ETALON PROVISOIRE DU KILOGRAMME
La Commission chargée de faire une copie du kilogramme des Archives comprenait J.-B. Dumas, l'amiral Mouchez et H. De-
(') Ces comparateurs et leur installation, longuement étudiés par la Section française, n'ont jamais été décrits en détail. Une description succincte en est donnée dans le Rapport sur la détermination de cet étalon provisoire Ij. Divers détails sont dispersés dans les publications de la Section française, dans un Mémoire déjà cité de M. Bosscha (voir p. 345, note I ), mais nulle part on ne trouve les figures indispensables.
(") Un premier calcul avait donné l2 = A + 6l*, i3 : c'est la valeur communiquée en 1889 à la Conférence générale.
(') Ce résultat fondamental, point de départ des équations admises pour tous les nouveaux prototypes du mètre, fut vivement attaqué par M. Bosscha; il regrette que, sur cinq séries de comparaisons, la première (faite avant l'emploi de la méthode, de M. Cornu pour la mise au point), ait été rejetée, et surtout que l'on n'ait pas fait un plus grand nombre d'observations près de la température de 0° . Sa conclusion est que l'équation du mètre Ij n'a pas été déterminée avec la haute précision que comporte l'état de conservation du mètre des Archives, et que cette équation est réellement
I, = A + 3^4 F'oir J. Bosscha, Les équations des nouvelles copies du mètre des uàrchives {Extrait des Archiv. néerlandaises, t. XXV, p. io5-i26); — Comptes rendus, deuxNotes, t. CXllI, p. 344-346, et t. CXIV, p. 950-953. La première de ces Notes fut réfutée par M. Fœrster, au nom du Comité international, dans les Comptes rendus, t. CXIII, p. 413-414.
366 Chapitre XXXf.
ville, délégués de la Section française, avec Broch et Stas, délégués du Comité international. ( Voir les résultats ses travaux dans T. et M., t. IV, p. n'/et suiv.)
Les comparaisons portèrent principalement sur trois cylindres de platine iridié pur à lo pour loo d'iridium, qui formèrent les kilogrammes K I, K II, K III. Ces cylindres, amenés à leur maximum de densité par une frappe énergique, furent fournis par la maison Matthey au printemps de 1879. La pureté de la matière avait été constatée par des analyses séparées de H. Deville et Stas; sa densité définitive, déterminée par des pesées hydrostatiques faites à l'École Normale, fut trouvée de 21, 5 5.
Les cylindres furent travaillés par A. CoUot, qui avait aussi construit ad hoc la balance employée pour les pesées et qui appartient à l'École Normale; mais les comparaisons furent faites à l'Observatoire, dans la partie nord de la grande salle de la méridienne (aménagée à cet effet, au printemps de 1880), durant les mois de juin, juillet, septembre et octobre 1880.
Les cylindres furent d'abord ajustés sur le kilogramme de l'Observatoire, en leur laissant un petit excédent de poids; pour le seul kilogramme KIII il fallut procéder à un second ajustement.
Le kilogramme des Archives fut apporté à l'Observatoire et l'on procéda aux comparaisons, qui furent faites aussi sur les
kilogramme? de l'Observatoire, du Conservatoire et sur un kilogramme étalon de la Belgique.
Voici le Tableau des équations ainsi obtenues (T. et M., t. IV, p. 25 ), rapportées au kilogramme KIII, dont le volume à 0° fut trouvé de 46"'', 40052 (A désigne l'incertitude dans laquelle on est sur le volume de l'étalon correspondant) :
Construction des étalons définitifs. 36-j
Volume à o"
Kilogrammes. en millilitres. Equations.
ml mg
Archives A 48,6712 A = III d= 0,010
International Kl 46,3975 I — m + o, 146 =h o,oo3 n- r ,2 i6 AI
» KII 46,3968 11 = 111 + 0,33 ±o,040H- r,i85 AU
De l'Observatoire O. . . 48,5335 O = III — 0,094 ± 0,018 + i ,200 AO
Du Conservatoire C. 52,0754
C'=IIl4-i,7i =to,o2 +i,i8iAC'(') C' = 111+1,19 rhooi, + [,193 AC'(^') De la Belgique Bl 47,1623 Bl = III — 3,o35 ±; o,oi3 + i , 180 ABl.
Le volume exact du kilogramme K III fut déterminé directement par pesée hydrostatique; les observations faites montrèrent que son poids n'avait subi aucun changement par suite de son immersion dans l'eau.
Relativement à ce kilogramme, la Commission mixte conclut qu'on peut déclarer « avec toute certitude que le kilogramme K 1 1 1 et le kilogramme des Archives de France coïncident, quant au poids dans le vide, dans la limite de l'incertitude dans laquelle on se trouve sur le volume du kilogramme des Archives ».
Ce kilogramme KIII et le mètre I2 furent remis officiellement, en présence du Ministre, au Comité international, le 26 avril 1882; et le procès-verbal de remise fut inséré au Journal officiel du 3o avril.
Dans sa session suivante, le Comité décida que, jusqu'à Tépoque du sanctionnement définitif des nouveaux prototypes, pour les travaux du Bureau international, on adopterait :
Comme unité de longueur : I2 — 6H-;
(*) Avant le nettoyage. (*) Jprès le nettoyage.
368 Chapitre XXXI.
Comme unité de poids, le poids de K III.
Et la Section française fut invitée à partir de ces valeurs pour le tracé des mètres et pour l'ajustage des kilogrammes.
L'année suivante, le Comité adopta même définitivement le kilogramme KIII comme prototype international, en votant unanimement la résolution suivante, fortement motivée :
« Le kilogramme KIII, dont V équation par rapport au prototype des Archives a été déterminée égale à :{éro par la Commissio?! mixte, est choisi pour prototype international du kilogramme. »
Depuis lors, ce kilogramme K II I est désigné par le symbole ^ ; de même, l'étalon international du mètre, choisi plus tard, est habituellement désigné par iîT. Ce kilogramme ^ ne porte aucune marque.
Pendant que l'on exécutait ces copies, les États contractants avaient fait connaître le nombre et la nature des étalons qu'ils désiraient. Le Tableau suivant résume les demandes reçues :
1° au commencement de 1882,
2^ à l'époque de la distribution, en 1889.
Construction des étalons définitifs.
Allemagne
Bavière
Autriche
Hongrie
Belgique
Danemark
Espagne
Etats-Unis d'Amérique...,
France
Italie
Portugal
Russie
Académie des Sciences de
Saint-Pétersbourg
Serbie
Suède
Norvège
Suisse. . .
Bureau international des
Poids et Mesures
Angleterre
Japon
Observatoire de Bruxelles.