CHAPITRE II
CRÉATION DU NOUVEAU SYSTÈME DE POIDS ET MESURES PAR L'ASSEMBLEE CONSTITUANTE.
En 1789 rincohérencede Tancien système de mesures frappait tous les espritsj alors disposés à recevoir avec enthousiasme les réformes utiles. Ce système avait d'ailleurs un vice originel qui en fît hâter l'abolition : il était en grande partie Tœuvre de la Féodalité, que personne n'osait plus défendre, et dont on travaillait à faire disparaître jusqu'aux moindres vestiges.
Ce concours unique de circonstances valut un accueil favorable à un projet d'unification présentée TAssemblée Constituante par Talleyrand, évéque d'Autun (*).
Dans cet exposé des motifs, Talleyrand fait d'abord le tableau de la confusion née de la diversité des mesures existantes, des embarras qu'elle crée constamment au commerce honnête, en raison des différences vraiment étonnantes qui existent enire les mesures de même dénomination.
(*) Proposition faite à l'assemblée Xationale, sur les poids et mesures, par M. i'cvcque d' Autan, ln-8», 30 pages. Paris, Imprimerie Nationale, 1790. Cette proposition ne ponc pas la date de sa présentation à l'Assemblée Nationale parce que Talleyrand l'avait fait imprimer avant de la présenter. * Ces réflexions, dit-il dans un Avertissement, ne m*ont point semblé de nature à être lues à l'Assemblée Nationale. J'ai préféré de les faire imprimer, et de les distribuer à tous ses membres.... »
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Après avoir rappelé quelques-uns des précédents projets d'unification, il se demande s'il ne suffirait pas d'adopter le plus simple, celui qui consisterait à étendre l'emploi des mesures de Paris à tout le royaume ; mais il rejette cette solution, qui offrirait, dit-il, quelques avantages pratiques, pour préférer un système à créer, basé sur un prototype invariable, pris dans la nature, afin que toutes les nations puissent Tadôpter. Pour ce prototype, il propose la longueur du pendule simple qui bat la seconde à la latitude de 45% longueur qui serait déterminée à nouveau par les observations les plus précises.
Afin de donner à ce système un caractère de solennité, d'universalité et d'exactitude plus rigoureuse, Tévêque d' Autun voudrait écrire au Parlement d'Angleterre (* ) pour l'engager à concourir avec la France à la fixation de la base des nouvelles mesures, par des commissaires choisis en nombre égal dans l'Académie des Sciences de Paris et dans la Société royale de Londres.
Cette proposition fut renvoyée au Comité d'Agriculture et de Commerce, qui chargea M. de Bonnay de faire le rapport. Elle vint en discussion le 8 mai 1790. « L'Angleterre, dit M. de
(M Au commencement de la même année 1700, la Chambre des Commones d'Angleterre avait vitscuié un projet pre:»entè par sir John Miller, tenJant à établir des poids et mesures uniformes dans tout le royaume. Après avoir rappelé les essais antérieurs d'unitîcation. Miller montre les funestes effets de la dÎTcrsitc des mesures: Faites seulemenl dix mille», dit-il. et un acre n'est plus un acre, un ^boisseau n'est plus na boisseau;., même ditference d'un magasina rautre> d'une boutique à l'autre.
Miller piv^pose de prendis.* comme base d'un nouveau système de poids el mesures la loni:ueur du pendule à seconde.
1 c> F;4i>-l'nis, de leur cvMê> s'occuiMient en même temps de l'unibcation de leurs poids el mesure». Le secrétaire d'Ktat Jefferson. aupararant ministre des Eta;»-L'n:s en France. pïv>p>*a'i d'aK>rd de prendre comme un:ie la lont^ueur du pendule à seconde sur le paci*. ele de 5iî*. UtitUvie moyenne des Fu:>-rnis. .Maïs, avant eu coonaiscance de la projvs;:K>n de l'evèque dWutun à r.VssembU-e Naiionale. il s< rallia au pvrud-ie de 45*.
