PROGRESSION ET EFFETS DU TABAC A FUMER 8 I
beaucoup sur celle du tabac à priser, tandis que le contraire a lieu dans les départements où la consommation est plus faible. Voici, à ce sujet, un document qu’il nous a été permis de consulter, et qu’il importe de signaler, en vue d’éclairer le côté hygiénique de la question.
En 1870, la consommation du tabac à fumera été, pour les départements du nord de la France :
Dans le Nord, de lygS grammes par tête.
Dans le Pas-de-Calais, de i366
Dans le Haut-Rhin, de 1178
Dans la Seine, de ii65
Dans les Bouches-du-Rhône, de. . . io35
Tandis que la consommation se réduit pour les départements du midi ;
Dans la Charente, à Dans le Tarn, à. ...
Dans la Lozère, à. . ,
Dans le Gers, à
Dans l’Ariége, à. . . .
Dans le Lot, à
Dans l’Aveyron, à. .
102 grammes par tête.
En prenant la moyenne des maxima et des mi-
nima, qui laissent entre eux des provinces entières où l’on ne fume encore que dans des proportions peu élevées, notamment le Languedoc, la Saintonge et le Limousin; comme aussi, en tenant compte du grand nombre de personnes qui , en raison de leur âge et de leur sexe, de leur goût ou de leur profession, ne peuvent compter que d’une manière insignifiante dans le chiffre de la population qui fume, on arrive, au moins par approximation, à un résultat qui n’attribue pas moins de 8 kilogrammes de tabac à chaque fumeur par an; ce qui, d’après des calculs d’analyse chimique bien établis, équivaut de 58 à 6o grammes de nicotine par tête, c’est-à-dire plus qu’il n’en faudrait pour tuer tout un régiment qui voudrait se mesurer, corps à corps, avec le tabac plutôt qu’avec l’ennemi.
Nous n’avons pas besoin d’ajouter que beaucoup de fumeurs sont loin de se contenter de la dose moyenne que leur attribue cette répartition, car on sait que des fumeurs de profession comptent souvent par douzaine le nombre des cigares qu’ils dépensent chaque jour ; de même que nous n’avons pas à supputer ici le nombre de verres d’absinthe,