CONSTRUCTION DES CYLINDRES POUR LES KILOGRAMMES
On avait espéré recevoir dans Tété de 1882 les premiers cylindres destinés à former les kilogrammes; mais la préparation même du platine nécessaire à la fabrication des mètres et des kilogrammes ne fut terminée qu'une année plus tard. Quant à riridium,dont l'affinage n'avait pu être mené de front avec celui du platine, il présenta de grandes difficultés et exigea une année encore : le lingot qui devait donner les kilogrammes ne fut obtenu qu*en juin 1884.
Forgé en barre, ce lingot fut débité en cylindres, au nombre de 40, et chacun de ceux-ci fut ensuite ëoumis à la frappe d*une
Construction des étalons définitifs. SjS
presse dont chaque coup exerce une pression de 3 60 tonnes.
Envoyés à Paris, ils furent reçus par la Section française au commencement d'octobre 1884, et examinés aussitôt par une Commission mixte (Broch, Stas, ...) : certains cylindres présentaient des défauts superficiels que Debray trouva le moyen de faire disparaître par une opération au chalumeau, de sorte que quelques-uns seulement durent être renvoyés pour être refondus.
On commença aussitôt le travail définitif, confié à CoUot, sous la direction de Broch, délégué du Comité^ et de Debray, délégué de la Section française.
Les cylindres étaient d'abord définitivement travaillés et polis^ mais en leur laissant un excédent de poids d'environ 5"*^; on déterminait ensuite leur densité par pesée hydrostatique (*); enfin en procédait à Vajustage qui consistait à les amener peu à peu à n'excéder le kilogramme étalon (K III =jft) que de moins de o"'»,2.
En effet, en 1882, le Comité avait décidé de considérer comme tt définitivement ajustés tous les étalons du kilogramme qui ne différeraient pas du kilogramme K III au delà de o'"*^, 2 en plus. »
Mais avec des limites aussi étroites, l'ajustage était extrêmement long (*), malgré qu'il se fît à Breteuil même, afin d'éviter les risques et les pertes de temps qu'auraient entraînés les aller et retour entre Breteuil et l'atelier de CoUot. Aussi en i885 les limites furent portées par rapport à K 1 1 1, de + 0°^, 2 à ih o"«, 2 ; plus tard, en 1888, elles furent même portées à rh i"«,i.
(') A la fin de 1886, on avait déterminé le volume et la densité de trente-cinq kilogrammes : les limites des volumes variaient entre 46"'',40i3 et 46™', 4493; les limites des densités étaient 21, 55 II et 21,5388.
37* Chapitre XXXI.
Au commencement de 1886, on n*avait pu achever complètement que 4 kilogrammes, qui, d'ailleurs différaient de K III de moins de rh o"*«, i ; — 44 autres n'étaient plus en excès que de ^ à ^ de milligramme, et enfin pour 21 autres on allait pouvoir procéder à la détermination de la densité.
Dans la suite, on refondit à Paris quelques kilogrammes : les uns présentaient des défauts de densité ou d'homogénéité, ou une certaine variabilité de ]X)ids; les autres avaient été rendus trop légers par l'ajustement.
Finalement on obtint 40 kilogrammes numérotés au brunissoir de 1 à 41, le n^ 8 faisant défaut.