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Chiés = chefs, tètes

DUHEM — T. III

L’ ASTRONOMIE LATINE Atl MOYEN AGE

geste qu’ont donnés Al Fergani et Al Battani ? Non, sans doute ; car il n’est fait, ici, aucune allusion à l’excentricité du cercle qui porte le centre de l’épicycle ; or un lecteur de Ptolémée où de ses abréviateurs n’eût pu manquer de signaler cette excentricité. Il semble bien que l’Astrologue de Baudoin de Courtenay ait tiré de Chalcidius1 2 tout ce qu’il sait de la représentation du mouvement des planètes au moyen de l’épicycle.

Ce n’est pas que notre auteur n’ait, parfois, ouï parler des ‘doctrines ptoléméennes ; eut-il pu, en 1270, en être autrement ? Ainsi il emploie le mot auge, dont Al Fergani a introduit l’usage ; mais Al Fergani désigne par auge l’apogée de l’excentrique que parcourt le centre de l’épicycle ; notre astrologue, au contraire, entend par auge l’apogée même de la planète, le point où elle se trouve à la plus grande distance du centre de la terre, ce que Pline et ses lecteurs nommaient Y apside ; et comme le centre de l’épicycle est supposé mobile sur un cercle excentrique à la terre, la planète passe à Yauge lorsqu’elle atteint le plus haut point de son épicycle ; aussi cet épicycle est-il parfois nommé cercle de l’auge.

Tout ce que nous venons de dire apparaîtra clairement à la lecture du passage suivant* :

« Des sègne fiances des planètes selonc les divert movemenz.

»... Si devez savoir que lor sègnefiance qu’il ont sour les choses se diversefie selonc lor divers movemenz et selonc ce qu’il ont diverses manières de estât. Quar li planètes, si cum dist Albumaxar, est aucune foiz ascendenz el cercle de son auge, c’est-àdire que il monte en la summité, c’est el sourain3 leu, de son épicercle et de son brief cercle ; aucune foiz est descendantz en son brief cercles; aucune foiz li planètes est el méjan4 5 ceint* de son brief cercle ; aucune foiz est accreu en mouvement et en lumière et en grandor ; aucune foiz est d’ivel6 movement et d’ivel lumière et d’ivel grandor...

» Quant li planètes est ascendenz ou descendent en son auge.

» Li planètes est diz ascendanz en son auge quant il est en la

1. Chalcidii Cornmentarius in Timœurn Platonie, LXXVII ad LXXXII (Fragmenta Philosophorum grœcorum. Collegit F. G. Mullachius. Vol. II, Pariaiis. A. Firmiu Didot, 1867, pp. 199-201).

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