notre nation. Mais si nous persévérons dans le système actuel de domination de parti, de lutte acharnée pour les fonctions publiques, et de cours descendant de prodigalité et de corruption, qui ont été croissants chez nous depuis l'acquisition du Texas, notre destinée comme nation est incertaine. Il semble certain que nous continuerons pendant un demi siècle à croître en nombre , en industrie, en commerce et en richesse, ainsi qu'en pouvoir national , mais si nous continuons à désirer plus de territoire, à chercher à saisir les États du Mexique, les Iles des Indes occidentales, et les provinces de l'Amérique anglaise, et à les acquérir l'une après l'autre à les incorporer dans l'Union comme États, avec des droits politiques égaux et une représentation égale avec celle des États primitifs, dans les deux chambres du Congrès , notre intérêt national deviendra si multiple et si incohérent, notre population si hétérogène; le caractère national et les sentiments, les aspirations et les opinions religieuses du peuple de différentes parties , si discordantes , les liens d'union si faibles ; la conception et la prodigalité si fortes et si audacieuses ; l'ambition de secte si rampante, que le Congrès américain deviendra une foule turbulente et si discordante, qu'il sera impossible de concilier les éléments de dispute et d'empêcher les flammes de l'insurrection et de la guerre civile de se faire jour. Elles pourront faire rage et dévaster des parties entières du pays, et éventuellement amener la division du territoire et du peuple qui s'y trouve en différentes nations , diverses selon leurs affinités de race et d'origine, de religion et de langage.
Ceux qui supposent que tout le Nord de l'Amérique et les îles des Antilles , ainsi que les populations diverses qui s'y trouvent, de races et d'origine différentes, parlant différentes langues, professant différentes croyances religieuses, et accoutumées à des institutions , des lois et des usages différents , peuvent être toutes unies d'une manière permanente sous un seul gouvernement fédéral, représentatif et républicain, oublient de considérer les faits de l'histoire ou les comprennent malheureusement fort mal.
Les assimiler pour former un seul caractère national pour tous serait chose impossible . Les influences de climat , si pas autre chose , préviendraient pareil résultat. Le peuple des zones torrides et tempérées et des latitudes élevées ne peut jamais vivre d'accord ou dans un rapport d'égalité avec un seul gouvernement républicain. Notre histoire montre que les descendants des cavaliers dans les Etats du Sud et ceux des puritains dans les États du Nord ne pouvaient pas s'assimiler de manière à former un caractère national homogène, bien que tous deux aient eu la même origine et la même histoire nationale, parlent la même langue, et professent dans l'essence la même religion. Les influences de climat empêchent l'assimilation.
Si les peuples de deux petits pays contigus, ou de deux parties du même pays, (comme la Hollande et la Belgique), ayant la même origine, et aucune différence radicale, sauf la langue et la religion, et celles qui ont été produites par ces différences de langage, de religion et de gouvernement, ne peuvent vivre ensemble sous un même gouvernement, et