‹ Le système du monde (volume 2)Chapitre 388 sur 485 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

fait pour le premier principe, nous en choisirons seulement un très petit nombre; mais nous en garderons l’ordre ou, pour mieux, dire, le désordre.

« Selon ce principe, il pose 1 2 que le tout n est pas une chose autre que toutes les parties prises ensemble; car aucun des motifs énumérés ci-dessus* ne nous contraint, dit-il, à mettre une distinction entre le tout et toutes les parties.

» Selon ce principe, il pose 3 que l’essence et l’existence ne diffèrent réellement en aucune chose, mais qu’elles sont absolument identiques ; car, pour en admettre la distinction, on ne trouve aucune des nécessités susdites.

»» Selon ce principe, il pose 4 5 que l’on ne dit rien du tout lorsqu’on dit qu’une chose non-existante a une existence essentielle (esse essentiæ) et que les créatures ont, de toute éternité, ce mode d’existence... 1

» Selon le principe précédemment énoncé, il pose 6 7 qu il ne faut point admettre l’existence de rapports et d’indivisibles comme ceux que l’on est accoutumé d'admettre : tels les points, les lignes, les surfaces 6 ; à les admettre, en effet, ni 1 expérience ni l’autorité ne nous obligent...

» Selon ce principe, il pose 1 que rien n’est indivisible pour l’esprit, si ce n’est l’ange, l’âme intellectuelle, Dieu et autres êtres de cette sorte...

» Selon ce principe, il pose 8 que les puissances de l’âme ne diffèrent pas réellement de l’essence de cette âme, car à les regarder comme différentes, aucune méthode de distinction ne nous oblige...

» Selon ce principe, il pose 9 que l’intelligence active ne diffère pas de l’intelligence en puissance, car chacune d’elles est l’essence de l’âme ; il explique cette conclusion par un syllogisme : Cette essence [de l’âme] est intelligence active et cette essence de l àme est intelligence en puissance ; donc l’intelligence en puissance est l’intelligence active.

1. Op. laud., Cap. II, concluait) 5a; ms. c i t. , fol . 128, col. d.

2. La raison, l’expérience, l’autorité de l’Écriture, l’autorité de l’Église.

3. Op. laud., Cap. Il, conclusio 6»; ms. cit., fol. 128, col. d.

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