Création du nouveau système de Poids et Mesures. i5
Bonnay, est prête à se joindre à nous pour exécuter cette uniformité. Quand ces deux nations, qui n'ont de rivales qu'ellesmêmes, l'auront adoptée, toute l'Europe ne manquera pas de l'adopter aussi. »
Le même jour (8 mai 1790) l'Assemblée Nationale porta un décret (*) (sanctionné par Louis XVI le 22 août suivant) à peu près conforme à la proposition de Talleyrand, c'est-à-dire basant le nouveau système de poids et mesures sur la longueur du pendule simple qui bat la seconde ('), et décidant, en outre, que :
(' ) DscRET DE l'AsSKMBLÉK Nationai.k, DU 8 MAI 1790. — « L* Assamblée Nationale, désirant faire jouir à jamais la France entière de l'avantage qui doit résulter de l'uniformilc des poids et mesures, et voulant que les rapports des anciennes mesures avec les nouvelles soient clairement déterminés et facilement saisis, décrète que Sa Majesté sera suppliée de donner des ordres aux administrations des divers départements du royaume, afin qu'elles s« procurent et qu'elles se fassent remettre par chacune des municipalités comprises dans chaque département, et qu'elles envoient à Paris, pour être remis au Secrétaire de l'Académie des Sciences, un modèle parfaitement exact des différents poids et des mesures élémentaires qui y sont en usage.
» Décrète ensuite que le Roi sera également supplié d'écrire à Sa Majesté Britannique, et de la prier d'engager le Parlement d'Angleterre à concourir avec l'Assemblée Nationale, à la fixation de l'unité naturelle de mesures et de poids; qu'en conséquence, sous les auspices des deux nations, des commissaires de l'Académie des Sciences de Paris pourront se réunir en nombre égal avec des membres choisis de la Société royale de Londres, dans le lieu qui sera jugé respectivement le plus convenable pour déterminer à la latitude de 45% ou toute autre latitude qui pourroit être prcférce, la longueur du pendule, et en déduire un modèle invariable pour toutes les mesures et pour les poids; qu'après cette opération faite avec toute la solennité nécessaire, Sa Majesté sera suppliée de charger l'Académie des Sciences de fixer avec précision pour chaque municipalité du royaume les rapports de leurs anciens poids et mesures avec le nouveau modèle, et de composer ensuite, pour l'usage de ces municipalités, des livres usuels et élémentaires o(i seront indiquées avec clarté toutes ces proportions.
■ Décrète en outre que ces livres élémentaires seront adressés à la fois dans toutes les municipalités, pour y être répandus et distribués; qu'en même temps, il sera envoyé à chaque municipalité un certain nombre de nouveaux poids et mesures, lesquels seront délivrés gratuitement par elles à ceux que ce changement constitueroit dans des dépenses trop fortes ; enfin, que six mois seulement après cet envoi, les anciennes mesures seront abolies et remplacées par les nouvelles, n
(') Le décret ne dit pas clairement que l'unité sera la longueur du pendule à seconde sur le parallèle de 45", mais seulement que cette unité sera 6a5e'e sur la longueur du pendule.
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1° L'Angleterre serait priée de participera la détermination de la nouvelle unité ;
2^ Les administrateurs des divers départements enverraient à Paris des modèles exacts des poids et mesures employés dans leurs communes (*) ;
3^ L'Académie serait ixivîtée à comparer tous ces poids et mesures à ceux du nouveau système;
4^ Les résultats de ces comparaisons seraient consignés dans des livres usuels et élémentaires; ces livres seraient adressés à toutes les municipalités avec des modèles des nouveaux poids et des nouvelles mesures;
5« Six mois après cet envoi, les anciennes mesures seraient abolies et remplacées par les nouvelles.
On voit que le décret rendu sur la proposfition de Talleyrand ne laissait pas entrevoir le rôle prépondérant que l'Académie allait jouer dans l'établissement du nouveau système. Mais un autre membre de l'Assemblée Nationale, Bureau de Puzy, qui avait parlé en faveur de l'uniformité des poids et mesures, tit adopter le même jour un autre décret, relatif aux monnaies, portant que l'Académie des Sciences sera appelée à donner son avis sur le titre et sur le remède (tolérance) des monnaies, et enfin que a l'Académie indiquera l'échelle de division qu'elle croira la plus convenable, tant pour le poids que pour les autres mesures et pour les monnaies ».
