Couche limitante interne
B. L'axe nerveux :
Couche optique, corps genouillé externe ou éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux.
a. Cellules nerveuses .envoyant leur prolongement cylindraxil dans la rétine.
b. Cellules nerveuses envoyant leur prolongement cylindraxil vers l'é orce cérébrale, c.
cellules bipolaires devient un prolongement protoplasmatique, tandis que le prolongement interne de ces mêmes cellules rentre dans le groupe des prolongements cylindraxils.
La rétine se trouve donc constituée de trois neurones superposés : cellule^ visuelles, cellules bipolaires et cellules ganglionnaires, qui tous ei^voie^it lejurs prolongements protoplasmatiques vers la périphérie et leurs prolongements cylindraxils vers le centre.
Les neurones visuels recueillent les impressions lumineuses par leurs prolongements périphériques, les cônes et les bâtonnets, et les transmettent par leurs prolongements cylindraxils aux prolongements périphériques des cellules bipolaires et aux prolongements protoplasmatiques des cellules horizontales ; celles-ci les transmettent, par leurs prolongements cylindraxils, à des cellules bipolaires placées plus loin. Des cellules bipolaires, les impressions lumineuses passent dans les prolongements protoplasmatiques des cellules ganglionnaires ; elles arrivent ainsi dans les fibres du nerf optique qui les conduisent vers le cerveau intermédiaire et le cerveau moyen, fig. 373.
FiG. 374.
Rapports des bandelettes optiques avec les corps genouillés et les couches optiques. G. nat.
fd : Faisceau denté.
^ : Fimbria.
cm : Corps mamillaires
inf : Infundibulum.
rac : Racine olfactive
s.ver : Substance perforée antérieure.
ch : Chiasma des nerfs optiques.
batid : Bandelette optique.
une : Repli unciforme.
bour : Bourrelet du corps calleux.
Mais toutes les fibres du nerf optique ne proviennent pas des cellules ganglionnaires de la rétine. Un certain nombre d'entre elles
ont leurs cellules d'origine dans les masses • grises centrales : couche optique, corps genouillé externe ou éminence antérieure des tubercules quadrijumeaux, et se terminent dans les couches profondes de la rétine par des arborisations libres. Ces fibres optiques d'origine centrale ont été décrites par Ramon y Cajal et par nous dans les nerfs optiques des oiseaux De plus, Ramon, y Cajal a retrouvé leurs arborisations terminales dans la rétine de tous les vertébrés. Il suppose que ces fibres ont pour fonction d'agir sur les prolongements protoplasmatiques des spongioblastes si abondants dans la couche moléculaire interne. Ces derniers à leur tour agiraient alors sur les cellules ganglionnaires d'une façon qui nous échappe encore pour le moment, puisque ces éléments semblent dépourvus de prolongements cylindraxils.
Trajet périphérique. Chaque nerf optique, ainsi constitué de fibres d'origine centrale et de fibres d'origine périphérique, traverse les enveloppes du globe oculaire : la choroïde et la sclérotique. Il parcourt alors la cavité orbitaire en se dirigeant en arrière et en dedans, traverse le trou optique et arrive dans la boîte crânienne, sur la face inférieure du cerveau antérieur, immédiatement au-devant de l'infundibulum. A ce niveau, les deux nerfs optiques présentent un entrecroisement partiel de leurs fibres constitutives appelé chiasma des nevfs optiques ; celui-ci repose dans la gouttière transversale que présente la face supérieure du co:-ps du sphénoïde au niveau des deux trous optiques. Des angles postérieurs de ce chiasma partent les bandelettes optiques, fig. 374.
L'entrecroisement des fibres du nerf optique n'est pas complet. Arrivées près du chiasma les fibres de chaque nerf se divisent en deux faisceaux : un faisceau interne et un faisceau externe. Le faisceau externe ne subit pas d'entrecroisement; il longe le bord externe du chiasma et se rend directement dans la partie externe de la bandelette optique du même côté. On l'appelle encore le faisceau direct. Le faisceau interne s'entrecroise au contraire avec le faisceau correspondant de l'autre nerf optique pour se rendre dans la bandelette optique du côté opposé. On l'appelle encore le faisceau croisé, fig. 375.
Des recherches cliniques ont montré que les fibres qui, dans le chiasma, ne subissent pas d'entrecroisement proviennent de la partie externe ou temporale de la rétine, tandis que les fibres qui s'entrecroisent dans le chiasma proviennent de la partie interne ou nasale de la rétine.
De ces deux faisceaux, l'interne est le plus volumineux; il correspond environ aux deux tiers internes de la rétine, tandis que le faisceau externe ne correspond qu'au tiers externe de cette membrane.
FiG. 375.
Schéma montrant la constitution du chiasma des nerfs optiques et des bandelettes optiques.
Du chiama des nerfs optiques partent les deux bandelettes optiques.
