LIVRET
■ Délivré au Citoyen Delambre, astronome du Dépôt général de la Guerre et de la Géographie, détaché pour la suite des opérations relatives à la Méridienne vers Le Nord de la République, pour servir audit Citoyen Delambre, chef de la section astronomique; en exécution des Arrêtés du Directoire exécutif des 23 floréal et 16 prairial on 4, à être payé, mois par mois^ à compter du i*'' messidor, du traitement à lui revenant, fixé ainsi qu'U suitf SAVOIR :
• Traitement en valeur fixe : Huit cent trente-trois livres, six sols huit deniers par
i36 Chapitre XIV.
populaire que son passage avait soulevée en 1793 et 1793; mais, un moment, la dépréciation des assignats lui créa des difficultés d'un autre genre.
Il partit le 10 messidor an III (1795 juin 28) pour reprendre ses opérations, interrompues depuis plus de dix-sept mois; et il eût voulu d'abord placer les signaux entre Orléans et Bourges. Mais il connaissait les difficultés rencontrées en 1 740 par Lacaille, pour choisir les stations de cette région uniformément accidentée. Aussi mit-il d'abord à profit les beaux jours de juillet pour la détermination de Tazimut à Bourges. Puis, les stations étant choisies, non sans beaucoup de peine, il put mesurer les angles de cette section, comprise entre la Loire et Bourges, ce qui le conduisit à décembre 1795. Alors une maladie épidémique qui régnait à Vouzon, où d'ailleurs on refusait d'accepter les assignats, jointe à la cherté des transports (*), Tempécha de continuer;
chaque mois, plus en numéraire comme jouissant du grade de Capitaine. Plus, les rations de vivres et fourrages du grade ci-dessus.
• Paris, ce dix-sept Prairial, l'an 4* de la République une et indivisible.
B Calok.
s Le Commissaire des Guerres : Lefbsvre Carlier. »
Ce livret mentionne les sommes touchées par Delambre dans les départements du Cher et de la Creuse (Evaux) pour son traitement du i*** messidor an IV à la fin de Tan V ( 1796 juin 1 9 - 1 797 septembre a 1 ).
Souvent les rations étaient payées en numéraire (3o').
( ' ) La note suivante, qui se retrouve dans les papiers de Delambre, en donnera une idée :
« Comme maître de la poste aux chevaux, je reconnais avoir reçu la somme de seize cents livres pour la conduite de deux voitures d'ici Vierzon, route de traversée, distance de huit lieues, savoir :
» Cent livres par jour par cheval, pour cinq chevaux pendant deux
jours I 000^
» Pour nourriture à Vierzon de deux postillons et de cinq chevaux.. 5oo
» Guides des postillons 100
Total I 600*
• A Bourges, le 8 Brumaire l'an 4* de la République. ■
Mesure de la partie nord de la méridienne.^ iSy
aussi se rendit-il aussitôt à Dunkerque pour déterminer la latitude : il n'était que temps, puisqu'il eût été bon que ces observations fussent faites en même temps que celles de Méchain à Mont-Jouy, achevées depuis plus de deux ans.
Les observations de latitude de Dunkerque furent terminées en germinal an IV (avril 1796).
Delambre se rendit aussitôt à Bourges pour continuer la triangulation (*), et dans cette campagne il put la pousser jusqu*au delà d'Évaux, à Orgnat et Sermur : il arriva dans cette dernière station le 6 brumaire an V (27 octobre 1796).
Evaux se trouve à peu prés à égale distance de Dunkerque et de Barcelone; et il était convenu entre Delambre et Méchain que sa latitude serait déterminée par le premier qui atteindrait cette région. C'est ce que fit Delambre pendant l'hiver 17967 1797. Il sortit d'Évaux le 12 germinal an V (1797 avril i"), et le 10 prairial (1797 mai 29] il avait poussé la reconnaissance des stations jusqu'à Rodez^ limite sud de la partie dont il avait été chargé. La mesure des angles fut elle-même terminée le 10 fructidor an V(i 797 août 27): dans cette partie, d'Évaux à Rodez, deux ou trois signaux seulement avaient excité quelque méfiance.
Celui de Bort, dont la construction coïncida avec un orage qui avait dévasté les environs, passa pour la cause du désastre, et on
( ') Uae des stationa fut placée à Morlac, entre Bourges et La Châtre, c Le clocher de Morlac avoit été rasé à la hauteur du faîte de l'église, ainsi que beaucoup d'autres du même département. Un représentant du peuple setoit vanté, dans une lettre à la Convention, d*aToir fait tomber tous ces clochers qui s'étevoient orgueilleusement au'-dessus de l'humble deat^eure des s. . .-c. . . . Cependant j'ai vu par-tout que ces humbles s. . . -c. . . regrettoient beaucoap leurs clochers. J'invitai donc les habitants de Morlac à rétablir celui qu'ils avoient TU tomber avec tant de chagrin; j'offris de payer les frais pa^ moitié; mais ils aimoient encore mieux leur argent, et ne voulurent entendre à aucun arrangement.... » {Base du Système métrique, t. I, p. 74 du Discours préliminaire. ).
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lui attribua aussi les' pluies conilnueUes qui, pendent près de deux mois, suspendirent toute culture; aussi n'cûl-il pas subsisté longtemps sans le zèle et le soin de l'administration municipale.
A Herment, la âèche du clocher avait été abattue et il n'en restait que la partie inférieure de Ja cliarpente. Pour la mieux apercevoir, Delambre la fit couvrir de toile blanche : < La couleur de cette toile alarmoit, dit-il ['), les habitans,qui craignoient d'avoir l'air d'arborer l'étendard de ta contre-révolution. Je fis donc ajouter, d'une part, une bande rouge, et, de l'autre, une bleue. Ce moyen parut satisfaire tout le monde. Cependant, comme je n'étois pas encore bien sûr qu'on respectât longtemps mon signal tricolor où le blanc dominoit trop, je sollicitai de l'administration départementale du Puy-de-Dôme un arrêté qui mit ce signal sous la sauvegarde des autorités locales, et, en effet, il fut toujours respecté, s
(M Base du Si/tlimi miMqvr, i. I, p. 79 du Dlicouri prc liminaire .