En conséquence, l'Académie nomma une commission (Borda,
(*) Un décret du H décembre 1790, tenant compte des observations de l'Académie des Sciences, ordonna de limiter cet envoi aux poi>.!s et mesure» des chi.f^-licux de districts, avec le rapport de ces poids .cl mesures uvec tous ceux en usage dans le district. {J'oif plus loin, p. 25, note 2. )
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Lagrange, Lavoisîer. Tillet et Condorcet) qui fit un rapport (*) le 27 octobre 1790, et qui se prononça pour assujettir à la même échelle, à l'échelle arithmétique (c'est-à-dire décimale), tous les poids, mesures et monnaies. Sans doute, dit le rapport, Téchelle duodécimale aurait quelques avantages de plus, mais ce changement d'échelle, ajouté à tous les autres, « rendroit le succès presque impossible.... Nous conclurons donc que l'échelle décimale doit servir de base à toutes les divisions, et que même le succès de l'opération générale sur les poids et mesures tient en grande partie à cette échelle. »
Ce premier rapport répondait à toutes les questions posées par l'Assemblée Nationale. Néanmoins il fut nommé une autre Commission ( Borda, Lagrange, Laplace^ Monge et Condorcet) , qui fit un rapport Sur le choix d'une unité de Mesures, unité dont le choix était déjà fait par T Assemblée. On ne peut prendre pour unité, dit cette nouvelle Commission ('), une unité de mesure déjà usitée dans un pays, car u il seroit difficile d'offrir aux autres des motifs de préférence capables de balancer l'espèce de répugnance, sinon philosophique, du moins très naturelle, qu'ont les peuples pour une imitation qui paroît toujours l'aveu d'une sorte d'infériorité ». D'ailleurs on ne préviendrait pas ainsi la diversité, qui renaîtrait à la longue, avec tout système à base arbitraire.
Les unités prises dans la nature, et qui paraissent les plus propres à servir de base, sont au nombre de trois :
La longueur du pendule à seconde.
(*) mst. de l'Jcad. pour 1788, /list., p. 1-6.
(') Jiut. de l'Acad. pour 1788, Uist., p. 7-16. Ce rapport est daté du 19 mars 1791.
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Un quart du cercle de l'équateur terrestre, Un quart de méridien terrestre.
La longueur du pendule, qui a paru généralement mériter la préférence, présente l'avantage d'être plus facile à déterminer, et par conséquent à vérifier, en cas d'accident; mais on peut rendre cet avantage commun à toutes les mesures naturelles en les reliant à cette longueur du pendule. C'est le pendule de 45*» qui mériterait la préférence, parce qu'il est la longueur moyenne entre deux longueurs quelconques correspondantes prises à des distances égales, l'une au nord et l'autre au sud ; par suite il est la longueur moyenne des pendules qui battent la seconde aux diverses latitudes.
Mais, comme unité de longueur, il a l'inconvénient : i^ de reposer sur l'adoption d'une unité tout à fait arbitraire, la seconde de temps; 2° de faire intervenir le temps et l'intensité de la pesanteur, considérations bien étrangères à l'unité de longueur.
Aussi, la Commission repousse le pendule, et préfère un arc terrestre, qui est de même nature que les mesures réelles. « Il est bien plus naturel, en effet, de rapporter les distances d'un lieu à un autre, au quart d'un des cercles terrestres, que de les rapporter à la longueur d'un pendule. »
Le quart de l'équateur est repoussé aussi, car sa régularité n'est pas plus assurée que la régularité ou la similitude des méridiens, et les régions équatoriales sont généralement d'un accès trop difficile.
La Commission se prononce donc pour le quart du méridien, dont la dix-millionième partie sera l'unité usuelle; et ainsi il n'y aura d'arbitraire dans les mesures que l'échelle arithmétique actuelle, sur laquelle leurs divisions devront se régler, car on ne
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saurait changer cette échelle sans compromettre le succès de toute ropération.
La mesure entière du quart du méridien serait impraticable; on se bornera donc à un arc suffisamment grand, et il sera avantageux que ses extrémités tombent Tune au sud, Tautre au nord du parallèle de 45^, à des distances qui, sans, être exactement égales, ne soient pas trop disproportionnées. La partie de méridien de Dunkerque à Barcelone remplit ces conditions et présente l'avantage d'avoir les deux points extrêmes également au niveau de la mer. En se portant un peu vers l'ouest (à peu près sur le méridien d'Auch ou de Poitiers), on aurait eu un arc se terminant aussi de part et d*autre à la mer et coupé à peu près exactement par le parallèle de 45°, mais on a préféré l'arc de Dunkerque à Barcelone parce qu'il suit la méridienne de France, déjà mesurée, ce qui donnera des vérifications précieuses.
La Commission énumère ensuite les opérations nécessaires pour l'exécution de ce plan :
i<» Détermination de la différence de latitude entre Dunkerque
et Barcelone;
2** Mesure des bases;
3** Établissement et mesure des triangles, de Dunkerque à Barcelone;
4° Observations du pendule;
5** Véri fication du poids d'un volume connu d'eau distillée, à o** ;
6® Comparaison des anciennes mesures aux nouvelles.
• Nous n'avons pas cru qu'il fût nécessaire d'attendre le concours des autres nations, ni pour se décider sur le choix de l'unité de mesure, ni pour commencer les opérations. En effet, nous avons exclu de ce choix
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toute détermination arbitraire, nous n'avons admis que des éléments qui appartiennent également à toutes les nations.... En un mot, si la mémoire de ces travaux venoità s'effacer, si les résultats seuls étoient conservés, ils xi*offriroient rien qui pût servir à faire connoître quelle nation en a conçu ridée, en a suivi Inexécution.
