CHAPITRE II
du parti aussi distinctement que possible. Ils conduisent les hommes à étudier le succès de leur parti, et leur propre succès rattaché à celui-ci, plutôt que les intérêts du pays ; à considérer chaque question au point de vue du parti; et à considérer principalement ses effets quant aux succès futurs de ce parti. Dans les corps législatifs, ils conduisent les chefs de parti à s'opposer comme par politique aux mesures de leurs adversaires si même elles sont bonnes ; plutôt que de prêter leur secours pour les améliorer et les perfectionner, de crainte qu'elles ne puissent assurer le succès futur de leurs adversaires.
Les organisations des partis sont devenues si fortes, et leur mécanisme si extensif, si étendu et si puissant, qu'ils dictent l'interprétation de la constitution, les credos et la foi politique du peuple, ainsi que les mesures directrices et la politique du gouvernement ; et contrôlent dans une forte mesure son action. Ils ont fait échec à la liberté d'enquête, à la liberté de penser et les ont amoindries, ainsi que la liberté de la parole et la liberté de la presse ; ils ont augmenté l'intensité et la violence de l'esprit de parti; engendré l'intolérance politique et la tyrannie et presque détruit toute liberté et indépendance de l'action officielle.
Les conventions de parti désignent et imposent souvent des hommes d'un caractère mauvais ou douteux, et les placent au même rang que ceux d'un caractère moral élevé ou d'une situation distinguée par le moyen de l'endossement du parti, le système tend à mettre tous les candidats au même niveau, l'inexpérimenté comme l'homme d'expérience; Fin-
capable et celui qui est doué de hautes capacités; le politique cauteleux et égoïste et l'homme honnête. Tous sont placés sur le même bulletin et recommandés comme dignes d'assistance. Par ces moyens, on donne un caractère factice à des hommes mauvais et sans mérite, et ils sont ainsi élus souvent à des fonctions très importantes; tandis qu'ils ne recueilleraient qu'un petit nombre de voix s'ils n'étaient présentés qu'isolément, sans l'appui d'un parti politique.
En donnant un résultat aux combinaisons et aux arrangements politiques, ils facilitent l'intrigue; tendent à multiplier les canditatures pour les positions officielles de tous les degrés, à produire un assaut méprisable des places , et aident à élever à des positions et au pouvoir des hommes distingués par leur force et leur dévotion au parti, qui sont des politiques adroits et éloquents, et souvent d'un caractère mauvais ou douteux, plutôt que des hommes bien pensant, d'un esprit sain, d'un caractère honorable. Le système tend à la proscription des hommes honnêtes et fermes, comme incapables d'être des instruments de parti et inutiles aux buts que poursuit le parti.
Le mécanisme et l'influence des organisations de parti tend à former et a diriger les opinions du peuple selon leur credo ; à former des politiques à l'esprit étroit et à. prévenir le développement de vues plus larges, d'un degré d'hommes d'état plus élevés, qui ne peut naître que de la liberté d'action, de la liberté de pensée et de délibérations parfaitement mûries. Ils ne sont pas compatibles avec la formation de