Chapitre premier
sixièmes. . . . Ces subdivisions étaient d'ailleurs très défectueuses ( ' )'.
Poids. — L'étalon de poids était conservé à l'Hôtel des Monnaies ('), et se trouve aujourd'hui au Conservatoire des Arts et Métiers. C'est une série de poids à godet, rentrant les uns dans les autres, pesant au total 5o marcs (25 livres) (*) et formant ce qu'on appelle la pile de Charlemagne (*). Les poids qui s'y rapportaient étaient dits poids de marc, ^
On avait étalonné sur cette pile les poids déposés dans tous les Hôtels des Monnaies, de sorte que le poids de marc était connu dans toute la France où il servait, pour ainsi dire, de poids universel. C'est aussi sur la pile de Charlemagne qu'on avait étalonné les p)oids déposés au Châtelet et ceux dont la garde était confiée conjointement aux Apothicaires et aux Épiciers : ces corporations avaient le droit de visiter, deux ou trois fois par an, les poids et les balances de tous les marchands et artisans de Paris.
WoLvtiES, Mesures pour les liquides. — L'étalon, conservé à l'Hôtel de Ville, était confié à la garde'du Prévôt des Marchands et des Echevins.
{*) Nist. de l'.Icad. pour 1746, Hist.^ p. iir,el Jfém.y p. 609 cl suiv. Rapport de Hellot et Camus.
(*) Ce poids de marc original était gardé là « sous trois clefs, dont l'une est entre les mains du Premier- Président de cette Cour (des Monnaies), l'autre en celles du Conseiller, commis à l'instruciion et jugemens des monnoies, et la troisième entre les mains du Greffier. » {I'avctoVj Métrologie, p. ^g.)
(*) La livre contenait 2 marcs ou demi-livres, 4 quarterons, 8 demi-quarterons, 16 onces, 32 demi-onces. 128 gros ou drachmes, 384 deniers ou scrupules, 9216 grains.
(*) Au siècle dernier, on regardait comme constant que cette pile était contemporaine de Charlemagne ( Uist. de l'Acad. pour 17 {.6, llist. p. m ). — Vau Swindcn (Base du sys" tème métrique, t. III, p. 639 ) dit qu'on la fait remonter au xiv* siècle, et qu'elle est faite avec un soin et une exactitude qu'on ne s'attendrait pas à rencontrer dans un monument de ce genre et aussi' ancien.
Les précurseurs de la réforme des Poids et Mesures.
Mesures pour les grains, les matières sèches. — Les étalons étaient conservés par les soins des Jurés- Mesureurs du sel, qui, pour la garde de ce dépôt, avaient une chambre à l'Hôtel de Ville. D'abord ces mesures étaient différentes selon qu*il s'agissait de blé, d'avoine, de sel, de charbon, etc. Mais peu à peu des ordonnances diminuèrent cette diversité. Les Jurés -Mesureurs pour le sel étaient chargés de Tétalonnage des mesures dont ils conservaient les étalons^ et de leur vérification chez les marchands qui les employaient.
Cesl en vain que quelques rois, tels que Charles le Chauve (864), tentèrent de réagir contre la diversité des poids et mesures. Louis le Hutin (iSojl ne put ressaisir au profit de la couronne le droit exclusif de battre monnaie; et son successeur, Philippe le Long, n'y parvint qu'en rachetant ce droit aux seigneurs : c'est depuis lors qu'il n'y eut plus en France qu'une seule monnaie.
Quant aux mesures de longueur, etc., Philippe le Bel, Philippe le Long, Louis XI, François I",.. tentèrent de faire adopter dans toute la France celles qui étaient en usage à Paris, mais ils ne purent y parvenir, non plus que Henri H : celui-ci, à la demande des Etats Généraux de i558, ordonna la réduction des poids et mesures du royaume à ceux de la capitale, mais ce fut en vain : les esprits n'étaient pas encore préparés à accepter cette grande réforme (*).
D'ailleurs, les mesures de Paris, qu'il s'agissait d'imposer à tous, n'ofiFraient aucun caractère qui justifiât réellement un tel privilège. Et Ton pouvait objecter que l'usure des étalons ferait
(* J Le parlement de Paris, en enregistrant ledit de Henri II, se réserva de mettre sous les yeux du roi les plaintes que pourraient occasionner les changements de mesures.