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IV

DUNS SCOT ET LE SCOTISME

lui appartient. » Cet enseignement est conforme de tout point à celui qu’Henri de Gand a inauguré et que Richard de Middleton a répété.

Conséquent avec le principe qu’il a posé, Duns Scot ne mettra pas en l’homme plus de formes substantielles qu'il n’est nécessaire ; il a été contraint de distinguer la corporéité de l’âme intelligente ; mais entre la corporéité et l’âme intelligente, il n’introduira pas *, comme les platoniciens, une âme végétative et une âme sensitive à titre de formes substantielles particulières ; comme Thomas d’Aquin, il admettra que ces deux âmes imparfaites sont virtuellement impliquées en l’ànie intelligente plus parfaite. « C’est, en effet, un principe général que si un effet peut être aussi bien produit par peu de causes que par beaucoup, on ne doit aucunement admettre cette multiplicité d’explications. Generale principium est qnod si aliquid potest æque betie fieri per pauciora sicnt per plura, nullo modo talis pluralitas debet poni. » Ici encore, il suit fidèlement l’exemple d’Henri de Gand.

Nous arrivons maintenant à ce qu’il y a, peut-être, de plus caractéristique en la Métaphysique de Duns Scot, à la théorie du principe d’individuation ; encore que certaines pensées de Saint Bonaventure ou de Roger Bacon aient pu suggérer telle ou telle proposition de cette théorie, elle n’en constitue pas moins, en son essence, une doctrine singulièrement originale 1 2.

Contre Averroès et Saint Thomas d’Aquin, et surtout contre leurs partisans plus modernes Godefroid de Fontaines et Gilles de Rome, Duns Scot établit avec grand soin3 4 que la matière, étendue et divisible suivant trois dimensions, ne saurait être la cause de la répartition d'une même forme en des individus divers; ce principe qu’admettaient, avec des nuances, tous les tenants du Péripatétisme ou du Néoplatonisme, il le rejette absolument pour lui substituer un principe tout différent.

A chacune des subdivisions que l’on peut établir dans l’être, le genre très général, le genre subordonné, l’espèce, correspond une certaine unité s ; le genre a l’unité générique parce qu’il ne peut

1. Johannis Duns Scoti Quæstiones disputatæ de rerum principio, quæst. XI, art. II.

2. C’est surtout au sujet de cette doctrine qu’ii convient de consulter l’ouvrage cité au début de ce § : P. Parthenius Minges, Der angebliche Reatismus des Duns Scotus.

3. Joannis Duns Scoti Scriptum Oxoniense, Lib. II, Dist. III, quæst. IV et V.

4. Joannis Duns Scoti Scriptum Oxoniense, Lib. II, Dist. III, quæst. VI.

LE PRINCIPE D’iNDIVlDUATION

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