‹ Le système du gouvernement américain, son caractère & ses effets, ses défauts, l'organisation des partis & leur influence, la prospérité du peuple soumis à sa protectionChapitre 203 sur 211 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

priétairesdu capital surabondant pouvant tenir pour convenable de l'employer de cette manière, pourvu que le total des billets de banque émis, dans chaque État, soit limité par la loi de manière que le chiffre total des États-Unis entiers ne soit pas augmenté.

Comme l'avarice n'a pas de limites, et que l'esprit de spéculation et le désir d'avoir de l'argent pour en faire usage, est très général dans notre pays, il n'y a en pratique aucune limite à la demande de l'extension graduelle et de l'augmentation de la circulation. La dépréciation à cet égard et l'accroissement des prix commence et marche pari passif, d'un pas égal, avec l'accroissement du volume de la circulation. L'accroissement lui-même, par sa nature propre et son influence sur le prix des produits, de la propriété et du travail, crée une demande accessoire de circulation, en sorte que l'accroissement de demande et l'usage de la circulation marchent la main dans la main avec l'accroissement d'approvisionnement, et ainsi l'esprit public est trompé et égaré. La banque et la circulation forment divers chapitres instructifs et sous certains rapports désastreux dans l'histoire de l'Amérique, et ce n'est pas le moins désastreux d'entre eux que forme l'histoire de la liberté des banques sous les lois des Etats. Les désastres du passé ne devraient pas être oubliés, ni omis ; mais il faut les tenir en vue comme un avertissement pour l'avenir. Si la circulation des banques nationales était jamais aussi bien assurée, et limitée quant à son taux de 75 cents par dollar de capital, le montant total de la circulation aux États-Unis serait pratiquement illimité, s'il n'y avait pas de limite

à l'établissement de nouvelles banques et à l'augmentation de leur capital, avec la jouissance du privilège égal pour toutes les banques d'émettre des billets.

Lorsque le Michigan fut admis dans l'union comme Etat, sa population active et spéculatrice, mais relativement inexpérimentée et son jeune gouverneur conçurent l'idée brillante d'enseigner au monde un nouveau système de liberté des banques. La législature de l'État publia une loi générale sur les banques en mars 1837, et une loi amendée en novembre de la même année.

Pendant les années 1837 et 1838, 49 associations de banques furent organisées avec des statuts, se mirent à opérer, contractèrent des dettes pour un chiffre de plus de 1 million de dollars, et toutes, sauf deux ou trois, tombèrent en faillite pendant l'année 1838; et toutes celles qui continuèrent les affaires après janvier 1839 tombèrent en faillite bientôt après. La législature en 1839 abrogea les lois par lesquelles elles étaient organisées et publia un acte pour les mettre en chancellerie (sous administration) réunir et distribuer leurs biens actifs par le moyen de receveurs. Avant 1838, le conseil législatif du territoire et la législature de l'État avaient octroyé charte à 16 banques avec deux branches qui se mirent à opérer avec un capital nominal de plus de 7 millions de dollars; toutes sauf une, firent finalement faillite et frustrèrent le public en chiffre total, probablement de deux fois autant que les banques organisées sous l'acte général des Banques, connues sous le nom de banques du Chat sauvage (wild Cat Banks).

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