UTILISATION DE LA NICOTINE ET DES RESIDUS DE FABRICATION
Nous avons lieu de croire qu’une partie des résidus de fermentation des tabacs manufacturés a pu être employée à la destruction des larves et des parasites, qui s’attachent aux arbres fruitiers, ainsi que l’avaient conseillé Vauquelin, Davy et d’autres chimistes.
Ce dont il faut s’étonner, d’après un témoignage d’expérience devenu vulgaire, c’est qu’aucun essai de ce moyen n’ait encore été appliqué à la destruction du fléau qui menace aujourd’hui une partie de la France viticole (le Phylloxéra),
En conseillant de dépouiller nos tabacs français de leur principe toxique (la nicotine) dont les fu-
JOLLY
meurs se passeraient plus facilement que de l’absinthe, j’ai été conduit à penser que les résidus dont il s’agit pourraient être efficacement employés à la destruction du Phylloxéra, soit en additionnant l’eau d’arrosage ou de badigeonnage d’un millième de nicotine, soit en diluant le résidu de fermentation des tabacs manufacturés dans une quantité d’eau déterminée, d’après le degré de concentration du résidu.
Je ne sais quel sera le sort d’un grand nombre de moyens mis à l’étude pour la solution de cette grave question, mais j’ai déjà lieu de croire qu’aucun d’eux, pas même le sulfo-carbonate de potasse ne pourrait emporter la concurrence pour le prix de revient, qui ne doit pas être chose indifférente dans l’espèce. Ce qui est encore de principe, en toxicologie, c’est que les poisons végétaux ont moins de prise que les poisons minéraux sur la vie végétale, et comme fait pratique et d’expérience qui a pour lui le témoignage des jardiniers, le moyen mériteraient du moins l’attention des viticulteurs.