‹ Le système du monde (volume 5)Chapitre 44 sur 176 · V. queritur ergo de toto universo utrum habeat locum · texte numérisé non relu

V. queritur ergo de toto universo utrum habeat locum

VI. queritur de orbibus planetarum et de loco istorum orbium, an habeant locum per se vel per accidens, scilicet planete.

« Tout corps mobile de mouvement local possède nécessairement un lieu 2 ; or le ciel est mobile de la sorte ; le ciel a donc un lieu. ))

Seulement, ce lieu du ciel ne sera pas un lieu proprement dit {per se) ; ce sera seulement un lieu par accident 3. Un corps qui, de soi (per se), se meut de mouvement local rectiligne, a besoin d'un lieu proprement dit ; mais il n’en est pas de même d’un corps qui se meut seulement de mouvement local circulaire ; un tel corps peut se contenter d’un lieu par accident. Entre ces mobiles, en effet, il y a une grande différence ; le corps mobile de mouvement rectiligne va d’un lieu à un autre ; au contraire, le mobile animé de mouvement de rotation ne change pas de lieu ; c’est pourquoi, comme nous l’allons voir, il n’a pas besoin d’un lieu proprement dit.

Étant admis que le ciel n’a pas de lieu proprement dit, qu’il est seulement eu un lieu par accident, il reste à préciser cette affirmation et à dire comment le ciel est logé par accident ; c’est à quoi Bacon consacre sa troisième question.

Il examine successivement trois théories, en commençant par celle qui lui plaît le moins pour finir par celle qu’il croit la meilleure.

La théorie qu’il présente tout d’abord 4, et donc qu’il réputé la moins satisfaisante, c’est celle de Thémistius : Le ciel est en un lieu par accident en ce que ses diverses parties ont un lieu proprement dit ( per se).

1. Bibliothèque municipale d’Amiens, ms. n° 4o6, fol. 46, col. d, à fol. 47, col, b.

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