» Nous concluons en conséquence à présenter ce rapport à l'Assemblée Nationale, en la priant de vouloir bien décréter les opérations proposées, et les mesures nécessaires pour l'exécution de celles qui doivent s'étendre sur le territoire de l'Espagne. »
Les diverses parties de ce rapport ne furent pas adoptées sans objections. Beaucoup pensaient notamment que la méridienne de France, déjà mesurée deux fois, était connue avec toute la précision nécessaire à la détermination de la nouxelle unité, supposée déduite des dimensions de la Terre. D'autres se prononçaient pour le pendule à seconde, dont la détermination aurait toujours pu être reprise avec facilité, en cas de besoin (*).
Néanmoins ce second rapport, adopté par l'Académie, fut transmis à TAssemblée Nationale qui, dans la séance du 26 mars, entendit lecture de la lettre d'envoi suivante, signée de Condorcet :
« L'Académie des Sciences m'a chargé d'avoir l'honneur de vous présenter un rapport sur le choix d'une unité de mesure. Comme les opérations nécessaires pour la déterminer ensuite, demanderont du temps, elle a cru devoir commencer son travail par l'examen de cette question, et la se-
(') I^ désir de faire la réputation du cercle de Borda paraît avoir eu quelque influence sur le choix de la nouvelle unité. Si, en effet, on était d*accord pour abandonner les quarts de cercle, l'opinion générale préférait encore les secteurs pour déterminer les différences de latitude des extrémités de l'arc mesuré. « Je proposai à Borda, dit Delambre, Icmploi simultané des secteurs et de son cercle ; 11 me répondit avec quelque sécheresse : C'est donc pour savoir si les secteurs sont bons. Je n'insistai pas, et je me doutai qu'un des motifs secrets qui avaient fait préférer le quart du méridien était le désir d'établir plus promptement la réputation du cercle répétiteur.... » ( Delambre, IJistoire inédite de la Mesure de ta Terre.)
Lalande exprime une opinion analogue. Voir Histoire abrégée de l'Astronomie (à U suite de la Bibliographie astronomique) ^ p. 718.
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I>arer de toutes les autres. L'opération qu'elle propose est la plus grande qui ait été faite, et elle ne peut qu'honorer la nation qui en ordonnera Texécution. L'Académie a cherché à exclure toute condition arbitraire, tout ce qui pourrait faire soupçonner l'influence d'un intérêt particulier à la France, ou d'une prévention nationale; elle a voulu, en un mot, que si les principes et les détails de cette opération pouvaient passer seuls à la postérité, il fût impossible' de deviner par quelle nation elle a été ordonnée ou exécutée. L'opération de la réduction des mesures à l'uniformité est d'une utilité si grande; il est si important de choisir un système qui puisse convenir à tous les peuples; le succès de l'opération dépend à un tel point de la généralité des bases sur lesquelles ce système s'appuie, que l'Académie n*a pas jugé pouvoir, ni s'en rapporter aux mesures déjà faites, ni se contenter de la simple observation du pendule; elle a senti que travaillant pour une nation puissante, par les ordres d'hommes éclairés qui savent donner au bien qu'ils font un grand caractère, et embrassant dans leurs vues tous les hommes et tous les siècles, elle devait s'occuper moins de chercher ce qui serait facile, que ce qui approcherait le plus de la perfection; et elle a cru, enfin, qu'une grande opération qui annoncerait le zèle éclairé de l'Assemblée Nationale pour l'accroissement des lumières et le progrès de la iraternité des peuples, ne serait pas indigne d'être accueillie par elle. »
L'Assemblée ordonna aussitôt l'impression du rapport de TAcadémie et de la lettre de Condorcet.
Le même jour, Talleyrand lut un projet de décret concerté entre les Comités de Constitution, d'Agriculture et du Commerce, et les commissaires de l'Académie. Ce projet, voté immédiatement et sanctionné quatre jours après (3o mars 1791), portait :
I® Adoption du quart du méridien comme base du nouveau système de mesures;
2*" Exécution immédiate de toutes les opérations indiquées au rapport de TAcadémie, notamment de la mesure de Tare de méridien de Dunkerque à Barcelone.
En conséquence, T Académie s'empressa de distribuer entre ks
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cinq commissions suivantes (*) les travaux portés au projet dont r Assemblée Nationale venait d'ordonner l'exécution (*) :
I . Triangulation et déterminations de latitudes : Cassin i { ' ) ,
Méchain, Legendre;