IV
DUNS SCOT ET LE SCOTISME
entre les opinions, tort ditlérentes et, parfois, radicalement opposées, de ces deux maîtres; on ne peut, pour étudier le scotisme, faire abstraction de 1 influence qu’exerça Pierre Auriol.
Pierre Auriol 1 a été souvent confondu avec Pierre de Verberie; ces deux personnages n’ont rien de commun.
Auriol est certainement originaire de l’Aquitaine ; mais la tradition qui le fait naître à Toulouse ne se justifie par aucun document.
« En 1304, Auriol se trouvait à Paris 2, peut-être comme étudiant en 1 Université. C’est ce qu’il indique assez clairement luimême dans son traité intitulé Repercussorium... Rien n’empêche, en ce cas, de supposer que Pierre Auriol connut et fréquenta, dans 1 Université, le célèbre Jean Duns Scot, arrivé d’Angleterre, vers la fin de cette même année, pour conquérir le grade de bachelier en Théologie. Jean Scot y demeura jusqu’en 1308; Pierre Auriol eut le temps d’y suivre ses leçons. »
En 1314, notre franciscain professait à Toulouse dans le couvent des Mineurs ; un sermon qu’il donna le 8 décembre, dans la maison des Dominicains, le mit aux prises avec un de ceux-ci au sujet de l’immaculée conception de la Sainte Vierge.
En 1316, le chapitre général de l’ordre franciscain, tenu à Naples, désigna, pour commenter h Paris le livre des Sentences, Pierre Auriol, professeur à Toulouse. « Le 14 juillet 1318 3, Jean XXII avait ordonné au chancelier de l’église de Paris de conférer à Pierre Auriol la licence en Théologie. « Il s’est livré » jour et nuit, disait le pape, avec une telle ardeur à l’étude de » la Théologie, il y a fait de tels progrès, par la continuité du » travail et par l’exercice du professorat, qu’il s’est, croyons-nous,
» rendu digue d’enseigner en la Faculté de Théologie. » Le pape fut obéi; Pierre Auriol, qui d’abord n’avait expliqué les Sentences que dans le couvent des frères Mineurs, fut admis à professer dans l’Université même ; et c’est en qualité de maître et de régent en la Faculté de Théologie de Paris qu’avec trois autres religieux, il