CRÉATION DES MÈTRES A BOUTS
Ces mètres furent généralement demandés assez tard, et c'est seulement le 2 3 février 1888 que le Comité international pria
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le Gouvernement français de faire procéder à leur construction ; et même il n'avait encore été demandé jusque-là que cinq de ces mètres : le sixième fut commandé par l'Autriche quelques mois plus tard.
Les règles furent encore demandées à la maison Johnson, Matthey et C'^; les conventions furent arrêtées par un traité signé en octobre 1888 et analogue à celui relatif à la fourniture des premières règles [voir p. 370).
L'analyse du métal, faite indépendamment par M. Troost et par M. Tornôe, donna les résultats suivants :
Troost. Tornoe.
Platine 89,764 89,880
Iridium 10,166 10,160
Ruthénium 0,048 0,000
Rhodium 0,014 traces
Fer traces traces
Perte 0,018 0,010
La densité, déterminée ensuite à Breteuil par M. Thiesen, fut trouvée de 2i,53o. Les règles satisfaisaient donc aux conditions du traité.
Des difficultés imprévues ayant empêché MM. Brunner de dresser les règles, ce travail fut fait au Conservatoire. Mais on ne procéda pas alors à l'achèvement de ces règles, parce que les faces terminales auraient pu souffrir dans les manipulations exigées par la détermination de la dilatation : suivant un programme arrêté déjà en 1889, on coupa les règles à la longueur de 104"'' environ, puis on traça deux traits distants de i''^ sur une face
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préalablement doucie au charbon et formant le fond d'une des rainures; c'est dans cet état que, le 17 et le 24 juin 1890, les six règles furent livrées provisoirement au Bureau central.
L'étude de la dilatation fut faite aussitôt par M. Guillaume, et les règles furent rendues au Conservatoire le 16 juillet et le 4 août 1890 pour être définitivement ajustées.
En 1872 la Commission internationale du Mètre (p. 3o3, résolution X) avait demandé que les extrémités des mètres à bouts fussent travaillées en surfaces sphériques de i'" de rayon. Mais
en 1887 le Comité international décida que « les deux faces terminales de ces règles seront planes, parallèles entre elles et normales à l'axe de la règle, au moins pour la partie centrale, sur un cercle de 2™°^ de rayon qui sera poli spéculairement avec toute la perfection possible (^) ».
Les extrémités furent donc travaillées ainsi, au moyen d'un outil spécial, qui exigea de longs tâtonnements et qui lui-même ne fut livré qu'en juillet 1892.
On comprend que dans ce minutieux travail d'ajustage il fallut faire de nombreuses comparaisons provisoires, qui furent fort longues; malgré cela ces étalons à bouts furent terminés par le Conservatoire dans les mois de septembre et octobre 1892; ils avaient été ajustés par M. G. Tresca.
La détermination des équations de ces étalons par le Bureau international exigea beaucoup de temps.
En 1887, le Comité international avait décidé que ces mètres
( * ) En même temps le Comité de'cida d'augmenter de S"™ à 4™™ au (moins l'épaisseur de la partie axiale, ce que donne la section de la fig. i5, p. 3o3.
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à bouts seraient comparés soit au prototype international, soit entre eux, uniquement par la méthode optique [voir p. 289) et à l'exclusion absolue de tout contact mécanique. La limite de tolérance restait d'ailleurs indéterminée.
Pour faire ces comparaisons, M. Benoît remplaça avantageusement les pointes employées jusque-là par un fil d'araignée, placé à quelques microns de la face terminale de la règle. Malgré cela, la précision se trouva cinq fois moindre (^) que celle obtenue dans la comparaison des mètres à traits, ce qui montre bien toute l'infériorité des étalons à bouts.
Bien plus, quand on fit quelques déterminations comparatives par la méthode des contacts, on trouva ainsi des longueurs plus petites que par la méthode optique.
Après quelques hésitations, le Comité sanctionna cependant, en 1894, les équations obtenues par la méthode optique et procéda à la distribution.
Le Tableau suivant donne ces équations et indique comment le sort distribua les règles :
I irr I -t- 10,4 -f- 8,638T + 0,00 100 T' est échu à l'Autriche. II = I — 4,0 -h 8,653T + OjOoiooT- » hldi Russie.
III = I — 24,5 H- 8,642 T + 0,00 100 T^ » k\a Bavière.
IV = I -I- 0,7 + 8,G47T H- o,ooiooT- » a. VAllemagne.
V = I -h 5,0 + 8,G45T -i- o,ooiooT- » au Bureau internat"^ .
VI = I -h 9,7 ~h 8,632 T + OjOoiooT- » à la Grande-Bretagne.
On continua cependant Tétude comparée de la méthode optique et de la méthode des contacts, sur des règles à bouts bien plans
C) Pour les prototypes à traits, l'erreur probable d'une comparaison fut trouvée de ± o;a, 12 (f^ série) ou de ±ol*, 1 1 (2^ série), tandis que le même mode de calcul appliqué à la comparaison des étalons à bouts conduit à une erreur probable de ±01^,57.
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et polis. Cette fois la méthode des contacts conduisit à des longueurs plus grandes que celles données par la méthode optique ; et la différence montait à 3f^',5: elle était donc bien supérieure à celle que laissaient prévoir les erreurs probables de chaque méthode. Au premier abord, ce désaccord fut attribué surtout à la méthode des contacts, qui semble moins directe, plus compliquée, plus susceptible de conduire à des erreurs systématiques. Il n'en était rien, cependant, car en appliquant de nouveau la méthode optique, mais avec des objectifs différents, d'ouverture beaucoup plus grande, on trouva cette fois pour les mêmes règles une longueur supérieure de 3f^, 5 à celle obtenue d'abord avec les premiers objectifs, et par suite identique à celle fournie par la méthode des contacts. D'ailleurs, toutes les vérifications, de natures diverses, qui furent tentées, donnèrent tort aux résultats obtenus par la méthode optique, beaucoup plus délicate et plus difficile qu'il ne semble au premier abord.
Voici le texte du certificat qui accompagne chacun de ces
mètres (E97, p, 147) :
Comité international des Poids et Mesures. CERTIFICAT
DU