‹ Le système du monde (volume 4)Chapitre 12 sur 158 · Aristote, Traité du Ciel, livre IV, ch. III · texte numérisé non relu

Aristote, Traité du Ciel, livre IV, ch. III

LA PHYSIQUE PARISIENNE AU XIVe SIÈCLE

A la chute d’un grave, il assigne deux moteurs 1.

Le premier est seulement un moteur accidentel ; c’est la cause par laquelle fut jeté bas l’obstacle, le support, qui retenait le grave et l’empêchait de tomber (xi xi è^iîoB^ovra xal xtoXûovxa Xüaav, remouens prohibais).

Le second, qui est le véritable moteur, c'est l’agent qui a engendré la masse de terre que nous considérons et qui, en l’engendrant, lui a conféré la forme substantielle d’un corps grave (t; yevvîia-av xal ixorrjffav xoOfov y, [}apj).

Solution bien insuffisante du problème posé. A la chute d’un poids, le Philophe a prétendu assigner un moteur qui, non seulement, fût extérieur au poids, mais qui, en outre, fût sans cesse en action au cours de la chute. Assurément, s’il a satisfait à la première condition, il n’a point satisfait à la seconde. La cause qui supprime l’obstacle agit uniquement, nul n’en doute, à l’instant initial de la chute. Mais l’agent qui a produit le corps grave est-il en acte au cours de cette chute ? Pas le moins du monde ; il pourrait avoir cessé d’être depuis longtemps que le mouvement n’en aurait pas moins lieu.

Ce n’est donc pas une solution qu’Aristote a laissée à ses successeurs, mais un sujet de doute et de débats. Quelles réponses indécises et variables la question a reçue d’un Averroès, nous en avons déjà une idée ; tantôt nous l’avons entendu déclarer qu’en un grave qui tombe, la forme était le moteur et la matière le mobile ; tantôt que la forme, unie à la matière pour constituer le mobile, jouait, sous un autre rapport, le rôle de moteur ; il a émis d’autres suppositions plus étranges que nous retrouverons lorsque nous étudierons l’accélération de la chute des graves 2. Bornons-nous, pour le moment, à examiner les opinions qui ont préparé celle de Duns Scot.

Déterminer la cause de la chute des graves est un objet qui a grandement sollicité les efforts de Bacon, alors qu’il était simple maître ès-arts à l’Université de Paris. Le manuscrit conservé à la Bibliothèque municipale d’Amiens nous présente deux séries de questions sur la Physique d’Aristote ; dans la seconde série seule le VIIIe livre est commenté ; c’est dans ce commentaire qu’on rencontre une suite de questions consacrées au problème qui nous occupe 3. Voici les titres de ces questions ; nous y avons ajouté un numérotage qui facilitera les références.

1. Aristote, Physique, livre VIII, ch. IV. Traité du ciel, livre IV, ch. III.

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