DÉCLARATION
PRÉSENTÉB A M. LR MINISTRE DE l'aGRICULTURB ET DU COMMERCE,
LE 28 FÉVRIER iSjb .
ff La Section française de la Commission internationale du mètre, après un examen scientifique des propriétés physiques et chimiques des règles exécutées, fait la déclaration suivante :
(M Aioutons que plus d'une année après, en juillet 1876, Pcligot n'acceptait pas la responsabilité de préparer même un échantillon d'iridium pur; et que du platine pur préparé par lui n'avait que 21,07 de densité.
^42 Chapitre XXIX,
» Les règles construites pour la Commission du mètre sont d'une homogénéité physique et chimique qui ne laisse rien à désirer.
» Leur forme répond géométriquement au profil adopté.
» Leur rigidité est précisément celle qui avait été prévue.
u En ce qui concerne la composition chimique, les procédés d'analyse ne pouvant encore fournir avec certitude celle d'un alliage de cette nature, il a été nécessaire de recourir à Tétude des propriétés physiques de cet alliage pour acquérir des données précises sur les proportions du ruthénium et du fer dont la présence y avait été signalée.
» La proportion du fer a été directement déterminée par des expériences sur l'action magnétique des alliages de platine. Exécutées par M. E. Becquerel, elles ont démontré que les règles renferment la même proportion de fer que le platine avec lequel l'alliage a été formé, et dont l'action est seulement double de celle du platine chimiquement pur, préparé par M. Deville pour Tétude des propriétés de ce métal à Tétat de pureté. La proportion du fer dans les règles est, dans ces limites, pour ainsi dire inévitable et ne dépasse pas 3 millièmes et demi. Ce fer provient du platine primitif.
» Le ruthénium, s'il en existe, provient deTiridium qui a été fondu avec te platine. L'étude à laquelle M. Fizeau s'est livré sur la recherche des coefficients de dilatation des alliages de platine et de celui du métal des règles démontre que la proportion du ruthénium, dans ces règles, ne peut être supérieure à 4 millièmes. La présence de ce métal, qui accompagne toujours l'iridium et qui a été confondu avec lui jusque dans ces derniers temps, notamment en 1872, n'aurait nui en rien à la qualité des règles si même la proportion en était notablement plus grande.
» Le platine et l'iridium se trouvent dans le métal des, règles dans le rapport prescrit par la Commission.
> En conséquence, ces deux métaux en représentent le poids total à moins d'un centième près, ce qui montre combien on a pu rester au-dessous de la tolérance de 2 pour 100 qui avait été accordée.
» Ces indications ont été vérifiées par des expériences de synthèse. La composition qui vient d'être indiquée correspond exactement à la densité et au coefficient de dilatation des règles.
9 Leur densité est 21,1 5, qui est celle indiquée à la Commission en
» Le coefficient de dilatation, 875.68 à 40*, correspond avec Pexactitude
Travaux de lay^Section française , iSyS-iRKo. 343
]a plus satisfaisanie au Coefficient de la règle de Borda à la même température. Dans Topinion de la Commission, ce caractère principal était celui qu'il était le plus important de réaliser.
» Le recuit des règles ne modifie pas leur coefficient de dilatation.
o Le métal refondu conserve ses mêmes caractères.
» En résumé, les règles construites sont absolument inaltérables et répondent, aussi exactement qu'il était permis de l'espérer, aux conditions posées par la Commission internationale. »
» Paris, le 37 février 1875. »
Dès lors les travaux de la Section française furent stérilisés à peu près complètement par la scission qui venait de se produire, et les discussions qui en furent la suite remplissent en grande partie ses procès-verbaux de la période suivante.
Déjà, en octobre 1874, le Comité permanent avait eu connaissance des doutes qui s'étaient élevés au sujet de la composition des règles.
Le Comité international qui, en quelque sorte, le remplaça, informa la Section française (avril 1875) que le Bureau international, où devaient se faire les comparaisons et les vérifications des prototypes, ne pourrait être installé avant le printemps de 1877, et qu'en conséquence on pouvait disposer « de tout le temps nécessaire pour l'étude approfondie de la matière des prototypes, au point de vue de ses propriétés physiques et de sa composition chimique ». C'était là, sans doute, une invitation indirecte à purifier le métal fondu le i3 mai 1874; mais la Section française continua cependant le travail des règles, et elle chargea Peligot de poursuivre l'analyse de la matière.
L'année suivante (29 avril 1876) le Comité international