‹ Le système du monde (volume 5)Chapitre 31 sur 176 · Jean de Bassols, loc. cit., fol. CCXI, col. b · texte numérisé non relu

Jean de Bassols, loc. cit., fol. CCXI, col. b

I 1 8 LA PHYSIQUE PARISIENNE AU XIV6 SIECLE

Dieu ; aucun agent naturel ne saurait produire un tel effet 1 : « L’accroissement d’une grandeur progresse ou peut progresser indéfiniment ; il en résulte qu’une grandeur infinie, tant en puissance qu’en acte, peut être donnée par la vertu divine, non par vertu naturelle ; si les forces naturelles interviennent seules, une borne est imposée à la grandeur et à son accroissement. »

L’argument direct que Jean de Bassols fait valoir à l'appui de sa thèse est toujours l’axiome d’Aristote : L’infini potentiel serait irréalisable si l’infini actuel l’était ; or l’infini potentiel ne peut être révoqué comme contradictoire lorsqu’il s’agit de grandeur continue ou de nombre ; toute grandeur continue, tout nombre peut toujours êtrè surpassé par une autre grandeur, par un autre nombre.

Mais à cet argument direct, Bassols adjoint des arguments indirects ; il s’attache à résoudre les contradictions qu’Aristote et les autres philosophes avaient cru découvrir en la supposition d’une grandeur infinie ou d url nombre infini actuellement existants ; il les résout, d’ailleurs, avec beaucoup de sagacité, mettant à nu le paralogisme qui fait presque toujours le fond de ces sortes d’objections.

Contre la grandeur infinie actuelle, par exemple, une foule d impossibilités prétendues sont tirées de la figure que l’on attribue au corps par lequel cette grandeur est réalisée ; l’existence nécessaire à une telle figure fournissait à Saint Thomas sa plus forte objection. Mais pourquoi, au corps infini, attribuer une figure ? « Il n’est nullement nécessaire 2, de nécessité absolue, qu’un corps soit terminé et qu’il ait une figure ; aussi un corps infini n’est-il d’aucune figure ; à moins que l’on n’aime mieux dire que sa figure est actuellement infinie comme sa grandeur ; mais, dans ce cas, il faut ajouter que la définition de la figure dont se tirent ces impossibilités ne convient qu’aux figures finies. »

Aristote a élevé contre l’infini actuel une objection tirée de l’impossibilité où I on est de lui attribuer des parties finies ; Jean de Bassols ruine cette objection par une remarque bien simple 3 : « L’infini a des parties [finies] qui n’en sont pas des parties aliquotes ; en prenant un nombre déterminé, quelconque d’ailleurs, de ces parties, il est toujours impossible de reproduire le tout. »

Un autre argument, qui est de tous les temps, est le suivant 4 :

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