CHAPITRE II
contestés, dans le but d'accroître le pouvoir et l'ascendant du parti dominant.
8. La législation a souvent été employée par les chefs de parti comme moyen de spéculation.
La domination de parti a conduit à de grands abus dans la législation et le Congrès, aussi bien que dans les législatures des États afin de fournir de riches entreprises, des contrats et des chartes aux chefs de parti et aux. favoris. Assurer des subsides en terres et en obligations aux compagnies de chemins de fer, tel a été le moyen d'enrichir une grande portion des chefs et des hommes influents du parti dominant; et il y a lieu de croire que de grandes spéculations et une grande corruption ont été le résultat de pareilles concessions à la fois dans la direction des pouvoirs de la société et de la propriété qui était assurée.
Peut-être aucun parti dominant n'a-t-il jamais exercé le pouvoir avec plus de modération et de sagesse à son point de vue, que ne le fit le parti dominant à New- York, il y a trente à quarante ans d'ici, lorsqu'il était sous la direction**de ce que l'on appelait l'Albany Regency; et cependant le pouvoir législatif était souvent employé dans des buts de parti. Les banques étaient alors des monopoles ; les affaires de banque étaient faites par des corporations soumises à des lois spéciales du ressort de la législature; et les capitaux de banque étaient généralement de dix à vingt pour cent au-dessus du pair. La législature octroyait une charte à une, deux ou trois banques par année; nommait des hommes de parti comme commissaires pour recevoir des souscriptions pour
celles-ci et pour distribuer le capital ; les trois quarts ou plus de ce capital étaient usuellement assignés aux hommes du parti dominant, une forte proportion aux chefs de parti, comme récompense de leurs services envers le parti; les banques furent organisées, possédées, contrôlées et dirigées par des hommes qui appartenaient au parti dominant, et devinrent des instruments de pouvoir pour le parti aussi bien que de lucre. Lorsque l'argent était rare, les amis du parti étaient préférés aux adversaires politiques pour les avances; ce qui tendait à attirer et attirait en effet beaucoup d'affaires au parti par intérêt et prévenait l'activité des autres dans leur opposition au parti dominant. Les chartes de chemin de fer et les capitaux devinrent d'une manière analogue quoique, avec moins d'étendue , des instruments de pouvoir pour le parti et pour enrichir ses chefs. Il ne résulta pas de très grand mal de ce mode de tactique de parti et de cet usage du pouvoir législatif. Les banques , les voies ferrées et autres corporations, étaient aussi utiles au peuple de l'Etat que s'ils avaient été dans les mains du parti opposé; mais la tendance était corruptrice de sa nature. Plus de liberté aurait été accordée aux hommes d'affaires et aux emprunteurs, si les banques et le capital de banque de l'État avaient été plus également divisés entre les deux grands partis politiques du jour. Le vote de la loi générale sur les banques, par la législature de 1838, mit fin au monopole dans l'État de New-York, et aux spéculations sur les chartes et les capitaux de banque, ainsi qu'à leur usage comme engins de pouvoir pour le parti.