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Boncompagni, Op. laud., pp. Go

'3. Magistri Gerardi Cremonensis Theorica planetarum emendata per Petrum Bonum Avogarium Ferrariensem Ferrariæ, per Andream de Francia Ferrariensem, MCCCCLXXJI — Id. op., Venetiis, per Adam de Rottueil, 1478 — Le même ouvrage, joint à la Sphœra de Joannes de Sacro-Bosco, a eu quatre éditions ; l’une de ces éditions ne porte aucune indication typographique ; Fini-

L’ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE

nomique , composé par un latin, qui doive retenir notre attention.

Ce n’est pas que cet ouvrage, très court d’ailleurs, ait par luimême une grande valeur scientifique ; il se borne à résumer ce que Ptolémée avait dit du mouvement des planètes, et la représentation qu’il en avait donnée au moyen des excentriques et des épicycles ; simplifié à l’excès, ce résumé n est pas exempt d inexactitudes qui devaient, au xve siècle, soulever les très vives critiques de Régiomontanus.

De cet ouvrage, nous ne citerons qu’un passage, celui qui est relatif à la précession des équinoxes. Aux divers écrits astronomiques que nous allons étudier, le chapitre relatif à la 'précession des équinoxes retiendra tout particulièrement notre attention ; il est, en effet, plus que tout autre, capable de nous donner des indications sur l’ordre chronologique dans lequel ces divers écrits se sont succédés ; les plus anciens connaissent seulement, au sujet de cette théorie astronomique, ce qu’en ont dit Ptolémée, Al Fergani et Al Battani ; d’autres, venus après ceux-là, connaissent le système auquel sont attachés les noms de Thâbit et d’Al Zarkali ; d’autres encore, que nous ne rencontrerons guère avant le début du xiv° siècle, sont instruits du système proposé par les astronomes d’Alphonse le Sage.

De tous ces passages relatifs à la précession des équinoxes, le plus archaïque paraît être celui que nous lisons en la Théorie des planètes de Gérard ; le voici :

« Notez que les auges des astres errants sont entraînés vers l’Orient de 7 degrés en 900 ans, et d’autant de degrés vers l’Occident dans les 900 années suivantes. En ce moment, nous sommes dans le premier mouvement, en sorte qu’un certain nombre de secondes sont ajoutées à l’année. Albatégnius prétend qu’ils se meuvent toujours vers l’Orient d’un degré en 60 ans et A mois. Mais Alfraganus dit qu’ils se meuvent toujours vers l’Orient d’un degré en 100 ans. »

Gérard décrit ensuite, d’une façon très sommaire, les opérations qui permettent de marquer sur le Zodiaque la position de l’auge ou apogée du Soleil, puis il poursuit en ces termes : « Albaté-

primeur anonyme est Florentius de Argentina ; les trois autres portent les indications typographiques suivantes : Bononiæ, per Dominicum de Lapis, ilÿ]’]. — Venetiis, per Franciscum Renner de Hailbrun, MCCCCLXXV1II. — Bononiæ, per Dominicum Fuscum Ariminensem, MCCCCLXXX. — Enfin, la Theorica planetarum de Gérard de Crémone est comprise en plusieurs collections de traités astronomiques qui sont décrites par les ouvrages suivants : Boncompagni, Delta vita e aelle opéré di Ghevardo Cremonese e di Gherardo da Sabbionetta, Roma, 1 85 1 . — Riccahdi, Biblioteca maternatica Italiana, parte prima,!, coll. 591-59;!; Modena, 1870.

LE TRIBUT DES AllABES

gnius a, dit-on, déterminé de la sorte de combien les auges des planètes se meuvent en un an, en un mois, en un jour ; il a dressé des tables relatives à ce mouvement. Il possédait un grand astrolabe qui mesurait trois coudées ou davantage ; maintes fois, nous l'avons eu entre les mains ».

Une première remarque mérite d’être faite au sujet de ce passage ; touchant les diverses hypothèses relatives à la précession des équinoxes, on s’attendrait à entendre citer le nom de Ptoléméc, dont Al Fergani a simplement reproduit l’évaluation ; seuls les noms d’Al Fergani et d’Al Battani sont prononcés, comme si Gérard eût composé sa Théorie des planètes avant de traduire l’ Almag este.

Cependant, il était déjà à Tolède lorsqu'il écrivit cet ouvrage, puisqu’il avait pu manier le grand astrolable d’Al Battani qui s’y trouvait, sans doute, précieusement conservé.

Ce fait, qui nous marque Tolède comme le lieu oii fut composée la Theorica planelarum, permet de rejeter une hypothèse qui a été émise au sujet de l’auteur de cet ouvrage.

Au xme siècle, Guido Bonati, nommant1 quelques-uns des savants qui furent ses contemporains (in tempore mco), cite un certain Girardus de Sabloneto Cremoncnsis.

Guido Bonati n’a pu regarder comme son contemporain le traducteur Gérard de Crémone, mort en 1187. 11 faut donc en conclure que le Crémonais Gérard de Sabbionctta est un personnage tout autre que ce traducteur.

Cette conclusion est fortifiée jusqu’à l’évidence par ce fait 2 qu’un manuscrit de la Bibliothèque Vaticane, le ms. n° 4083, contient des prédictions astrologiques faites par Gérard de Sabbionctta à Umberto, marquis Pellavicini, et que, de ces prédictions, deux furent données en 1255, une en 1258 et deux en 1259.

A partir du xvc siècle, cependant, de continuelles confusions s’établirent entre ces deux hommes ; constamment, on attribua à Gérard de Sabbionctta des traductions qui avaient assurément été faites à Tolède au xii° siècle, à Gérard de Crémone des écrits qui pouvaient avoir été composés au xuic siècle par son homonyme.

Pour démêler, ou mieux pour trancher ces complications, Tiraboschi proposa3 un moyen aussi simple que brutal ; il consistait à donner toutes les traductions au Gérard de Crémone du xue siè-

1. Guidonis Bonati Foroliviensis mathematici de asfronomia tractatus X. Pars II ; De nona domo cap. VI ; Basileæ, i55o; col. 335.

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