‹ Le tachéomètre et ses applications aux levers de plans et aux tracés de chemin de fer. Autoréduction. PhotogrammétrieChapitre 30 sur 40 · OPÉRATIONS GRAPHIQUES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS GRAPHIQUES

Il s'agit simplement de traduire en dessin topographique les opérations exécutées sur le terrain. A cet effet, sur la feuille à dessin où Ton a tracé au préalable le réseau trigonométrique et les polygo-

nales de cheminement, soient S'pS'gdeux points successifs de station: Si N est le point choisi pour Torientement S\N'est la ligne d'orientement. Si le plan est orienté par rapport à d'autres points A,M,...S^,on trace la ligne S\0, qui fait avec les droites S\A', S\M'...S\S'jrespectivement les angles relevés a, a,, a^. — Les perspectives suivantes sont tracées de manière que leur orientement, par ex. S\0',S/0"... forment les angles p', p".... égaux respectivement

à 36^ 2 X 36°, •... jusqu'à compléter le tour d'horizon.

Sur la S/0, à partir du point A on prend S\p ^ f Cpréalablement calculé et on trace mn, la trace du plan de la perspective. A droite et à gauche, du point p on reporte successivement sur g g mn la valeur des abscisses correspon-

dant à tous les points qui nous intéressent. On pass3 ensuite au point S'^ et on exécute identiquement les mêmes opérations qui s'y rapportent. Les points d'intersection des droites correspondantes nous fournissent tous les éléments du lever planimétrique.

On obtient les valeurs des abscisses au moyen d'un double décimètre millimétré ou d'une glace quadrillée au millimètre, soit sur les copies des négatives, avant de les coller sur un carton, soit directement sur les négatives mêmes, en prenant dans ce dernier cas toutes les précautions nécessaires pour ne pas détériorer la pellicule sensibilisée.

Côte de niveau. — La détermination de la côte H de niveau s'obtient au moyen de la formule

H = ^D cos u)

dans laquelle /est la longueur focale déjà calculée;

y l'ordonnée du point que l'on mesure sur la perspective;

D la distance horizontale que l'on mesure sur le dessin planimétrique : elle correspond àS'iA' de la figure 123;

uu l'azimut résultant du graphique (fig. 112 et 123) ou que l'on peut évaluer avec plus d'exactitude par la formule

Phototliéoclolite et Phototacliéoriiètre

à Lunette Centrale.

La Maison Morin de Paris construit ses appareils photogramétriques en appliquant a ses théodolites et à ses tachéomètres ordinaires à luiiette centrale une chambre noire mobile indépendante.

La figure 137 représente un modèle de récente construction. La chambre noire installée dans la partie supérieure de l'appareil est en alluminium. En raison de la légèreté de ce métal, la superposition da la chambre n'a pas d'influence sur les frottements dûs au mouvement général de l'instrument. L'objectif est monté sur une planchette mobile entre deux coulisses au moyen d'un pignon et d'une crémaillière, ce qui permet de photographier la partie intéressante du terrain.

La détermination de la ligne d'horizon, de la ligne principale, ainsi que des autres éléments nécessaires pour tracer le plan du territoire levé s'effectuent de la même façon que nous venons d'indiquer ci-dessus, l'appareil étant pourvu de tous les accessoires.

L'avantage ess3nti3l d^ cet instrument est qu'il n'y a pas à se préoccuper des corrections dues à l'excentricité de la lunette. Les opérations de réglage sont en outre considérablement facilitées et diminuées, ce qui évite des pertes de temps.

Lever des plans au moyen de stations aériennes. —

M. Laussedat pour répondre aux objections qu'on lui avait présentées, c'est-à-dire que la méthode des perspectives ne pourrait être appliquée avantageusement que dns les pays de montagne, où il est, en effet, plus facile de trouver des points de vue d'où Ton découvre les détails du terrain, propose, quand il s'agit de lever des plans dépourvus de collines ou trop peu accidentés, de se servir des aérostats munis d'appareils photographiques instantanés. A cet effet il expose de la manière suivante ses nouveaux procédés :

» Soit LH (fig.138) la ligne d'horizon sur un tableau oblique, O le point de vue et M le pied de la perpendiculaire abaissée du point de vue sur la ligne d'horièon. Parallèlement au plan d'horizon et par la ligne de terre LT, faisons passer un plan horizontal qui sera le nouveau tableau ; projetons le point de vue en O' et prolongeons la verticale 00' jusqu'à sa rencontre en I avec le plan du tableau oblique.

