‹ Le système métrique des poids et mesures. Son établissement et sa propagation graduelle, avec l'histoire des opérations qui ont servi à déterminer le mètre et le kilogrammeChapitre 105 sur 138 · Chapitre XXXIII · texte numérisé non relu

Chapitre XXXIII

fort difficile la mesure des dimensiops. Aussi en est-on revenu au verre, au crown optique non trempé, qui cependant a présenté une très légère contraction permanente.

Le résultat définitif obtenu par cette méthode, au moyen d'un cube de verre de 5o™"* de côté, est le suivant :

Masse de looo*'™' d'eau à 4^=9996,976 = i^^ — 24=»6 (*).

Pendant que M. Chappuis employait cette méthode, M. Guillaume procédait à la môme détermination avec les cylindres dont nous avons déjà parlé.

La mesure de leurs dimensions, qui constitue la principale difficulté du problème, fut faite au moyen d'un appareil à palpeurs construit par la maison Bariquand et Marre.

Les cylindres étaient au nombre de 6^ dont les volumes variaient de 2*, i3o à o^, 214; mais on dut abandonner le n® 5 qui avait révélé, aux mesures, des divergences de loi^ dans les diamètres d'une même section droite. Voici les dimensions de ces cylindres avec les résultats qu'ils ont fournis pour la masse du décimètre cube d'eau à 4* C.

Masse

du

Volumes.

décim. cube

N»« Hauteur.

Diamètre.

Poussées.

d'eau 44*.

mm

mm

mm)

mg

(*) De leur côté, MM. Macé de Lépinay,

Pérot et Ch: Fabry (arec un cube de quartx

Suite des travaux métrologiques, de 1889 à 1900. 41 3

La première immersion du cylindre 2 dans Teau produisit une augmentation de poids de 28°**, indiquant l'existence de fissures, probablement à l'endroit des soudures : ce cylindre fut, en conséquence, laissé de côté.

Les autres nombres conduisent à ce résultat :

Masse de 1000"" d'eau à 4* 999», 986^ i''» — 64-»,

de sorte que Terreur du kilogramme serait de 64°*«. M. Guillaume pense que ses mesures ont pu donner des volumes un peu trop forts, et que la correction de 64™* doit être considérée comme une limite supérieure.

Le kilogramme est donc un peu trop lourd par rapport à sa définition théorique; mais son erreur, loin d'atteindre 200™* ou même Soo"», comme le pensaient quelques savants étrangers, ne paraît pas dépasser So"». Et étant données les méthodes dont on disposait, il y a un siècle, on ne saurait trop admirer la précision qui a été atteinte à cette époque.

Cependant, au moins au point de vue des principes et de la science exacte, il y a lieu de distinguer le volume du litre de celui du décimètre cube. En effet, le rapport entre le décimètre cube et le volume d'un kilogramme d'eau pure à son maximum de densité comportera toujours une incertitude, puisqu'il résulte nécessairement d'une détermination expérimentale. Aussi le

taillé par M. Werlein et étudié au moyen de petits plans remarquablement travaillés par M. Sabin), ont obtenu les résultats suivants:

Macé de Lépinay \ première méthode ) masse de iooo«"«' = 999», 964

Macé de Lépinay, Péf ot et Fabry ( seconde méthode ) » = 999 1 979

La masse de ce cube et le poids de Teau qu'il déplace ont été déterminés au Bureau international.

414 Chapitre XXX /IL

Comité international a-t-il décidé de proposer à la sanction de la prochaine Conférence générale ( 1901) cette double proposition :

1*» Il faut établir une distinction entre le Décimètre cube, unité de volume^ et le Litre, unité de capacité.

2* Le Litre sera défini comme étant le volume occupé par un kilogramme d'eau pure, à son maximum de densité, et sous la pression atmosphérique normale.

Il résulte de cette définition, et des résultats rappelés ci-dessus, que le litre est un peu plus grand que le décimètre cube.

COMPARAISONS DE RÈGLES GÉODÉSIQUES ET D*ÉTALONS IMPORTANTS. TRAVAUX DIVERS. — PROJETS POUR l'a VENIR.

Un des principaux motifs qui, en 1873, rendaient si désirable la création du Bureau international, était la nécessité de comparer entre elles les règles géodésiques sur lesquelles sont appuyées les grandes triangulations.

Ces travaux, qui ont été faits avec le comparateur universel ou avec le comparateur géodésique, ont porté sur les règles suivantes :

Toise du Pérou;

Règles de Borda ;

Toises de Bessel (*), de Liesganig; toises de Danemark ;

(*) La valeur attribuée jusqu'ici à cette célèbre toise, qui a seryi d'étaloa fondamental à un grand nombre de triangulations, est plus courte de 262,2 que celle qui Tient d'être déterminée au Bureau international; aussi toutes les longueurs mesurées en partant de cette toise et exprimées en mètres ont dû être augmentées de . * . ■ de leur valeur : cela a suffi pour faire disparaître une discordance systématique qui existait entre la triangulation française et diverses triangulations étrangères.

Suite lies travaux métrologiques de 18S9 à 1900. 4[5

Régies géodésiques appartenant aux appareils de bases des États suivants: Allemagne, Autriche, colonie du Cap, Espagne, France, Italie, Norvège, Russie, République Argentine, Suéde, Suisse. f\.

On a déterminé aussi avec beaucoup de soin, par rapport au mètre, les mesures russes, ainsi que le Yard anglais, base du système métrologique qui pendant longtemps a été le plus répandu dans te monde.

Parmi les travaux exécutés au Bureau international, il convient de noter en particulier l'étude de la dilatation d'un grand nombre de métaux et d'alliages : c'est ce qui a conduit à la découverte d'un alliage en acier et nickel qui est très remarquable par la petitesse de sa dilatation, et qui a reçu le nom à' invar. Ces alliages acier^nickel, étudiés surtout par M. Guillaume, sont déjà utilisés dans l'industrie, notamment en horlogerie; et le Bureau international s'occupe en ce moment de construire en invar des règles géodésiques d'un nouveau modèle.

Pour l'avenir, un des principaux travaux sera la comparaison périodique des étalons nationaux avec les prototypes; ce travail est même déjà fait pour les huit kilogrammes 2, 5, 22, 28, 36, 37, 38, 40 [voir p. 384], et il montre que les variations de masse en 10 ans n'excèdent pas 3 ou 4 centièmes de milligramme, et par suite sont à peine supérieures aux incertitudes inévitables des comparaisons.

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