IV
DUNS SCOT ET LE SCOTISME
que leur maître avait enseignées, trois disciples immédiats du Docteur Subtil : Antonio d’Andrès, Jean de Bassols et François de Meyronnes.
De la fidélité avec laquelle Antonio d’Andrès suivait ou voulait suivre la voie tracée par Scot, nous trouvons une preuve en la rédaction de ses Questions sur les livres des Sentences. Comme le remarque le premier éditeur de ces questions *, « elles constituent une sorte de compilation ou d’abrégé extrait des quatre livres de Jean de Duns Scot sur les Sentences. » Antonio d’Audrès a eu soin de traiter, sur chacune des distinctions, le même îombre de questions que le Scriptum Oxoniense, de les formuler comme elles le sont en cet ouvrage, et de composer ses discussions au moyen d'extraits à peu près textuels des discussions de Scot.
Ce pieux respect des paroles mêmes de Jean Duns Scot semble désigner Antonio d’Andrès comme un disciple immédiat du Docteur Subtil. C’est bien, d’ailleurs, ce que déclarait la tradition franciscaine; c’est ce que Luc Wadding admettait sans discussion *. Sbaraglia a révoqué en doute cette opinion ; « Je le nommerais plutôt, dit-il 1 2 3 4, Scotiste que disciple de Scot, et je le regarderais comme ayant fleuri vers la fin du xive siècle. Ce qui est certain, c’est que Barthélemy de Pise, qui écrivait en 1390, n’en fait pas mémoire. » Si l’on observe, toutefois, qu’ Antonio d’Andrès cite Pierre Auriol, en ses Sentences et en d’autres ouvrages tandis qu’il ne nomme aucun auteur plus récent, qu’il ne fait allusion à aucune opinion émise par un tel auteur, on sera porté à croire que l’ancienne tradition disait vrai et qu’Antonio d’Andrès écrivait vers 1320 ou 1330. C’est à cette date que la pensée de ce Scotiste trouve sa place naturelle; Jean le Chanoine va nous montrer que c’est bien à cette date qu’elle fut produite.
L’ouvrage le plus original d’xVntonio d’Audrès est un certain traité Des trois principes , De tribus principiis 5, où il étudie, à la
1. Ant. Andreae conventualis Franciscani, ex Aragoniae provincia ac Ioan-
nis Scoti Doctoris Subtilis discipuli celeberrimi. In quatuor Senteniiaram Libros opus longe absolulissimum : quod, cum diu latuerit : a F. Constantio A Sarnano eiusdem ordinis, è tenebris iam nunc vindicatum . felici auspicio pro¬
dit. Venetijs, Apud Damianum Zenarum. MDLXXV1II. Recto de l’Epître dédicatoire.
2. Scriptores Ordinis Minorum. Recensuit Fr. Lucas Waddingus. Editio novissima. Romæ, MCMVI ; pp. 23-24
3. Supplenientum ad Scriptores trium Ordinum S. Francisci. Opus posthumum Fr. Jo. Htacinthi Sbarai.eæ. Editio nova. Pars I, Romæ MC.V1VIII; p. 70.
4. Antonii Andreæ In quatuor Sentiarum libros opus. Prologus, quæst. IV; éd. cit., fol. 6, col. d, et fol. 7, col. a.
5. Voici la description de l’édition que nous avons consultée :
Le fol. 1 de cette édition, blanc au recto, porte au verso une épître dédica-
ANTONIO d’aNDRÈS