‹ Le système du mondeChapitre 4 sur 243 · STRABON · texte numérisé non relu

STRABON

Le Moyen Age a parfois attribué à Saint Augustin un écrit en trois livres intitulé : De mirabilibus Sacræ Scripturæ. Cet écrit, bien indigne du grand Évêque d’Hippone, est précédé d’un préambule où l’auteur, qui se nomme en effet Augustin, s’adresse 1 2 aux prêtres et évêques des villes et monastères « carthaginois ». Ce mot, dû certainement à quelque erreur de copiste, a fait prendre cet Augustin pour Saint Augustin.

Sa patrie est aisée à deviner. Lorsqu’il a occasion de discourir des îles, celle qu’il prend pour exemple, c'est l’Hibernie*. Assurément, nous avons affaire à quelque moine hibernais.

La date‘de son ouvrage ne peut faire l’objet d'aucun doute.

Le miracle de Josué l’amène à parler du cycle pascal établi par Denys le Petit3, Après avoir rappelé que la durée de chacun de ces cycles est de 532 ans, il déclare qu’il en fait commencer la révolution à la création du Monde. Dès lors, selon lui, « le dixième cycle a pris fin quatre-vingt-douze ans après la passion du Sauveur », soit en l’an 125 de J.-C. « Le onzième cycle... a couru jusqu’à notre époque ; en sa dernière année, est mort Manichée, savant entre tous les Hibernais. Quant au douzième cycle, il accomplit, en ce moment, sa troisième année — Et duodecimus nunc tertium annurn agens... ». Voilà donc l’ouvrage d’Augustin l’Hibernais daté de Lan 660 de J.-C.

Il n’est guère, en cet ouvrage, question d’Astronomie ni de Physique. Cependant, le déluge de Noé donne occasion à notre auteur de parler de ces sciences.

D’où sont venues 4 ces eaux du déluge que l’Écriture fait sortir des cataractes du ciel? Par ces cataractes, certains entendent sim-

1. Augustini De mirabilibus Sacræ Scripturæ libri très; proœmium [S. Aukeui Augustini Opéra , accurante Migne, t. IIï, pars altéra (, Patrologiæ latinœ t. XXXV), coll. 2i4o-2i5o].

2. Augustini Op. laud., lib. I, cap. VII; éd. cil., col 2i58.

3. Augustini Op. laud., lib. II, cap. IV ; éd. cit. , coll. 2175-2176.

f\. Augustini Op. laud., lib. I, cap. VI; éd. cit., col. 21.57.

l’initiation des BARBARES

pleurent les nuées génératrices de la pluie. « D’autres, au contraiie, pensent que ces cataractes étaient faites d’avance dans ce firmament suprême que Dieu avait créé au commencement pour séparer les eaux supérieures des eaux inférieures ; ces eaux que Dieu avait placées au-dessus du firmament, il les avait, disent-ils, préparées en vue de ce ministère... Ceux qui admettent que les eaux du firmament sont tombées au moment du déluge, pensent qu avant le déluge, il n’y avait pas de pluies dans le monde... Mais de cette recherche, quel résultat faut-il tenir pour certain ? Aux savants et aux catholiques d’y voir ».

Le retrait des eaux du déluge amène Augustin à parler de la marée. Voici ce qu’il écrit à ce sujet1 :

« La question qui nous occupe reparaît sans cesse à l’occasion des flux et des reflux quotidiens de l’Océan ; de même que nous ne savons d où vient cette inondation ni où elle se retire, de même ignorons-nous ce qu'a été le retrait du déluge.

» Cette inondation quotidienne, en effet, se produit toujours deux fois par jour de vingt-quatre heures; en outre, elle change, de semaine en semaine, par l’alternative de la morte eau {ledo) et de la vive-eau ( malina ). La morte-eau {ledo) a six heures de flot et même durée de jusant ; au contraire, une forte vive-eau (i malina ) bouillonne pendant cinq heures et, pendant sept heures, découvre le rivage.

» La vive-eau montre, avec la Lune, une concordance si parfaite qu’elle commence constamment trois jours et douze heures avant la naissance de la Lune ; elle dure encore, habituellement, trois jours et douze heures après l’instant de la naissance de la Lune. Elle commence de même trois jours et douze heures avant la pleine-lune, et un temps égal [après la pleine-lune] lui fait atteindre son terme. En chaque saison, printemps, été, automne, hiver, il y a six malina*, selon le calcul des lunaisons ; c’est-à-dire que chaque année commune en compte, en tout, vingt-quatre, à l’exception des années embolismiques qui en contiennent vingt-six.

» En chacune de ces saisons, les deux matines 2 des équinoxes et celles qui se produisent au moment où prend fin l’accroissement du jour ou celui de la nuit sont, habituellement, plus fortes que les autres et leur flux monte plus haut.

» A des intervalles de temps égaux, une ledo s’interpose toujours [entre deux malirue ].

» Mais où se retire ce flux qui se produit avec une persévérance

1. Augcstini üp. luud., lib. I, cap. VII ; éd. cit., col . 2159.

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