» La trace MI du plan vertical MOI rencontre la ligne de terre en M' ; joignons O' M' et considérons un rayon visuel OA passant par le point a de la perspective et qui rencontre le nouveau tableau horizontal en Aj ; c'est ce dernier point qu'il s'agit de déterminer.

» Si l'on joint O'A, qui coupe la ligne de terre en a' et que l'on

fig.i37

mène par le même point de vue la ligoe 0** parallèlei kO d^ les trois points a^^a et a' seront sur la ligne droite qui passç par le point L;

Si Ton rabat le plan d'hQri^on autour de LH et iè tableau horizontal autour de LT 3ur le i>lan du tableau oblique, le point de vue venait en Or, et sa projection 0' eij O',, les droites O, a' et (y, aAr seront parallèles, et, de plus, les, trois points O,, a et A, seront en ligne droite. •

» En effet, les deux triangles dans l'espace O a a' et A a a' étant

Aa' ' aa' • • >

semblables, on a la projection q-f= — r* Après .le rabattement,

les lignes A, a! et Or a" n'ayant pas changé de grandem% on a tou-

Ar a' ■ .a a' ■ •••'*■

jours Y\ — îf "^ "^"nrd'où Ton conclut que les deux triangles tracés yjf a ' a a.

sur le tableau oblique Ota a* et «:' a A, sont semblables et que les

tr^is points Or , ^et Ar sont en ligne droite.

fig-138

»La tranformation des projections obtenues sur des plans obliques à l'horizon se déduit immédiatement de cette remarque, quand on connaît la hauteur du point de vue au-dessus du terrain, la distance du point de vue au tableau et l'inclinaison du plan du tableau sur l'horizon.

» Supposons que l'on doit parvenir à prendre plusieurs photographies d'un 'même site, mais de stations aériennes différentes, soit en ballon, soit à l'aide d'un cerf-volant,pourvu que la localité contienne un cours d'eau ou même des routes à pentes faibles, on parviendra sans peine à déterminer sur chacune d'elles, avec une précision suffisante, un certain nombre de points isolés choisis parmi les plus reconnaissables, comme les extrémités d'une digue, les arches d'un pont au niveau de l'eau, les coudes de la rivière ou de la route, etc.

» Ces points, retrouvés sur 2 photographies au moins, deviendront autant de repères, à l'aide desquels, il sera aisé d'orienter les photographies, l'une par rapport à l'autre, pour les faire concourir simultanément à la construction du plan ( et même au nivelle-

ment) par la méthode générale ordinaire. En effet, sur chacune des feuilles qui ont servi à déterminer les repères, la projection du point de vue, c'est-à-dire de la station aérienne, se trouve elle-même rapportée en quelque sorte spontanément. Si donc, sur Tune d'elles, on relève, avec un papier à calquer, trois ou quatre repères (deux suffiraient à la rigueur) et la station, en plaçant ce calque sur l'autre feuille on déterminera immédiatement la position relative des deux stations.

»Nous ne croyons pas avoir besoin d'insister sur ce fait très important et peut être assez inattendu, à savoir que les stations aériennes deviennent ainsi tout à fait indépendantes les unes des autres et qu'il n'est pas nécessaire de se préoccuper d'un moyen de les relier entre elles, comme on relie habituellement les stations terrestres ou marines, par des mesures de distances et d'angles, par des triangulations ou cheminements, opérations à peu près irréalisables, pour le dire en passant, dans la plupart des circonstances supposées.

» L'économie de cette méthode si simple dépend naturellement de la précision des données que les perfectionnements des instruments enregistreurs rendront de plus en plus exactes ; nous la croyons appelée à rendre de grands services à l'art des reconnaissances. »

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