CHAPITRE VI
nations civilisées, qui en font l'objet de payement pour les dettes. Comme toute autre chose, leur valeur, lorsqu'elle est mesurée par le travail ou d'après les produits du travail, a varié de beaucoup dans divers pays et a graduellement décliné depuis la découverte de l'Amérique et celle des mines si riches du Mexique et du Pérou. Quoique le travail et les produits ordinaires du travail varient plus rapidement et plus fréquemment que les métaux précieux, en prenant cependant de longues périodes de temps dans n'importe quelle contrée de l'Europe, comme sujet d'examen, le prix d'une journée de travail, d'un boisseau de froment, d'une livre de fer ou de cuivre, ont moins changé que l'or ou l'argent.
Avant la découverte de l'Amérique, une once d'or ou d'argent aurait généralement acheté en Europe près de trois fois autant de froment et de provisions ou d'autres produits du travail, qu'elle ne l'aurait fait en 1850 ; la valeur relative et le pouvoir d'acquisition de ces métaux n'a pas été déprécié de moins de 20 pour cent depuis la découverte des mines d'or de la Californie et de l'Australie, en sorte que 1 livre sterling en or aujourd'hui ne vaut pas plus, comme moyen d'achat, en Angleterre, en France ou en Allemagne que 16 shellings sterling en or il y a vingt ans.
La valeur de l'or comme de toute autre chose , dépend des rapports entre l'offre et la demande; l'offre a augmenté si rapidement pendant les derniers vingt ans, et est devenue si excessive par rapport aux besoins réels du monde commercial, qu'on
a vu se déprécier la valeur de l'or, au point d'exiger une once un quart d'or pour acheter autant de grain ou d'autres produits, qu'une once l'aurait fait en
Le papier-monnaie devient déprécié par la surabondance, par un approvisionnement excessif dépassant les besoins d'un commerce sain, par les mêmes causes qui déprécient la valeur de l'or, la valeur du travail , et tous les produits du travail , et lorsqu'il devient superflu, il engendre et stimule des spéculations malsaines en actions et biens de diverses espèces. Il peut aussi être déprécié par manque de sécurité et de confiance dans son rachat et son remboursement. Mais tel n'est pas le cas de notre circulation actuelle , fournie par le gouvernement et les banques nationales, reposant toute entière sur le crédit et le pouvoir du gouvernement, et sur les ressources et la richesse du pays , recevable en payement des impôts et de presque tout ce qui est dû au gouvernement, et rendu en grande partie par la loi , l'équivalent recevable dans les dettes entre particuliers.
On ne saurait nier que notre papier de circulation est déprécié, car trois dollars en or ont été vendus pour quatre dollars ou plus , en papier , le plus souvent depuis la fin de la guerre. La loi ayant rendu la majeure partie du papier l'équivalent légal dans la plupart des cas, la principale cause de sa dépréciation est la surabondance, la quantité excessive qui en a été émise. Le capital en bons du trésor , circulation de coupures et en billets de banque en circulation ou déposés dans les banques, s'élève