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avaient donné la certitude que les lo millionièmes parties de cet arc du méridien du pôle à l'équateur, donnaient une longueur de 3pie.is I clignes q[ quelqucs fractious de ligne. L'assurance qu'il ne pouvait y avoir à cet égard qu'une différence presque insensible, et l'empressement de faire jouir la nation française de la précieuse uniformité que l'on cherchait à établir dans les poids et mesures, déterminèrent la Convention Nationale à fixer provisoirement, par la loi du i^*" août 1793, la longueur du mètre à Sp^'-''^^ i iiig"es et Y^Q. Les opérations faites depuis, par des savans chargés de ce travail, les citoyens Méchain et Delambre, qui y ont apporté des soins et une précision véritablement dignes de notre reconnaissance et de notre admiration, ont prouvé que le mètre véritable n'était que de yHq ^^ ligne plus court que le mètre déclaré provisoire.
» Cette différence serait insensible ou pour mieux-dire nulle, dans les niesures d'usage; puisqu'en ayant égard à la différence des températures auxquelles on a rapporté le mètre provisoire et le mètre définitif, le premier n'excède la longueur de l'autre que de ^ de ligne par mètre, ce qui ne donne que 8 lignes environ sur 100 aulnes d'ancienne mesure. Mais dans une opération aussi grande, aussi importante, et dont la République française offre le résultat à la civilisation de tous les peuples de l'univers et des générations futures, les à-peu-près ne peuvent convenir; et les savans qui l'ont entreprise croiraient que la moindre erreur lui ôterait la partie essentielle de son mérite, qui doit consister dans une précision et une exactitude aussi grande que les moyens de l'humanité peuvent le comporter.
» C'est la rectification de cette erreur, légère à la vérité mais importante néanmoins, par cela seul que c'est une erreur, et la
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fixation définitive, tant du mètre que du kilogramme, ou poids de lOûo»"" qui en dérive, qui sont l'objet du message que la Commission consulaire vous a adressé, le 4 de ce mois. Les consuls de la République vous proposent encore d'ordonner qu'il sera frappé une médaille pour transmettre à la postérité l'opération qui a servi de base à cette fixation.
» La section de législation, à laquelle vous avez renvoyé ce message, a pensé que vous vous empresseriez de répondre à cette double invitation.
» Vous croirez, sans doute, que dans une opération où l'on a pris la nature pour base, pn doit scrupuleusement imiter son exacte et immuable précision ; et ce sera pour vous une satisfaction bien douce de vous associer, autant qu'il est en vous, à la gloire de cette grande et utile entreprise, en ordonnant d'en transmettre le souvenir à la postérité, de la manière la plus durable que les hommes aient pu inventer.
» L'Institut national des Sciences et Arts a fourni un projet simple et parlant de la médaille qui doit être frappée pour cet objet; nous ne nous permettrons pas d'y proposer le plus léger changement.
» Combien la mémoire de ce bienfait envers les hommes de toutes les nations et de tous les tems est digne d'honorer la nation française! Combien cette médaille sera plus précieuse aux yeux des sages, que toutes celles que les divers conquérans qui ont désolé la terre, çnt fait frapper au milieu des ruines qu'ils avaient entassées et des cris plaintifs de l'Humanité.
» Vous prouverez encore par là, citoyens représentans, 'combien vous avez à cœur de conserver tout ce que notre régénération politique peut offrir de grand et d'utile au genre humain;
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et vous fermerez ainsi la bouche à ces incorrigibles ennemis de notre liberté, qui, s'appropriant la victoire que vous venez de remporter sur le brigandage et la démagogie, veulent déjà persuader aux hommes simples que toutes les institutions républicaines vont être entièrement abolies, que les anciens usages vont incessamment reparaître comme le prélude sans doute d'un ^ retour complet à l'ancien régime^ objet de tous leurs vœux et celui de toute notre horreur.
» Voici le projet de résolution »
Ce projet, soumis à la Commission législative intermédiaire du Conseil des Anciens, fut rejeté à cause de ses « imperfections » et revint ainsi aux Cinq-Cents. Au nom de la même section de législation, dans la séance du 18 frimaire, Chollet lut une nouvelle rédaction, qui fut approuvée, et que les Anciens approuvèrent à leur tour le lendemain : elle est devenue ainsi la loi du 19 frimaire an VIII, dont voici le texte:
. « Article premier. — La fixation provisoire de la longueur du mètre à 3pie.is I l'isneSj^^. centièmes, ordonnée par les lois du i^"" août 1793 et 18 germinal an III, demeure révoquée et comme non avenue. La dite longueur formant la dix-millionième partie de l'arc méridien terrestre, compris entre le pôle Nord et l'équateur, est définitivement fixée, dans son rapport avec les anciennes mesures, à Si*'"'' 1 1 ''-•"', 296 millièmes.
» Art. 2. — Le mètre et le kilogramme en platine déposés le 4 messidor dernier au Corps Législatif par l'Institut national des Sciences et des Arts, sont les étalons définitifs des mesures de longueur et de poids dans toute la République; il en sera remis à la Commission consulaire des copies exactes, pour servir à diriger la confection des nouvelles mesures et des nouveaux poids.
» Art. 3. — Les autres dispositions de la loi du 18 germinal an III concernant tout ce qui est relatif au système métrique, ainsi qu'à la nomen-
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clature et à la confection des nouveaux poids et des nouvelles mesures, continueront à être observées.
» Art 4. — Il sera fabriqué une médaille pour transmettre à la postérité répoque à laquelle le système métrique a été porté à sa perfection, et l'opération qui lui sert de base.
» L'inscription du côté principal de la médaille sera : A tous les tems, à tous les peuples; et dans l'exergue: République française, an VIII.
» Les consuls de la République sont chargés de régler les autres accessoires. »
On voit que tandis que la loi du 18 germinal an III reconnaît un seul étalon, celui du mètre, et se borne à définir l'unité de poids sans en consacrer une représentation matérielle, la loi du 19 frimaire an VIII reconnaît deux étalons, celui du mètre et celui du kilogramme, sans d'ailleurs se préoccuper de la précision avec laquelle ce d2rnier répond à sa définition théorique.
Dans le rapport fait par Trallès à la Commission des Poids et Mesures, le 1 1 prairial an VII, sur l'unité de poids, il est dit (^) : « Le vrai kilogramme, ou le décimètre cubique d'eau distillée au maximum de densité, pèse 18827-1'^^'^^, i5 dans le vide « : la loi de l'an VIII a omis cette dernière condition et l'oubli n'a été réparé que dans la loi de 1837.
DÉPÔT DES DOCUMENTS A l'oBSERVATOIRE DE PARIS.
On a vu (p. 9), que Prieur avait d'abord proposé de prendre comme unité la longueur du pendule qui bat la seconde à l'Observatoire de Paris. Plus tard, après la fondation du Bureau des Longitudes, il voulut faire déposer au même Observatoire « l'éta-
( ' ) Base du Système métrique, t. III, p. 57g.