Chacune d'elles contourne le pédoncule cérébral pour se rendre dans
le cerveau intermédiaire et le cerveau moyen.
Chaque bandelette optique renferme trois espèces de fibres nerveuses : lo Des fibres directes allant du tiers externe de la rétine dans la
bandelette optique correspondante ;
FiG. 376.
Terminaisons des fibres du nerf optique dans les couches superficielles du lobe optique chez un embryon de poulet. Les ramifications cylindraxiles ne viennent en contact qu'avec les ramifications protoplasmatiques des cellules nerveuses du lobe optique.
/. opt. : Fibres du nerf optique ram. t. : Leurs ramifie terminales
pr.prot. : Prol. protoplasmatiques.
pr. cyl- : Prol. cylindraxils des cellules nerv, du lobe optiq.
2° Des fibres croisées reliant les deux tiers internes de la rétine d'un côté aux niasses grises du cerveau intei-médiaire et du cerveau moyen du côté opposé ;
3° Enfin, des fibres commissiirales. Ce sont des fibres nerveuses qui n'entrent pas dans la constitution des nerfs optiques, mais qui relient entre elles les masses grises postérieures des deux moitiés du cerveau moyen. Elles longent le bord interne de chaque bandelette optique et, arrivées au niveau du chiasma, passent dans la bandelette optique du côté opposé. Elles constituent ce qu'on appelle la commissure de Giidden.
Après avoir contourné le pédoncule cérébral correspondant, chacune des bandelettes optiques arrive à la limite du cerveau intermédiaire et du cerveau moyen et là se divise en deux racines : une racine interne et une racine externe.
Les fibres de la racine interne représentent la continuation des fibres de la commissure de GuDDEN. Elles pénètrent dans le corps genouillé interne et s'étendent, par le bras inférieur des tubercules quadrijumeaux, jusque dans les éminences postérieures de ces tubercules. Ces fibres ne sont pas en rapport avec la vision, puisqu'elles ne subissent pas de dégénérescence même après l'ablation des deux yeux.
La racine externe est la plus importante. Elle est constituée par les fibres du faisceau direct venant du tiers externe de la rétine du même côté et par les fibres du faisceau croisé venant des deux tiers internes de la rétine de l'œil opposé. Toutes ces fibres vont se terminer, par des ramifications libres, dans la masse
grise du corps genouillé externe, de l'éminence antérieure des tubercules quadrijumeaux et de la partie postérieure de la couche optique. C'est là que, par leurs ramifications terminales, elles viennent se mettre en contact avec les éléments nerveux supérieurs, fig. 376, qui envoient leurs prolongements cylindraxils jusque dans l'écorce grise du cerveau antérieur.
Quelques auteurs admettent cependant qu'un certain nombre de fibres de la racine externe ne se terminent pas dans ces masses grises du cerveau intermédiaire et du cerveau moyen, mais qu'elles pénètrent directement dans la substance blanche pour se rendre ainsi à l'écorce grise de l'hémisphère cérébral du même côté, fig. 375.
Les fibres du nerf optique se terminent donc en partie dans les éminences antérieures des tubercules quadrijumeaux. Vous vous rappelez que c'est dans le voisinage immédiat de ces éminences, au-devant de l'aqueduc de Sylvius, que se trouvent les cellules radiculaires du nerf oculo- moteur commun innervant, par certaines de ses fibres, le muscle constricteur de l'iris. Une impression lumineuse un peu vive tombant sur la rétine amène la contraction de ce muscle et par suite le rétrécissement de la pupille. L'ébranlement nerveux a donc dû se transmettre des fibres optiques au groupe de cellules nerveuses en rapport avec le muscle constricteur de l'iris. On ignorait jusqu'ici le chemin suivi par l'ébranlement nerveux pour aller des fibres optiques au noyau d'origine du nerf de la troisième paire. D'après les recherches récentes de H. Held, il existe, dans le noyau des éminences antérieures, des cellules volumineuses dont les prolongements cylindraxils se dirigent en avant et en dedans, passent au-devant du noyau du nerf oculo-moteur commun, s'entrecroisent dans le raphé, puis se recourbent en bas pour devenir fibres constitutives du faisceau longitudinal postérieur, fig. 377. Ces fibres abandonnent des collatérales qui se ramifient entre les cellules radiculaires du nerf oculo-moteur commun, et plus bas, entre les cellules du nerf pathétique et du nerf oculo-moteur externe, établissant ainsi une connexion morphologique entre les fibres optiques et les cellules radiculaires de tous les nerfs moteurs des muscles de l'œil.
Origine apparente. On décrit, comme origine apparente de chaque nerf optique, les masses grises dans lesquelles viennent se terminer ses fibres constitutives : la couche ©ptique, les corps genouillés interne et externe et les éminences antérieure et postérieure des tubercules quadrijumeaux.
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