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L’ASTRONOMIE DES SÉCULIERS AU XIII* SIÈCLE

le préambule des Tables de Londres

Nous avons épuisé les rares documents astronomiques, relatifs au iiie siècle, qu'il nous ait été donné de recueillir. L’écrit que nous allons étudier maintenant nous introduit en plein treizième siècle, puisque nous serons amenés à lui attribuer 1232 comme date probable. En outre, ce n’est pas seulement dans le temps, c’est aussi dans l’espace que nous franchissons une grande distance ; la dernière œuvre, éérite par un astronome de profession, que nous ayons étudiée est le traité qui accompagnait les fables de Marseille ; nous allons analyser le préambule des Tables de Londres. A la vérité, les astronomes de ce temps ne redoutaient truère de franchir cette distance, puisqu’on cette même année 1232, nous verrons qu’un Anglais, Guillaume, professait, à Marseille, la Médecine et l’Astronomie.

Le petit écrit dont nous allons parler se trouve inséré, nous ne savons par quel hasard, dans une fort belle collection ’, conseivec à la Bibliothèque Nationale, et dont toutes les autres pièces concernent une œuvre que nous étudierons plus tard, celle de l’astronome génois Andalô di Negro.

Une main du xiv* siècle, qui n (“tait pas celle du copiste, a, éciit dans la marge supéi'ieure du premier feuillet de cet ouvrage .

i. Bibliothèque Nationale, fonds latin, ms. n« 727-?, fol. 60, col. a, il fol. 67, col. d.

L ASTRONOMIE LATINE AU MOYEN AGE

Iticipit spera Thebit. Que cette indication soit purement erronée, ce que nous allons dire le montrera de reste.

Le copiste lui-même a écrit le titre suivant : A lias trac/atus de spera. Liber seeundus. Ici encore, il semble bien que nous devions relever une erreur. Le traité que nous allons lire ne ressemble aucunement au second livre d'un ouvrage dont le premier livre ferait défaut ; il parait complet.

II se compose de cinq chapitres.

Le premier chapitre débute par cette phrase 1 :

« Mandas est imiter sitas rerum visibilium. eu jus cenlrum est terra , superficies vero est firmamentam ». Il est consacré à des considérations extrêmement élémentaires sur les quatre éléments et sur le mouvement des corps graves et légers.

Le deuxième chapitre, intitulé 2: De differentia celorum , commence par définir la substancee des cieux, substance que l’auteur nomme éther ou encore cinquième essence 3 ; ce dernier nom est une trace de l’influence que la Physique péripatéticienne commence à exercer ; aucun scolastique n’avait parlé, jusqu’alors, de cette essence céleste conçue par Aristote ; mais que cette trace est encore faible, et que cette influence est fugitive !

Cette essence céleste est divisée en neuf orbes ou sphères 4 ; un orbe est attribué à chacun des astres errants ; la huitième sphère est celle des étoiles fixes. « Par dessus toute celles-là, est une neuvième sphère que nous appelons le premier mobile ; c’est par suite du mouvement de cette sphère que sont mues toutes les sphères inférieures qu’elle contient. Ainsi dit-on qu’il existe neuf cieux mobiles.

» Il faut donc qu il existe un autre ciel immobile dont toutes les sphères inférieures reçoivent le mouvement et la puissance. Il est donc nécessaire que nous déclarions et que nous confessions un dixième ciel au-dessus du neuvième ; c'est en ce ciel que réside la gloire de Dieu ». Al appui de l’existence de cet Empyrée immobile, l’auteur cite divers textes de l’Écriture.

« Les étoiles ( stellæ ) sont ainsi nommées 5 de stando, car elles demeurent en leurs lieux, fixes, immobiles et arrêtées. Elles se meuvent toutefois avec toute la roue du firmament, comme des clous fichés en une roue, selon Aristote. Selon les astronomes,

x. Ms. cit., fol. 6o, col. a.

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