CHAPITRE VI
et les entreprises au point que notre pays (à l'exception des États rebelles) a été aussi prospère pendant les cinq dernières années que pendant aucune période quinquennale depuis l'organisation du gouvernement fédéral. L'extravagance et la prodigalité, la taxation excessive, les spéculations en capitaux et en or ont été les principaux obstacles tant à la prospérité individuelle qu'à la prospérité nationale. Nous avons joui comme peuple et comme nation du degré le plus élevé de prospérité, si nous faisons la comparaison avec différentes périodes de notre histoire, dans une paix profonde, alors que l'industrie, les affaires et la propriété du pays entier étaient terriblement déprimées. Ces périodes obscures étaient de 1784 à 1790, de 1818 à 1824, de mai 1837 à 1843, et pendant deux années écoulées, commençant en septembre 1857. Le lecteur devrait étudier l'histoire de ces périodes, et rechercher les causes qui ont produit un embarras si grand, si général et si prolongé dans notre pays.
Notre nouveau système de banque , avec tous ses avantages, est basé sur une vue nouvelle des pouvoirs du gouvernement fédéral et sur de nouvelles organisations constitutionnelles créées parle Congrès, mais non encore admises par la Cour suprême des Etats-Unis. Le rachat des émissions des banques est basé sur l'équivalence légale des bons du trésor , mais quelque motif qui puisse exister de regarder l'émission de billets d'équivalence légale comme violation de la Constitution, pour autant qu'on peut les considérer comme s'appliquant à des dettes contractées avant la publication de la loi qui les autorise ,
il ne saurait y avoir d'injustice, et je crois qu'il n'y a aucun bon motif de mettre en question le pouvoir du Congrès de les appliquer aux contrats faits subséquemment. Sans un pareil pouvoir les billets n'auraient eu que peu de valeur; ils n'auraient donné au gouvernement qu'une très faible assistance dans la poursuite de la guerre pour rétablir l'Union ; et la guerre aurait été un insuccès.
En votant l'acte sur les banques en février 1863, le gouvernement fédéral exerça un pouvoir qui avait été exercé par les Etats pendant trois quarts de siècle par quelques-uns à une certaine époque concurremment, mais d'une manière exclusive depuis les vingt-sept dernières années. La loi sur les banques est basée sur la théorie que la pratique en Angleterre et dans ce pays, avant 1787, faisait des billets de banque de la monnaie, aussi bien que des espèces, sur les prescriptions de la Constitution donnant au Congrès le pouvoir de battre monnaie et de régler sa valeur, et défendant aux Etats de le faire; d'émettre des billets de crédit, ou de faire de n'importe quelle autre chose que de l'or et de l'argent l'équivalent légal des dettes, mis en rapport avec le pouvoir donné au Congrès de régler le commerce dans les États, comprenait implicitement, et Ivi donnait Je pouvoir de régler, contrôler et émettre des banlnotes (billets de banque) comme de la monnaie et comme intermédiaire du commerce.
Il y a une grande force dans le raisonnement qui soutient cette théorie; car si les Etats peuvent accorder des chartes à des banques et peuvent les autoriser à émettie un chiffre illimité de papier-